parution janvier 2018
ISBN 978-2-88927-461-1
nb de pages 176
format du livre 125x175 mm

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en Suisse / en France

Daniel Vuataz,

Aude Seigne,

Bruno Pellegrino

Stand-by 1/4

résumé

Lorsqu’un volcan dans la région de Naples entre en éruption, un prodigieux nuage de cendres paralyse progressivement l’Europe, clouant les avions au sol et brouillant les communications. Sur le point de s’envoler pour New York depuis Paris, Alix Franzen doit revoir ses plans. Au Monténégro, Nora, Vasko et Virgile, trois adolescents, se retrouvent sans adultes et découvrent l’indépendance, grisante et inquiétante. Au même moment, les Green Teens – une équipe de jeunes Européens qui accomplissent leur Service climatique obligatoire – reste bloquée au cœur du Groenland, loin de tout secours.

Voici le récit des premières vingt-quatre heures qui suivent l’éruption.

Dessins de Frédéric Pajak

Retrouvez plus d'informations et toute l'actualité de Stand-by sur www.standbyzoe.ch

La saison 2 paraît en librairie en novembre 2019.

 

Daniel Vuataz

Né en 1986, Daniel Vuataz vit à Lausanne, où il travaille comme rédacteur et chargé de projets dans l’édition, la littérature et le théâtre. Il affectionne les passerelles entre les différentes formes d’écriture, en lien avec la scène, la musique et les nouvelles technologies notamment. Il a publié une soixantaine de fictions, nouvelles et poèmes dans des revues et des anthologies en Suisse et en France, ainsi qu’un livre sur le renouveau de la presse littéraire romande des années 1950-1960. Avec le collectif AJAR, il monte chaque année des lectures-performances en Suisse et à l’étranger et se laisse emporter dans des projets littéraires hybrides.

Aude Seigne

À 15 ans, un camp itinérant en Grèce révèle à Aude Seigne ce qui sera sa passion et son objet d’écriture privilégié pendant les dix années qui suivront : le voyage. En parallèle de ses études gymnasiales, elle commence donc à voyager pendant l’été : Grèce, Australie, Canada, La Réunion. Le lycée terminé, elle découvre le temps d’une année sabbatique l’Europe du Nord, de l’Est, et le Burkina Faso. Elle effectue ensuite un bachelor puis un master en lettres – littérature françaises et civilisations mésopotamiennes – pendant lesquels elle continue d’écrire et de voyager autant que possible : Italie, Inde, Turquie, Syrie. Tous ces voyages, ainsi que la rêverie sur le quotidien, font l’objet de carnets de notes, de poèmes et de brefs récits.

C’est à la suite d’un séjour en Syrie qu’Aude Seigne décide de les raconter sous la forme de chroniques poétiques. Parues en 2011 aux éditions Paulette, ces Chroniques de l’Occident nomade seront récompensées par le Prix Nicolas Bouvier au festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo, et sélectionnées pour le Roman des Romands 2011. La même année, le livre est réédité aux éditions Zoé.

En 2015 paraît Les Neiges de Damas, suivi en 2017, d'Une toile large comme le monde. Parallèlement, Aude Seigne travaille, avec Bruno Pellegrino et Daniel Vuataz, à la série littéraire Stand-by, dont les deux saisons sont publiées respectivement en 2018 et 2019.

Bruno Pellegrino

Né en 1988, Bruno Pellegrino vit entre Lausanne et Berlin. Lauréat du Prix du jeune écrivain pour sa nouvelle L'idiot du village (Buchet/Chastel, 2011), il a publié de nombreux textes dans des revues et ouvrages collectifs. En 2015 paraît son premier livre, Comme Atlas (rééd. Zoé poche, 2018), suivi en 2018 de Là-bas, août est un mois d'automne (Zoé), qui remporte la même année de nombreux prix, notamment le Prix des Libraires Payot et le Prix Écritures & Spiritualités. Bruno Pellegrino est également actif au sein du collectif AJAR, auteur de Vivre près des tilleuls (Flammarion, 2016, J’ai Lu, 2018). Avec Aude Seigne et Daniel Vuataz, il co-écrit les deux saisons de Stand-by, la série littéraire des éditions Zoé (2018 et 2019).

L'Hebdo des notes bibliographiques

"On entre dans la vie et dans la psychologie de chaque groupe en chapitres alternés et le suspense s’accroît, d’épisode en épisode, sur une trame romanesque habile et efficace. L’écriture scénarisée est énergique, à la fois visuelle  et nuancée sans qu’on perçoive le travail d’ajustement des co-écrivains. Les illustrations de Pajak rehaussent de leur note noire le mystère du texte. Un original exercice de roman populaire au bon sens du mot."  C.B et M.T.

Le texte libre

"Cette éruption, c’est l’irruption brutale d’une nature vécue comme originelle dans un monde de grande technicité. Les avions sont désormais cloués au sol, les départs suspendus, les projets différés.

Dans cette confrontation avec les forces de la nature, le livre ne dresse pas le bilan caricatural d’une époque que la technologie aurait abrutie ou laissée sans défense. Les réseaux sociaux y sont montrés comme de formidables occasions de se lier aux autres, de rester proches et attentifs malgré les distances. L’intrigue les utilise d’ailleurs habilement pour nous dévoiler peu à peu les liens qui unissent les personnages. (…)

Accompagné d’illustrations de Frédéric Pajak, le récit est fluide, l'écriture est juste. Elle ne cède pas à la tentation de “faire jeune” pour accompagner les personnages mais nous les montre dans toute leur profondeur et leur complexité." Nathalie Palayret

Lire l’article entier ici

Europe 1

"Un feuilleton qui fait le trait d’union entre Balzac et Breaking Bad en utilisant toute la palette des outils spécifiquement littéraires. L’écriture est nerveuse et très sensorielle, c’est totalement réussi." 

Christophe Daniel, Librairie La 25e Heure, était l'invité de Nicolas Carreau dans "La voix est livre" pour partager ses coups de coeur.

Réécouter l'émission ici 

RTS - Couleur 3

"On est tout à fait dans notre époque avec Stand-by, on croise notamment Kim Kardashian ou des soucis de coupe menstruelle. Ce qui m’a le plus frappée, c’est la diversité des personnages, c’est l'énorme brassage d’origines, de genres, de sexualités."

Bruno Pellegrino et Daniel Vuataz étaient les invités de Salomé Kiner dans l’émission "Pony Express", à réécouter ici.

La liberté

"Bruno Pellegrino, Aude Seigne et Daniel Vuataz s’approprient le rythme sériel pour déployer une fiction volcanique. […] Bien sûr, la littérature n’a pas attendu Netflix pour se déployer en séries. […] Mais Stand-by, chose nouvelle, se nourrit explicitement des formats propres au petit écran pour raconter son apocalypse." Thierry Raboud

Tribune de Genève

"Les codes des séries télévisées transposés à l'écriture"  

Une interview d'Aude Seigne, Daniel Vuataz et Bruno Pellegrino signée Caroline Rieder à lire ici

RTS - la première

"C’est très bien fait, bien construit, j’attends la suite avec grande impatience !"

Aude Seigne et Daniel Vuataz invités de Christine Gonzalez dans l’émission radio "Vertigo" : à réécouter ici 

RTS - la première

Lisbeth Koutchoumoff décortique le retour du feuilleton en littérature et l'aventure Stand-by dans l'émission "Les Chroniqueurs". A réécouter ici

Le Temps

"Marier les outils narratifs des séries télévisées aux richesses propres de l’écriture littéraire" 

Un article de Lisbeth Koutchoumoff à lire ici

24 heures

"Aude Seigne, Bruno Pellegrino et Daniel Vuataz, trois membres de l’AJAR, remettent au goût du jour le feuilleton littéraire, auquel Sand, Balzac ou Zola ont donné leurs lettres de noblesse. Vivant résolument avec leur temps, ces jeunes plumes d’ici se sont inspirées pour l’écriture de leurs illustres prédécesseurs, mais aussi de la narration nerveuse des séries télévisées contemporaines. […] De quoi démontrer, une fois encore, la vivacité des auteurs romands." Caroline Rieder

Le Comptoir des Mots

Vite la suite !

"Un vent frais souffle sur la fiction francophone, et il vient... de Suisse !
Ils sont trois jeunes auteurs romands et, s'inspirant des codes des séries tv actuelles (rythme, temps réel, découpage, etc.), ils renouvellent le feuilleton littéraire, à 6 mains.
Alors que l'éruption d'un super-volcan du côté de Naples s’apprête à figer l'Europe sous la cendre, une poignée de jeunes gens vont se retrouver coincés qui au Groenland, qui au Monténégro ou à Paris... Ce premier épisode pose le(s) décor(s) ainsi que les personnages et commence à faire monter la mayonnaise. Vite la suite !" Philippe

Les mots & les choses

Feuilleton littéraire

"Stand-by c'est une histoire construite à la façon des meilleures feuilletons, découpée en saison et épisodes, personnages, intrigues et cliffhanger à la clé.
(...)Non seulement on trouve donc une forme narrative bousculée et audacieuse, mais on ne s'arrête pas là puisque Stand By est écrit à six mains par trois auteur.e.s d'une nouvelle génération ô combien talentueuse : Aude Seigne, Bruno Pellegrino et Daniel Vuataz, donc (tou.te.s les trois membres du collectif AJAR).
Cerise sur le gâteau : les dessins de Frédéric Pajak.
Honnêtement, il y a déjà là tout un tas de bonnes raisons d'y plonger les yeux fermés, d'autant plus que l'on se prend au jeu du suspens et de l'attente du prochain épisode avec un plaisir non dissimulé, parole de libraire(s)."

L'intégralité du coup de cœur ici

Librairie polonaise

"Le premier épisode d'un roman-feuilleton dans les règles de l'art, mais avec les thématiques et les préoccupations de notre temps. La mise en place du contexte, inquiétant, et la présentation des personnages sont réussis ; vivement le prochain épisode !" Manon

L'Astragale

"Super efficace, en 24h, ADDICTIF!!"

Coiffard

"Fan de séries ? Oubliez Netflix"

Marie-Laure
 

L'Écriture

« Le rythme est redoutablement efficace et c'est assez incroyable l'unité dans la langue, le récit, les rythmes quand on sait qu'il y a 6 mains. Bref : j'aime beaucoup. » Anaïs

Libraires ensemble

« Comme un pool de scénaristes de série télé, les trois auteurs de Stand-by ont su mêler leur style et leurs idées pour écrire ce feuilleton littéraire haletant, illustré par l'immense Frédéric Pajak. On se passionne pour les personnages autant que pour ce projet éditorial un peu fou et terriblement contemporain. Une seule envie : la suite ! » 

Arbre à lettres Bastille

« Le premier volet d’une série qui va vous magnétiser ! » Laura

Lucioles

Chapeau !

« Je termine à l'instant le premier volet de Stand by, si j'avais eu le deuxième je l'aurai dévoré dans la nuit ! C'est excellent, je l'ai lu dans la soirée, impossible de décrocher ; ces trois auteurs (…) sont des scénaristes de première bourre et leur écriture est à l'avenant. Chapeau ! » Michel

Les Neiges de Damas (2022, domaine français)

Les Neiges de Damas

En 2005, Alice passe l’hiver au Musée national de Damas pour répertorier des tablettes d’argile sumériennes. Entre le présent suspendu et les fragments millénaires, elle vit la fin de son adolescence et perd ses illusions sur l’état plane et serein que serait l’âge adulte. Cette expérience, elle la raconte six ans plus tard, quand la Syrie n’est plus que conflits. Mais plus qu’à la géopolitique, Alice s’intéresse à l’archéologie intime du monde. En cherchant une cohérence aux choses, elle apprend à être heureuse avec des questions plutôt que des réponses.

Postface de Véronique Rossignol

L'Amérique entre nous (2022, domaine français)

L'Amérique entre nous

Pendant trois mois, un couple parcourt les États-Unis en voiture. Ciels, villes, animaux, tout les émerveille. Ils en profitent pour vérifier les clichés européens sur l’Amérique. Elle interviewe les stars et tente de distinguer le vrai de la fiction ; lui photographie les geais bleus et les loups. Elle assiste à un mauvais match de baseball, ils traversent des incendies. La narratrice a pourtant un objectif plus important : elle aime deux hommes à la fois mais ne cesse de retarder le moment d’en parler à son compagnon.

Dans ce roman sur l’Amérique et l’amour libre, la narratrice procède à une enquête passionnée. Un va-et-vient vertigineux entre exaltation et blessures, doutes et ténacité, qu’accompagne une play-list accordée à la tonalité de chaque partie.

Là-bas, août est un mois d'automne

Elle se passionne pour la conquête spatiale, prépare des gâteaux légendaires, tient le ménage. Poète, lui s’efforce d’inventorier le monde et ce qui va disparaître. Madeleine et Gustave ont toujours vécu sous le même toit. À les voir, on pense à deux chouettes endormies qui se shooteraient au thé. Ou à d'étranges adeptes d’une existence lente et régulière, passée dans une maison où il y a plus de tiroirs que de jours dans l'année.

Grâce à une écriture contemporaine, attentive à la lumière et au presque rien, Bruno Pellegrino réussit à nous rapprocher de ses personnages au point de nous propulser dans leur monde : une véritable expérience sensorielle.

Dans la ville provisoire (2021, domaine français)

Dans la ville provisoire

Au creux de l’hiver, un jeune homme s’installe dans une ville cernée par l’eau pour faire l’inventaire de l’œuvre d’une traductrice célèbre. Un ticket de supermarché enluminé de notes devient un document de même valeur qu’un manuscrit. Un tas d’habits sur le lit un indice aussi important que les piles de livres et de carnets. Dans un décor que floute l’omniprésence de l’eau, le jeune homme cherche à percevoir la voix de la traductrice, à se représenter son corps, jusqu’à emprunter ses gestes et ses pensées. Le processus d’allègement est inexorable et l’expérience devient vertigineuse. Ce roman baigné d’une lumière douce et trouble envoûte le lecteur grâce à une tension permanente, un secret.

Stand-by - saison 2

Trois adolescents en cavale avec une journaliste quadragénaire lancée dans une quête mystique en Italie. Un médecin napolitain fraîchement diplômé, sur le point de mourir au Groenland, dans une base militaire abandonnée. Une jeune femme qui écume New York pour retrouver son ex-petite amie disparue. Chacun doit se frayer un chemin dans un monde profondément bouleversé par l’éruption d’un supervolcan qui, après avoir paralysé l’espace aérien européen, est en train de faire chuter la température sur toute la planète.

Une Italie post-apocalyptique, une Europe plongée dans l’écologie totalitaire, des États-Unis où le slogan « Make America White Again » est devenu la norme : voici la saison 2 du feuilleton littéraire Stand-by, à lire indépendamment ou à la suite de la première saison.

Langue précise et sensible, atmosphères et personnages au plus proche du monde d’aujourd’hui, Stand-by, écrit à six mains par Bruno Pellegrino, Aude Seigne et Daniel Vuataz, réconcilie littérature et séries télé.

Retrouvez plus d'informations et toute l'actualité de Stand-by sur www.standbyzoe.ch

Stand-by - l'intégrale de la saison 1

Suite à une éruption sans précédent à Naples, toute l’Europe se retrouve paralysée sous les cendres.

Sur le point de s’envoler de Paris pour New York, la journaliste Alix Franzen est contrainte de revoir ses plans. Nora, Vasko et Virgile, trois adolescents en vacances dans les Balkans, se retrouvent sans adultes et découvrent l’indépendance, grisante et inquiétante. Au Groenland, une équipe de jeunes Européens en mission climatique reste bloquée, loin de tout secours.

Au fil des premières heures qui suivent cette apocalypse volcanique, chacun va devoir s’en remettre à ses ressources personnelles pour affronter la réalité d’un monde nouveau.

Langue précise et sensible, atmosphères et personnages au plus proche du monde d’aujourd’hui : écrit à six mains par Bruno Pellegrino, Aude Seigne et Daniel Vuataz, le feuilleton Stand-by réconcilie littérature et séries télé. Voici la version intégrale de la première saison, récompensée en 2018 par le prix de la relève de la Fondation vaudoise pour la culture. La saison 2 paraît en librairie en novembre 2019.

Stand-by 4/4

Une semaine après l’éruption du supervolcan près de Naples, Alix a décidé de gagner l’épicentre du cataclysme : un périple dans une Italie apocalyptique.

Au Groenland, les Green Teens restés au camp de base sont tirés d’affaire, mais il faut retrouver les autres, disparus dans la tempête alors qu’ils étaient partis chercher de l’aide.

À Podgorica, Virgile, Nora et Vasko découvrent in extremis l’horrible secret d’Aden. En fuite après avoir laissé un corps inanimé, ils plongent dans l’excitation et la paranoïa, tandis que leur road trip balkanique se transforme en une course-poursuite infernale.

Le temps accélère, les actions se densifient : pas de happy end artificiel pour ce dernier épisode, mais un feu d’artifice qui clôt en beauté cette première saison de Stand-by.

Dessins de Frédéric Pajak

Retrouvez plus d'informations et toute l'actualité de Stand-by sur www.standbyzoe.ch

La saison 2 paraît en librairie en novembre 2019.

Comme Atlas (2018, Zoé poche)

Comme Atlas

Comme Atlas est un petit précis de jalousie. D'Antananarivo à Tokyo, de Moscou à Pékin, la lente rupture amoureuse y prend la forme d’un voyage empreint par l’intuition que quelque chose se termine. Il en ressort ainsi une géographie particulière, où la précision et le rythme de l’écriture font que tout sonne juste, terriblement juste.

« Une histoire d’amour mélancolique, deux voyages, une rupture. On pense avoir lu ça cent fois, et puis non, les qualités du livre transcendent ce que l’histoire pourrait véhiculer comme clichés. » Isabelle Rüf, Le Temps.

Comme Atlas a été publié en 2015 aux éditions Tind sous le titre de Atlas nègre.

Stand-by 3/4

Au Groenland, la neige engloutit les repères, tandis que les cendres commencent de voiler le ciel français. Sur les paysages monténégrins, les pluies acides laissent des sillons noirs.

Le supervolcan « crache, depuis des jours, des milliers d’années de roches patiemment mitonnées », et les protagonistes de Stand-by sont confrontés à de nouvelles réalités : l’oncle Aden a du sang sur les mains ; la mort frappe les Green Teens ; Alix n’est plus seule sur la route.

Dessins de Frédéric Pajak

Retrouvez plus d'informations et toute l'actualité de Stand-by sur www.standbyzoe.ch

La saison 2 paraît en librairie en novembre 2019.

 

Stand-by 2/4

Un Groenland progressivement hostile, un Monténégro sous les cendres, une campagne française inquiétante et déserte : le décor de Stand-by est planté, place à l’action !

Alix a quitté Paris et entame une longue marche à travers la France, bravant les risques que peut courir une jeune femme isolée en pleine campagne.

Nora, Vasko et Virgile décident de partir pour Podgorica, où Vasko est attendu pour l’ouverture du testament de son père. Ils seront accueillis par l’oncle Aden, l’étrange frère du défunt.

Quant aux Greens Teens, ils sont condamnés à espérer un avion qui ne vient pas. Mais c’est sans compter un nouvel accident tragique qui va transformer leur attente en enfer.

Dessins de Frédéric Pajak

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La saison 2 paraît en librairie en novembre 2019.

 

Là-bas, août est un mois d'automne (2018, domaine français)

Là-bas, août est un mois d'automne

Voici un éloge de la lenteur et de la liberté, un roman sur un frère et une sœur qui vivent depuis toujours sous le même toit et qui ont conclu ensemble un pacte tacite. Madeleine fume le cigare, se passionne pour la conquête spatiale, tient le ménage de la maison et, surtout, protège son frère. Gustave, lui, s’acharne à inventorier le monde et ce qui va disparaître, en marchant, photographiant, écrivant. C’est que la paysannerie se transforme, ses rituels et ses objets aussi, et, avec eux, la nature.

Bruno Pellegrino saisit avec talent ce couple frère-sœur et le cocon qu’ils ont tissé au creux de leur environnement, entre autarcie et symbiose. Le rythme qu’il insuffle à ses phrases nous projette dans un monde bruissant de couleurs et de sensations, l’univers rural des années 1960, si proche car revisité avec les mots du XXIe siècle .

Ce premier roman s'inspire librement de la vie du poète Gustave Roud et de sa sœur Madeleine.

 

Laudatio de Michel Audétat à l'occasion de la remise du prix Alice Rivaz (novembre 2018)

"Peut-être ne se sont-elles jamais rencontrées. Que savait Alice Rivaz de Madeleine, la sœur du poète Gustave Roud? Que pouvaient-elles avoir en commun, l’une dans son bureau du BIT rempli des rumeurs du monde et du crépitement des dactylos, l’autre dans sa campagne vaudoise où le temps de l’histoire ne faisait pas oublier le temps des saisons? Refusant d’occuper la place qui lui était assignée, Alice Rivaz s’est insurgée contre la condition imposée à son genre. Elle a rompu. Elle s’est séparée d’elle-même, de son destin de «bonne petite», bousculant ainsi l’ordre des choses selon lequel il était mal vu qu’une femme se mêlât d’écrire des livres.

Comme Madeleine semble loin d’elle… On la voit, sur la couverture du roman, qui se découpe dans le cadre d’une fenêtre, la tête un peu penchée, le regard brouillé par l’ombre du chapeau. Mystérieuse Madeleine. Que sait-on d’elle qui vécut toute sa vie sous le même toit que son frère? Si peu de chose. Elle a été «la discrète». Non pas celle qui s’affirme, comme Alice Rivaz, mais celle qui s’éclipse, qui s’efface. Présence indéfectible mais devenue transparente, Madeleine n’est généralement pour les lecteurs de Gustave Roud qu’un détail dans un coin du tableau.

Le roman de Bruno Pellegrino nous encourage à réduire l’écart entre ces deux femmes. Il nous présente une Madeleine dont la discrétion ne serait nullement le corollaire d’une servitude. On retient plutôt l’image d’une force qui va. Veiller sur son frère cadet n’est pas un devoir auquel elle consent, mais l’exercice d’une tendresse quotidienne et ferme. Quand, pour un rien ou un presque rien, Gustave s’inquiète, s’alarme ou se met à blêmir, Madeleine prend les choses en main en étant sans doute la seule personne au monde capable de lancer à ce poète de frère: «Quel cirque tu fais, des fois, mon vieux Gustave…»

«C’était le moment!», se dit-elle aussi en 1971, le jour où les hommes de ce pays ont fini par accorder le droit de vote aux femmes. Peut-être aurait-il suffi d’une minuscule inflexion, à l’âge de vingt ans, pour que la vie de Madeleine prenne une direction inattendue. Bruno Pellegrino s’autorise à l’imaginer: «Si, comme Marion, elle était partie en Angleterre à ce moment-là, elle en serait revenue changée, renforcée, suffragette peut-être.» Entre Alice et Madeleine, des liens semblent se tisser d’eux-mêmes. On peut se les représenter comme deux fugitives, la première échappée de sa cage, la seconde rescapée de l’oubli grâce ce magnifique roman qui lui redonne vie. Ce soir, le jury du Prix Alice Rivaz est ravi de pouvoir rapprocher ces deux femmes.

Sur la quatrième de couverture, on lit que «ce roman s’inspire librement de la vie du poète Gustave Roud». Je crois qu’il faut insister sur le mot «librement» en précisant une chose: l’auteur fait partie d’un groupe de chercheurs qui travaillent à l’édition des «Œuvres complètes» de Gustave Roud, sous la direction de Claire Jaquier et de Daniel Maggetti. Bruno Pellegrino connaît donc parfaitement l’édifice de ces écrits, jusque dans les sous-sols des textes inédits dont il a glissé quelques phrases dans son propre roman. Le jury du Prix Alice Rivaz avoue n’y avoir vu que du feu.

Une telle connaissance de Gustave Roud aurait pu intimider le romancier. Ou l’encombrer. Au pire lui donner des semelles de plomb. On s’aperçoit au contraire que l’érudition ne pèse nulle part dans le flux de cette prose limpide et souple, à la fois vive et portée par le lent mouvement des jours, des saisons et des années qui s’en vont. Le titre du roman suggère lui-même un double mouvement de fuite. Dans l’espace: «Là-bas». Et dans le temps: «Août est un mois d’automne».

Ainsi, à partir de Gustave Roud, Bruno Pellegrino a inventé le personnage si touchant de Gustave. Le second a conquis sa liberté par rapport au premier et on ne peut que s’en réjouir: je suis convaincu qu’il existe, à Madagascar, Moscou ou Tokyo, des lecteurs qui, sans rien connaître de Gustave Roud, se sentiraient comme chez eux en ouvrant ce livre où un homme de 65 ans se tient dans son jardin, penché sur des fleurs de septembre. Le roman débute là où finit le «Candide» de Voltaire, dans ce jardin qu’il faut cultiver.

Bruno Pellegrino n’a pas écrit ce qu’on appelle un «roman biographique» et il tient à ce que le lecteur s’en aperçoive. À plusieurs reprises, un «je» s’immisce dans le récit, passe la tête dans le petit monde de Gustave et de Madeleine. Il rappelle qu’il est seul maître à bord, libre d’imaginer ici que Madeleine ne ferme pas ses volets, là que Gustave utilise des post-it… «Et pourquoi pas?», demande ce narrateur qui n’est pas dépourvu d’humour : «Il a bien le droit, pour une fois, d’être un peu en avance sur son temps.» Qu’on se rassure toutefois, cet anachronisme est le seul: Gustave ne surfe pas sur le net.

Ce roman, il faut plutôt le lire comme l’histoire d’un frère, d’une sœur et de la maison qui les abrite, puis qui leur survivra. L’auteur va de Gustave à Madeleine, de Madeleine à Gustave, distribuant son attention de façon égale entre l’un et l’autre, imprimant ainsi au roman le rythme régulier et lent d’une pendule à long balancier. Dix années s’écoulent au fil des chapitres, de 1962 à 1972.

Les gestes qui font cette vie commune sont décrits avec minutie. Ce sont souvent des gestes ordinaires. Il nettoie le jardin, pelle la neige. Elle balaie, récure, prépare des gâteaux au résiné. Mais on sent bien, à chaque page, que ces gestes ne sont pas que des mouvements de surface. Ils racontent au contraire l’essentiel: la création d’un monde partagé où le frère et la sœur s’accordent. Pour définir ce roman, je songe au mot inventé par Charles Dantzig dans son formidable «Traité des gestes»: ce pourrait être un «gestuaire», comme il existe des bestiaires.

Parfois, les gestes de Madeleine et de Gustave sont identiques. Chaque matin, chacun dans sa chambre, ils font leur lit de la même manière, secouant le duvet, tapotant l’oreiller. Et quand ils prennent le thé, ils accomplissent les mêmes gestes «vastes et tranquilles» qui viennent de loin: ceux, je cite, «des parents et des tantes, perpétués dans le calme de la chambre basse». Plus souvent, leurs gestes se répondent ou se démarquent. Il se penche sur ses notes et ses carnets; elle lève les yeux vers le ciel où croisent désormais les vaisseaux de l’épopée spatiale qui la fascine. On dirait un ballet: le roman est composé avec un art de chorégraphe.

Il y a aussi les gestes rares ou empêchés de la tendresse: quand elle marche près de son frère, Madeleine n’ose pas prendre son bras; cela ne se fait pas dans leur famille. Ou encore des gestes oubliés, perdus, disparus des campagnes, comme ceux des faucheurs dont les fléaux au chômage se folklorisent en décorant les fermes rénovées.

Et puis il y a la marche, ce mouvement du corps lancé sur les chemins, parfois jusqu’aux limites de l’épuisement. Gustave est un poète errant qui arpente son petit royaume de champs, de forêts, de ruisseaux, de lumières toujours changeantes. Je cite Bruno Pellegrino: «Il refait en boucle les mêmes découvertes, revient sans se lasser aux mêmes vieux paysages dont il documente patiemment la métamorphose.» Dans ces marches-là, comme dans le titre du roman, le mouvement dans le temps se superpose au mouvement dans l’espace. Gustave est ici un homme qui passe; le frère de Madeleine est ce passant magnifique qui nous inspire, à nous aussi, un sentiment fraternel. Car la langue nous trompe en nous faisant dire que le temps passe; c’est bien sûr nous qui passons.

Comme Gustave Roud, Bruno Pellegrino est sensible à ce qui se défait, se délite, s’effrite, va à son terme. Son précédent et premier livre, récemment réédité sous le titre «Comme Atlas», se présente comme la cartographie d’une rupture amoureuse à partir de deux voyages. Le premier à Madagascar où le narrateur part seul. Le second en train et en couple vers Moscou, Pékin, Tokyo. Miné par la jalousie du narrateur, leur amour se défait sur fond de paysages décrépits et sous le régime de l’interconnexion numérique: Facebook n’est pas pour rien dans ce naufrage amoureux.

«Comme Atlas» baigne en effet dans cette forme particulière de présence au monde à laquelle les nouvelles technologies nous ont acclimatés. On part, mais en gardant un pied dans le monde que l’on quitte. On se lance à travers les continents, mais l’instantanéité du numérique abolit les distances. Est-il d’ailleurs encore bien nécessaire d’aller vers le monde puisque l’écran permet au monde de venir à nous? Dans ce premier livre se profile une question à laquelle le second fait écho: comment habiter le monde?

En passant d’un livre à l’autre, Bruno Pellegrino a imité le Candide de Voltaire: il a quitté l’horizon mondialisé pour le modeste jardin où poussent le lys, la verveine, le pavot et les massifs de zinnias. Plus loin dans le roman, il est aussi question d’héliotropes, d’épilobes, de sainfoin, d’esparcettes, d’ancolies… C’est une fête végétale devant laquelle le narrateur lui-même reste songeur. Avant de conclure, j’aimerais citer ce très beau passage où il se confie:

«Quand je lève les yeux, je vois simplement des arbres, là où Gustave et Madeleine voyaient des tilleuls, des aulnes, des acacias, des érables. J’écris sur des gens qui étaient capables de nommer les choses, les fleurs et les bêtes, alors que j’ai besoin d’une application sur mon téléphone qui identifie les oiseaux par leur chant, les plantes par la forme de leurs feuilles, et je dois vérifier sur des sites de jardinage la période de semaison du blé et de floraison des cyclamens. C’est peut-être ce qui me fascine chez ces deux-là, leur manière lente et savante d’éprouver l’épaisseur des jours.»

Bruno Pellegrino s’est donc écarté du monde qui va à la vitesse de la lumière pour visiter cet autre monde de gestes lents et de longs crépuscules. Cela m’a rappelé un livre de Paul Virilio que j’avais lu jadis plutôt que naguère: «Vitesse et politique». En 1977, ce penseur aux accents prophétiques publiait ces mots qui semblent aujourd’hui plus pertinents encore qu’à l’époque où ils ont été écrits: «La vitesse c’est la vieillesse du monde. Emportés par sa violence nous n’allons nulle part, nous nous contentons de partir et nous départir du vif au profit du vide de la rapidité.» Le roman de Bruno Pellegrino porte, en creux, cette inquiétude sur la forme de présence au monde dont la vitesse nous prive. À sa manière très personnelle et avec des préoccupations d’aujourd’hui, il a écrit sa propre «Campagne perdue».

J’aimerais terminer en citant la première phrase du roman qui pourrait avoir une tonalité presque ironique: «Le temps des digitales est fini.» En l’occurrence, le mot «digitale» ne renvoie pas au numérique mais au végétal: il désigne ici une plante aux fleurs douces et toxiques que Gustave, enfant, enfilait peut-être sur ses doigts comme un gant. D’où la très belle image qui illumine ce début de livre: «Je le vois, enfant, les doigts vêtus de fleurs», écrit Bruno Pellegrino. Et c’est pour nous l’occasion d’ajouter que le Prix Alice Rivaz lui va également comme un gant."

Une toile large comme le monde (2017, domaine français)

Une toile large comme le monde

Sous nos trottoirs et nos océans, des millions de mails transitent chaque seconde à travers des câbles qui irriguent le monde. Surfant sur ce flux continu, Pénélope, June, Birgit et Lu Pan mènent leur existence de « millénials » aux quatre coins de la planète. Fascination ou familiarité, dépendance ou dégoût, leur rapport au web oscille, dans leur travail comme dans leur vie amoureuse. En découvrant l’univers de boîtes et de fils qui les relient bien plus concrètement qu’ils n’imaginent, ils élaborent un plan vertigineux pour atteindre leur but commun : mener une existence hors de la Toile.

Ce roman est un génial selfie du monde contemporain, dans lequel virtuel et réel sont toujours plus intriqués.

Vous avez lu le roman et souhaitez en savoir plus sur l'empreinte écologique du Web, l'installation des câbles sous-marins ou le fonctionnement d'un data-center ? Rendez-vous sur https://wordswideweb.tumblr.com, le blog d'Une toile large comme le monde !

Carnets ferroviaires. Nouvelles transeuropéennes

Que ce soit de Lausanne à Paris, de Vienne à Genève ou de Glasgow à Londres, chacun des treize auteurs de ce recueil situe son histoire à bord d’un train qui parcourt l’Europe. À l’occasion d’un long trajet en chemin de fer, l’une se souvient de son voyage dix ans plus tôt, elle traque la différence entre son être d’hier et d’aujourd’hui. Un autre se remémore la géniale arnaque dont il a été l’auteur, un troisième retrace l’incroyable hold-up ferroviaire du South West Gang dans l’Angleterre de 1963.

Ces nouvelles donnent une vue d’ensemble inédite sur la manière de concevoir l’Europe comme espace physique et symbolique. Les auteurs étant de générations très diverses, le lecteur appréciera les différentes manières d’appréhender notre monde proche et de s’y situer.

Nouvelles de Aude Seigne, Blaise Hofmann, Anne-Sophie Subilia, Gemma Salem, Bruno Pellegrino, Arthur Brügger, Daniel Vuataz, Marie Gaulis, Fanny Wobmann, Catherine Lovey, Julie Guinand, Guy Poitry, Yves Rosset.

Préface de Daniel Maggetti, postface de François Cherix

Les Neiges de Damas (2015, domaine français)

Les Neiges de Damas

Disponible en poche

Voici un livre sur Damas qui ne parle pas de Damas. C’est un hivernage intime, un trajet de taupe, un enfouissement. Une saison d’hiver passée en 2008 dans le sous terrain du musée national de Damas à dépoussiérer, photographier et répertorier des tablettes sumériennes. Alice raconte cette aventure six ans plus tard quand la Syrie n’est plus celle qu’elle a connue. Alice est une jeune femme qui, quittant l’adolescence, perd l’illusion que l’âge adulte est un état plane et heureux, qui serait le résultat du chemin tortueux de l’adolescence.

Aude Seigne a de l’appétit, et sa faim est plus grande que le doute, pourtant constant chez elle. Sa curiosité est immense, réjouissante et captivante. Sa finesse d’analyse douce et précise. Son ouverture sur le monde lumineuse. Sur Les Neiges de Damas, elle dit : « C’est un nouveau type de voyage. C’est un livre contre l’obligation de conclure. » C’est un livre de la génération de ceux qui regardent le monde depuis l’après mur de Berlin. Une écriture non pas militante mais engagée d’une grande voyageuse au repos, qui cherche à apprendre à être heureuse avec des questions plutôt que des réponses.

Chroniques de l'occident nomade (poche)

Bourlingueuse du xxie siècle, Aude Seigne écrit avec acuité et souplesse. Ses chroniques sautent allègrement d’un continent à l’autre, mettent en correspondance des pays et des bouts de souvenirs, des images, des gens, comme autant d’éclats de cet « état nomade » cher à Nicolas Bouvier.

« Je lis L’Idiot à Ouagadougou et l’idiot ne me rend pas heureuse mais me sort du temps où je vis. Dans le silence vertical de la rue ouagalaise aux heures brûlantes, je vois s’élever une datcha, des calèches, des duvets de neige. »

 

Chroniques de l'Occident nomade (2011, domaine français)

Chroniques de l'Occident nomade

Lectrice du monde et d'elle-même, Aude Seigne, bourlingueuse du 21e siècle, écrit avec une acuité et une souplesse inédites sur le voyage et ses amours lointaines.

Le voyage ? Un exercice de légèreté. Un ravissement aussi : parce que parfois la beauté est terrassante, complète, trop forte, une illumination, une sorte d’orgasme métaphysique tremblant. « Quelque chose craque en moi, une paroi se rompt sans crier gare, la possibilité de l’abîme se dévoile en même temps que celle du bonheur absolu. »

L’amour ? Les premières fois, un flirt qui peut « la laver de tout », ou encore le grand amour.

Chroniques de l’Occident nomade a tout d’un roman d’apprentissage. Aude Seigne tatônne autour du globe comme dans sa narration, elle le sait et le revendique. Le voyage certes, mais pour être plus présente au monde.

Ouvrage disponible en poche : http://editionszoe.ch/livre/chroniques-de-l-occident-nomade-1

extrait

Chapitre 2 : Clim Camp

Il est 3h du matin, le milieu d’une nuit d’octobre au Groenland. La baie de Melville, côté Canada, est peut-être striée de reflets bleu profond. À soixante kilomètres de la côte ouest, les lumières de Clim Camp clignotent. Dans cette base affrétée par le Service climatique européen, des jeunes hommes et femmes venus de tout le continent effectuent leur quota de jours obligatoire, sous la houlette d’un instructeur agréé. Cette année, ils sont cinq à avoir passé l’automne à Clim Camp, rejoints il y a dix jours par un autre groupe, ceux de Summit, eux aussi en fin de mission. Tout le monde est regroupé pour attendre l’avion qui doit les ramener à la maison.

Cela fait des semaines qu’aucun d’eux n’a pris de vraie douche. Deux ou trois fois par semaine, ils remplissent une bassine de neige qu’ils font fondre sur le réchaud au propane, et ici-même, dans l’intimité de la tente T2, entre les réserves de nourriture – caisses jaunes – et le matériel – caisses grises –, ils se lavent comme ils peuvent. Trempent leur gant de toilette dans la bassine, frottent, calment les tremblements du corps poisseux exposé à l’air piquant. Cette nuit d’octobre, à 3h du matin – c’est-à-dire 7h à Naples, Kotor ou Paris –, on vise un meilleur standing.

Ils ont déniché la cuve sous une bâche et sous plusieurs kilos de couvertures. Ce n’est pas exactement une baignoire, même si elle en a la forme et la profondeur. Elle a pu servir à stocker des échantillons de glace, abreuver des veaux de mer, mijoter une immense soupe de pommes de terre. Éole y verse sa quinzième casserole d’eau frémissante et commence à rire tout seul, ivre et nerveux – ils sont peut-être bien en train de faire une connerie. Tant pis, ils en ont trop envie, ils vont s’offrir un bain de minuit au Groenland.

 

Éole se retourne pour voir entrer Pascaline, qui tient précautionneusement un sac étanche au contenu fumant qu’elle déverse dans la cuve. Des éclaboussures se répandent sur le sol de plastique rouge. Une main sur la hanche, la jeune femme considère avec sérieux le clapotis de l’eau vaporeuse ; après un temps de réflexion, elle saisit sa Carlsberg, posée sur l’un des nombreux caissons qui encombrent l’espace voûté de la tente. Elle en boit une gorgée puis la tend à Éole, qui rigole toujours. Tu peux la finir. Il ne se fait pas prier et vide la canette d’une traite, avant de s’essuyer les lèvres et de commenter, en anglais.

– Dommage qu’il n’y ait plus de vodka, ce truc qui a le goût de pisse, j’en peux plus. Vivement demain soir, qu’on soit rentrés.

– Je la trouve pas si mal, cette bière.

– C’est parce que t’y connais rien, petite fille. Tu viendras me rendre visite en Grèce et je te montrerai la vraie vie.

Pascaline voudrait rétorquer mais Florence et Magnus arrivent à ce moment-là, le dos ployé sous la charge d’une marmite beaucoup trop pleine, qu’ils portent tout près du sol et dont ils renversent un bon tiers en trébuchant sur le seuil de la tente. Magnus éclate de rire. Florence, courbée, essoufflée, lui fait signe de se taire – tu vas réveiller les autres, abruti. La cuve est à moitié remplie, mais cela devrait suffire. Florence se penche et trempe un doigt dans l’eau, le retire aussitôt – mazette, ça brûle. Éole l’imite, répétant ses mots en forçant sur son accent (en réalité, il parle plutôt bien français). Florence fronce les sourcils et lui dit de la fermer, mec. Les quatre jeunes gens ivres considèrent leur œuvre. Le jacuzzi est fonctionnel. Ok, guys, on y va ou quoi ?

 

Florence attend de voir, je vais peut-être laisser refroidir un peu. Pascaline hausse les épaules et lui dit comme tu veux, puis sourit et murmure à l’intention de tous : Striptease time. D’un mouvement qu’elle voudrait langoureux et fluide mais que l’alcool rend maladroit, elle retire sa polaire – ses cheveux, électrisés par la matière, font de petites étincelles, elle se débat en riant. Les trois autres la regardent, amusés, mais il y a autre chose. Pascaline est belle. C’est même l’un des sujets de conversation préférés de la petite équipe depuis qu’ils se sont tous retrouvés ici. Il s’agit de mettre le doigt sur la nature de cette beauté – parce que dans le détail, elle n’a rien d’exceptionnel, Pascaline. Elle-même le dit et le répète, ok, elle est blonde, bon, elle a un petit nez retroussé mais pas trop, une rondeur lisse, une moue enfantine qu’elle entretient à fond, calmez-vous, je suis pas non plus Miss Univers. Quelqu’un a finalement déclaré qu’elle avait un charme très XXe siècle, ce qui a mis tout le monde d’accord, même si on n’est pas certain de comprendre ce que cela signifie.

Pascaline en est au t-shirt et Éole s’y met aussi. Il se déshabille vite, la rapidité de ses gestes trahit sa gêne, parce que sous son débardeur, le torse est osseux, le ventre dur, les veines apparentes – une morphologie de famille mais tout de même, combien de fois s’est-on foutu de sa gueule, l’asperge, la brindille, la crevette grecque. Il laisse ses habits en tas sur le sol humide et enjambe le bord de la cuve à la suite de Pascaline. Debout dans l’eau, en sous-vêtements, ils remuent le bout des doigts en chuchotant fuck fuck fuck, petite danse d’ébouillantés hilares. Pendant ce temps, Magnus ôte ses habits un à un, les plie soigneusement et les dépose sur un caisson. Entièrement nu, il entre à son tour, les deux autres s’écartent, il s’assied lentement entre eux, l’eau monte de plusieurs centimètres. Pascaline sourit et commente – on m’avait bien dit que la Norvège recelait des splendeurs cachées. Magnus la regarde sans avoir l’air de comprendre.

La cuve déborde, les vêtements trempent dans les flaques, tout le monde s’en fout sauf Florence, toujours à l’extérieur de la cuve, qui attrape l’une des casseroles pour écoper – cela ne lui ressemble pas. Elle ouvre la porte et jette l’eau hors de la tente, le vent s’engouffre, les autres lui crient de refermer, ça caille, on est quand même au fucking Groenland. Après trois, quatre aller-retour, Florence laisse tomber – elle a la tête qui tourne et la tente est déjà inondée, ses efforts sont inutiles. Elle se déshabille à son tour, de dos. Ils sont maintenant tous les quatre dans la cuve, genoux serrés contre le buste, il n’y a presque plus de place pour l’eau. Magnus dit qu’il faudrait filmer ça. Florence fait remarquer qu’il ne vaudrait peut-être mieux pas, qu’elle n’est pas sûre d’avoir envie que circulent des images d’elle à poil avec trois ados attardés. À poil ? Chiche, lance Pascaline. Florence plisse les yeux, la jauge, sérieuse ou pas sérieuse ? Elle décide qu’elle n’a rien à perdre, glisse une main dans son dos et dégrafe de deux doigts son soutien-gorge. Imperturbable, Pascaline l’imite.

 

Ils sont à ce stade de la soirée où les choses pourraient devenir sérieuses. Éole est brièvement ressorti de l’eau pour éteindre les lumières et enlever son caleçon – de la triche, a dit Pascaline, on ne voit plus rien –, il ne reste qu’une seule lanterne à LED, posée sur un caisson, pour l’ambiance. Magnus ne dit plus rien depuis un moment, concentré sur les épaules de Pascaline qui s’est glissée entre ses jambes pour lui demander un massage. Celle-ci ferme les yeux, respire plus lentement, fait la moue de temps en temps, aïe, oui, là, c’est bon, sous l’omoplate, oui. Florence voit bien qu’Éole lorgne vers elle, ça l’agace, il va falloir qu’elle lui explique que les garçons, c’est pas son truc. Les mains de Magnus sont sous l’eau, Pascaline est totalement absorbée, Éole ne sait plus où regarder. Florence rejette la tête en arrière.

Les rires se ramollissent, on parle de moins en moins. La tiédeur où ils baignent, la lumière tamisée de la pièce, le vent qui fait frémir les parois de la tente, l’alcool qui se diffuse, le sommeil qui insiste. L’engourdissement les gagne. Florence a redressé la tête, elle détaille le visage de Pascaline, ses traits somnolents, un peu moites, très doux dans la pénombre. Magnus ne bouge plus.

Demain c’est fini – c’est ce qu’ils se répètent, chacun pour soi, sans savoir quoi penser de cette grande vérité. Le retour, après six mois d’expédition pour certains, quelques semaines pour d’autres, et ces tout derniers jours ensemble ici, à Clim Camp. Demain le vol jusqu’à Kangerlussuaq – improbable bled de cinq cents âmes, terne et sableux, maisons de tôle plantées au bout d’un fjord interminable et flanqué d’un minuscule aéroport international –, puis l’Airbus A330 d’Air Greenland en direction de l’Europe. Demain, c’est la fin de l’Arctique. Dans la cuve, plus personne ne parle. Éole est sorti. L’eau n’est déjà plus si chaude et les filles remettent leur soutien-gorge.