Littérature française
Parution Oct 2026
ISBN 978-2-88907-636-9
1084 pages
Bientôt disponible

Catherine Safonoff

Œuvres choisies – Les dirigeables

Littérature française
Parution Oct 2026
ISBN 978-2-88907-636-9
1084 pages

Résumé

Depuis près d’un demi-siècle, Catherine Safonoff poursuit un travail littéraire très singulier : ce que dessinent ses livres, au fil des décennies, c’est une femme libre et en mouvement, à la recherche de la juste distance entre elle et les autres. Famille, hommes et maisons bougent de texte en texte ; l’écriture, elle, demeure, lucide, affranchie, capable de tendresse comme d’humour, parfois de rudesse et de mélancolie.

En donnant à lire ou à relire ses livres les plus marquants mais aussi des textes méconnus, ce volume fait entendre les modulations de sa voix singulière. Dans un « Album » inédit, une soixantaine de pages illustrées, écrit pour l’occasion, l’autrice revient sur certains épisodes de sa vie, qu’elle illumine par des fragments saisissants.

Autrice

Catherine Safonoff

Catherine Safonoff est née en 1939 à Genève. Après avoir collaboré, comme critique littéraire au Journal de Genève et à la Radio Suisse romande, et participé à la création de scénarios pour des films de Maya Simon, l’écriture devient et demeurera sa principale activité.

L’art du quotidien, du mot juste, de la phrase nerveuse, des amours perdues mais toujours présentes et à venir, de l’angoisse transformée en qualité de pensée et d’écriture. Catherine Safonoff excelle dans le récit personnel. Sa plume taille dans la chair humaine sans s’attendrir ni sur elle ni sur les autres, avec dignité et un talent littéraire venu de son expérience et de ses immenses lectures.

Catherine Safonoff a reçu de nombreux prix, dont le Prix quadriennal de la Ville de Genève en 2007 (dont les lauréats avant elle sont entre autres Jean Starobinski, Robert Pinget et Nicolas Bouvier), Prix fédéral de littérature 2012 avec le Mineur et le Canari, Prix Ramuz en 2015 pour l’ensemble de son œuvre.

 

Extrait

« Marion et Laurent ont descendu la malle jaune du grenier. Elle pèse plus de cinquante kilos et l’escalier est raide. La malle n’était pas censée bouger de là-haut,
ni être ouverte par moi. Maintenant elle est dans ma chambre, couverclebéant, son contenu partiellement étalé sur le tapis. J’ai posé une lampe par terre, je travaille accroupie ou à genoux. Je m’aide d’une lampe de poche. Position, éclairage oblique, la fatigue vient vite. Pourtant, au début, j’ai eu un sentiment de découverte, comme si toutes ces choses accumulées au cours des ans étaient nouvelles, inconnues. Comme si chaque objet revivait, émettait une petite étincelle imprévue. Liasses de lettres d’amis, multitude de dessins et messages des enfants, photographies, tickets de train, billets de bateau – un tas de papiers, mon bien, ma collection privée.J’ai présenté un lot de photographies à mon éditrice. Elle y a fait un choix. À moi maintenant de trouver une légende à ces photos. Chacune réveille l’oubli, chacune promène un pinceau de lumière sur des zones désertées par ma mémoire. Je reviens, me dit ma mémoire, je ne t’ai jamais quittée,
mais tu ne l’as pas su. Je repense au conte du Petit Poucet. La mémoire, c’est les petits graviers que sème le cadet des sept frères. »

Avant-propos 7
Chronologie 11
Romans et nouvelles
   La part d’Esmé 17
   « Femme à l’oiseau » 245
   Au nord du Capitaine 255
   « La tête de ma femme » 481
   Autour de ma mère 499
   Reconnaissances 751
   La Fortune 853
Album 1021

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