Cendrars en toutes lettres
Parution Nov 2025
ISBN 978-2-88907-439-6
618 pages
Format: 140x210
Disponible

Blaise Cendrars & Georges Sauser-Hall

Blaise Cendrars – Georges Sauser-Hall. Correspondance 1904-1960. J’ai pleine confiance. Tout brûler, voilà le mot d’ordre

Blaise Cendrars & Georges Sauser-Hall

Blaise Cendrars – Georges Sauser-Hall. Correspondance 1904-1960. J’ai pleine confiance. Tout brûler, voilà le mot d’ordre

Cendrars en toutes lettres
Parution Nov 2025
ISBN 978-2-88907-439-6
618 pages
Format: 140x210

Résumé

Voici une correspondance exceptionnelle. Alors qu’on pensait que Blaise Cendrars (1887-1961) avait rompu les liens avec sa famille, un ensemble insoupçonné de plus de quatre cents missives a été dévoilé lors d’une vente aux enchères en 2009. Il est publié aujourd’hui, avec d’autres lettres et photographies inédites retrouvées en 2024. Dès son départ pour la Russie en 1904, Freddy Sauser alias Blaise Cendrars entretient une relation très forte avec son frère Georges Sauser-Hall (1884-1966), juriste de renom international, ainsi qu’avec sa belle-sœur Agnès. Leur correspondance peut sans hésiter être qualifiée de laboratoire de l’écriture. Le frère aîné s’y révèle un soutien essentiel, protecteur ou contradicteur, jusqu’à la fin. Du jeune homme inquiet, embrasé, habité, au Cendrars reconnu et confiant qui négocie les vérités familiales, les lettres racontent la genèse et la vie d’un écrivain.

Auteurs

Blaise Cendrars

Blaise Cendrars (1887-1961) est une figure majeure de la littérature francophone du XXe siècle. Poète, romancier, journaliste, il a parcouru le monde et l’a retranscrit en une langue puissante et novatrice. Son expérience en tant que soldat français lors de la Première Guerre mondiale, durant laquelle il perd sa main d’écriture, a nourri une grande partie de son œuvre. Il a également entretenu une correspondance avec de nombreuses figures intellectuelles et artistiques françaises de l’époque.

Georges Sauser-Hall

Georges Sauser-Hall (1884-1966) est le frère de Blaise Cendrars. Georges est un juriste, professeur de droit international et de droit comparé à Neuchâtel, chef du service juridique du département fédéral des affaires étrangères à Berne, membre de la Cour permanente d’arbitrage de La Haye. En parallèle de ses publications juridiques, Georges écrit à son frère.

 

Dans les médias

« Dans une très longue lettre manuscrite à son frère, Cendrars écrit, à l’été 1911 : « Je travaille très peu, presque pas. Je ne sais ce qui m’opprime. Le milieu, par trop mélancolique ? Des paysages d’immensité, gris-bleu, gris pâle, vert pâle, aquarelle délicates ? Ou ces nuits blanches, crépusculaires ? Parfois, quand le soleil rougeoie la nuit entière à l’horizon, on dirait, que le ciel se relève, un peu sur ses bords, et que l’œil, béatifié, peut, à travers cette fente ratiboisée, s’élancer dans l’au-delà, vers ces mondes de lumière qu’on entrevoit. Ce mysticisme déliquescent épuise… » Bien entendu, ce montage est, malgré tout, tissé de regrets ; si je ne peux certifier catégoriquement que chaque ligne de cette Correspondance mérite le détour, je n’en suis pas loin ; il faudra à qui me suit, soit imaginer ce qui se trame entre les coupes, soit acquérir le volume et passer un long temps avec : ne surtout pas se contenter de le survoler ! »

Un article de Christian Rosset à lire ici

« Une immense et contagieuse passion de vivre brûle dans cette fugue pour la main gauche, de « départs perpétuels » dans « la dèche ». D’une seule main, l’écrivain mutilé et alerte y fulgure comme « une espèce de métal précieux, de pierre rare, […] une espèce de Juif errant. L’individu universel ». Dire qu’en septembre 1911, l’anachorète exalté, depuis une cahute perdue dans une campagne de Russie, demandait à son frère, s’il lui arrivait quelque chose, mais conformément à son pseudonyme, de « tout brûler » ! » Yves Leclair

« On croyait tout connaître, ou presque, de Blaise Cendrars, né Frédéric Louis Sauser le 1er septembre 1887 à La Chaux-de-Fonds. On se trompait.
L’auteur de L’or et de La prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France était le cadet des trois enfants de la famille. Le décès de sa mère et le remariage de son père en 1908 l’auraient poussé à effacer de sa vie la lignée Sauser. Ce n’était pas entièrement le cas. Ce nouvel ouvrage, un «véritable trésor épistolaire», en témoigne.
(…)
Le livre, selon l’universitaire Jehanne Denogent, ne s’adresse pas qu’aux fans ou aux experts de Cendrars. «On peut être ému de ses lettres sans connaître tous les détails biographiques.» » Daniel Droz

« Des geôles russes aux tranchées de 1915, de la misère noire de New York à la gloire parisienne, tout est là. Cette correspondance monumentale dévoile l’envers du décor : la faim, la guerre, la mutilation et la quête éperdue d’un ancrage. Elle met en lumière le rôle crucial de Georges Sauser-Hall, le frère qui a porté à bout de bras, et de fonds, le génie vacillant de son cadet. Un document exceptionnel qui rend son humanité à un géant de la littérature. »

Un article de Jean-Jacques Bedu à lire ici

« Portraits à travers les années (et de Saint-Pétersbourg dit «St Pet» à Paris en passant par New York), avec des trous (une quinzaine de lettres de 1917 à 1937).1905: en Suisse, dans la famille, «sous un masque de je m’en fichisme j’étais cruellement labouré par toutes sortes de passions et de souffrances». 1906: «Mieux vaut envier le riche, que d’être riche et mépriser le pauvre.» 1910: «Suis-je donc déjà mort ou pas encore né pour que vous me répétiez “va dans la vie” ?»1913: «Je veux exprimer tout le monde d’aujourd’hui, la vie de tous les jours, les annonces des journaux, les étiquettes des boîtes de conserve, les marques de fabrique, les horaires, ma vie avec toutes ces adresses, l’eau, la psychiatrie, toi, moi, les saisons […]; en un mot: nos richesses.» La richesse matérielle fuira Cendrars qui ne cesse de demander de l’argent à son frère, les cinq dernières lettres accusant encore réception pour «ton chèque» ou «ton mandat». » Mathieu Lindon

« Une relation épistolaire jamais interrompue, depuis les années d’apprentissage jusqu’à celles de la reconnaissance (« Pour le Prix Goncourt ils ont eu de la chance de ne pas me l’attribuer, car je l’aurais refusé »). S’y lit une vive fraternité ponctuée de rares engueulades, mais aussi les galops d’essai d’une vocation littéraire dont cette correspondance était le laboratoire. On la traverse comme l’on redécouvre, par-delà les heurs et malheurs d’un quotidien peu commun, la vie excessive et attachante de cet écrivain multiple, capable de se dire tout à la fois «content – insatisfait- heureux – presque malade – à chair vive – bref en pleine fureur d’écrire!» » Thierry Raboud

« Rhapsode errant, aventurier, poète d’avant-garde, romancier noir et violent (Moravagine), cinéaste, reporter, mémorialiste réécrivant sa propre légende au miroir de la vie des autres, ami des peintres les plus audacieux, passeur de talents, ours solitaire, Cendrars aux mille destins nous offre un nouveau visage, plus intime, plus creusé, grâce à la publication de deux correspondances inédites, miraculeusement retrouvées.

(…)

Tout l’intérêt des quelque 400 lettres passionnantes adressées à son juriste de frère est que nous suivons l’évolution de l’auteur de La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, depuis ses années de formation en Russie, jusqu’à la fin, marquée par la publication d’Emmène-moi au bout du monde !…, son dernier roman. Un frère bienveillant, qui le conseille, et suit attentivement ses péripéties, la genèse et la publication de ses livres, et ce, dès Les Pâques à New York, en 1912. Un an plus tôt, depuis Saint-Pétersbourg qu’il va quitter, Cendrars lui confie : « Ce voyage me grandit. Déjà, je suis face à face avec la mer. L’océan m’attire. Je n’ai guère peur de me désillusionner. » Et, quelque mois plus tard : « Ce que tu me dis des derniers poèmes est juste. Je ne suis pas mûr. Je cherche, je cherche. » Thierry Clermont

Extrait

J’ai justement cherché un rythme rauque, raboteux, aheurté : une forme naïve, brusque, archaïque. Elle me satisfait. Il faut savoir la lire ; après la première lecture, les rythmes s’imposent, non ? (Cendrars à son frère Georges, 1er juin 1912)

Des mêmes auteurs

Blaise Cendrars

Blaise Cendrars – Auguste Suter. Lettres 1911-1958. Vous me paraissez souverain. Simple, fort, solide
Blaise Cendrars – Auguste Suter. Lettres 1911-1958. Vous me paraissez souverain. Simple, fort, solide

Sixième volume de la collection « Blaise Cendrars en toutes lettres », les missives échangées entre Blaise Cendrars et Auguste Suter relèvent de la correspondance d’artistes plutôt qu’entre écrivains ou proches parents, comme celles avec Henry Miller, Robert Guiette, Henry Poulaille, Jacques-Henry Lévesque, sa femme Raymone Duchâteau ou son frère…

J’ai tué, suivi de J’ai saigné
J’ai tué, suivi de J’ai saigné

Dans J’ai tué (1918), prose poétique vertigineuse, Cendrars relate l’assaut d’une tranchée qui le conduit à poignarder un soldat allemand ; dans J’ai saigné (1938), il raconte la perte de son bras droit et sa convalescence aux côtés des autres blessés de guerre.
Réunies ici…

Blaise Cendrars – Jacques-Henry Lévesque. 1922-1959. Et maintenant veillez au grain!
Blaise Cendrars – Jacques-Henry Lévesque. 1922-1959. Et maintenant veillez au grain!

Jamais Blaise Cendrars (1887-1961) ne s’est autant dévoilé, jamais il n’a si précisément découvert ses secrets de composition, ses rythmes d’écriture, ni ses relations avec le monde de l’édition ! Sa correspondance avec Jacques-Henry Lévesque (1899-1971), fils de l’ami comédien Marcel Lévesque, mais surtout secrétaire personnel, confident et essayiste, ouvre…

Blaise Cendrars Raymone Duchâteau. 1937-1954
Blaise Cendrars Raymone Duchâteau. 1937-1954

Près d’un siècle nous sépare à présent du jour où Blaise Cendrars (1887-1961), et la jeune comédienne Raymone Duchâteau (1896-1986), se sont rencontrés à Paris, le 26 octobre 1917. Blaise, en pleine déshérence depuis la perte son bras droit sur le front de Champagne, aussitôt foudroyé d’amour ; Raymone, quant…

Blaise Cendrars Henry Poulaille 1925-1961
Blaise Cendrars Henry Poulaille 1925-1961

Entre 1925 et 1961, Blaise Cendrars (1887-1961) et Henry Poulaille (1896-1980) ont entretenu une forte amitié. Les lettres adressées de Cendras à Poulaille, fondateur de la littérature prolétarienne, en sont la trace immédiate.
Sans effets rhétoriques, avec un ton libre et une verve enlevée, les missives rédigées à toute…

Entretiens avec Blaise Cendrars. Sous le signe du départ
Entretiens avec Blaise Cendrars. Sous le signe du départ

Au milieu des années 50, Blaise Cendrars (1887-1961) accorde à la radio suisse de nombreuses interviews. Alors que la Bibliothèque de la Pléiade s’apprête à faire de lui un classique contemporain et que les Editions Zoé lui consacrent une collection de correspondances, ces enregistrements trop longtemps méconnus actualisent de façon…

Blaise Cendrars Henry Miller Correspondance 1934- 1959 Je travaille à pic pour descendre en profondeur
Blaise Cendrars  Henry Miller Correspondance 1934- 1959 Je travaille à pic pour descendre en profondeur

Dès 1934, Blaise Cendrars (1887-1961) a précieusement conservé les multiples lettres envoyées par son ami Henry Miller (1891-1980), et ces enveloppes aériennes américaines, couvertes d’encres verte, rouge ou noire ont reçu réponse jusqu’à Big Sur, en Californie. Cette relation à l’écrivain américain fait partie des rares amitiés littéraires de Cendrars,…

Blaise Cendrars / Robert Guiette. Lettres 1920-1959. Ne m’appelez plus maître.
Blaise Cendrars / Robert Guiette. Lettres 1920-1959. Ne m’appelez plus maître.

C’est en 1920 que le jeune universitaire anversois Robert Guiette (1895-1971) passionné de littérature écrit à Cendrars (1887-1961), avant de le rencontrer à Paris l’année suivante. Dès lors, leur amitié transfrontalière favorise de nombreux échanges entre les milieux littéraires parisiens et bruxellois. Mais surtout, elle engage une correspondance très intense…

J’ai saigné
J’ai saigné

En 1938, celui qui publie son deuxième volume d’Histoires vraies,  La Vie dangereuse, est connu et reconnu en tant qu’écrivain-reporter, aventurier  au long cours : Blaise Cendrars fait partager à ses lecteurs des expériences vécues, il s’attaque à la réalité.
Avec J’ai saigné…

Georges Sauser-Hall