parution janvier 2019
ISBN 978-2-88927-645-5
nb de pages 160
format du livre 140x210 mm

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Michel Layaz

Sans Silke

résumé

Silke se souvient du temps passé à La Favorite alors qu’elle avait dix-neuf ans et s’occupait chaque fin d’après-midi de la petite Ludivine. Embrasser les arbres, apprendre à voler comme les oiseaux, dormir à la belle étoile, neuf mois durant, toutes deux auront vécu côte à côte dans un monde onirique, en marge des parents de la fillette absorbés par leur relation exclusive.
Avec ce nouveau roman, Michel Layaz poursuit son exploration des failles familiales. Il attrape avec précision les gestes d’une enfant qui s’arcboute de joie après un coup réussi au billard, qui se caresse les épaules de satisfaction lors d’un moment d’intense concentration et dont les mots peuvent rappeler ceux des meilleurs poètes : « J’ai envie de larmes ».

biographie

Michel Layaz est né à Fribourg en 1963. En 1992, il effectue un voyage de six mois autour du bassin méditerranéen d’où il rentre avec un premier roman, Quartier Terre, publié en 1993 aux éditions de l’Âge d’Homme. En 1994, il séjourne trois mois à Malaucène, près de Carpentras. L’année suivante, il publie Le Café du professeur. De l’automne 1996 à l’été 1997, il est membre de l’Institut Suisse de Rome où il écrit Ci-gisent qui est publié en 1998. Ce roman obtient le prix Edouard Rod. Au début de l’année 2001, il publie aux éditions Zoé Les Légataires. Les Larmes de ma mère publié chez Zoé en janvier 2003 obtient le Prix Dentan ainsi que le Prix des auditeurs de la Radio Suisse Romande et marque une reconnaissance de Michel Layaz tant en France qu’en Suisse. Début 2004, deux nouveaux titres voient le jour : La Joyeuse complainte de l’idiot et Le Nom des pères, un recueil de trois nouvelles.

Au salon du livre de Paris 2006 où la Francophonie est à l’honneur, Michel Layaz est choisi (avec Noëlle Revaz et Agota Kristof) pour « représenter » la Suisse.

En septembre 2006, parution d’un nouveau roman : Il est bon que personne ne nous voie. Simultanément, Les Larmes de ma mère est réédité en poche chez Points. Début 2009, sortie de Cher Boniface, toujours aux éditions Zoé ; ce livre remporte le prix des collégiens de Sion. En 2011, parution de Deux sœurs, chez Zoé et reprise en poche chez Point de La joyeuse complainte de l’idiot. En 2013 publication de Le Tapis de course. En 2016 paraît Louis Soutter, probablement, qui remporte l’année suivante le prix Bibliomedia, le prix Régis de Courten et un prix de littérature suisse.

En 2019 paraît Sans Silke, prix Rambert.

Michel Layaz, Lauréat du prix Rambert 2019 pour "Sans Silke"

Magazine Spectrum

"Belle œuvre que ce roman de Michel Layaz qui s’attaque sans chichi à l’idéal familial. (…) Un livre efficace et bien écrit, une plage de vie qui s’auto-suffit." Jodie Nsengimana 

Quatre Sans Quatre : le top 10 des romans de l’été 2019

"Silke se prend d’une vive affection pour Ludivine dont l’espace intérieur est d’une richesse stupéfiante, poétique, coloré, drôle, inventif. La petite fille s’épanouit dans la complicité et l’amour de Silke, jusqu’au drame qu’on sentait tapi, là, depuis toujours."

Lire l'article en entier ici

"Pour lire tout au long de l’été" : la sélection du Temps

« Un huis clos glacé mais non moins dépourvu d’humour ». Julien Burri

L'Express

"D'une écriture délicate, exempte de sensiblerie, Michel Layaz capte merveilleusement la pulsion de vie qui anime sa jeune héroïne et la belle complicité qui l'unit à Silke. A la fois poignant et envoûtant, ce bref roman touche autant par sa délicatesse que par son originalité." 

Un article de Delphine Peras à lire en entier ici

ActuaLitté

Michel Layaz, lauréat du Prix Rambert 2019 avec Sans Silke : le mot du jury

"dans un style aérien, Michel Layaz dépeint, tantôt avec humour, tantôt avec tendresse, une relation qui s’extrait du monde et se vit en apesanteur (…). Il ne crée pas lui-même cet univers, mais que ce sont bien ses personnages qui lui donnent vie. Le roman n’est alors plus création, il existe par lui-même."

L'Année du Livre

"À travers le personnage de Ludivine, c’est une réelle poétique de l’enfance que Layaz élabore. Les propos de la fillette sont d’une franchise douloureusement candide, tandis que son inventivité foisonnante ouvre la porte d’un univers où une féérie fantasque ne dissimule jamais totalement la brutalité mordante de la réalité. (…) Avec Sans Silke, Layaz fait se rencontrer histoire de famille et réflexion sur l’art. Son nouveau roman lui permet d’explorer avec finesse l’importance de l’apport du monde extérieur sur la création artistique mais aussi sur le lien familial, surtout quand ce dernier est rongé de failles. On ne ressort en tout cas pas indemne de cette sublime exploration, l’écho des rires de Silke et Ludivine résonant encore à nos oreilles avec une douce amertume, alors que s’achève la lecture de la dernière page." 

Un article de Camille Bernasconi à lire en entier ici

Le Monde

"Le nouveau roman de Michel Layaz offre une exploration profonde des territoires d’enfance. Des cachettes, des refuges, des pays inventés. (…) Le texte est doux, troublant, secret. Michel Layaz en retient l’inquiétude. La laisse à peine filtrer. La garde pour la fin. Quand les enfants vieillissent, qui sait ce qui peut bien encore leur passer par la tête ?" Xavier Houssin

Couleur 3

« Il y a de la poésie partout entre les pages du livre de Michel Layaz. »

Une chronique drôle et décalée de Linn Lévy à réécouter ici 

La Librairie francophone

"Une réussite totale. J’ai été fascinée par ce roman. Les personnages sont très bien campés, très emblématiques, presque caricaturaux. Un texte doux amer, qui réussit à être à la fois très tendre et très cruel." Nathalie Clérin, Librairie de La Mazerine. La Hulpe, Belgique

"Je sors complétement charmé de cette lecture. L’écriture est maîtrisée, onirique, la phrase ne court jamais sur la page, elle avance comme un funambule. On ne sent jamais le travail de l’écrivain. On assiste plutôt à sa rencontre avec  sa propre histoire, c’est magnifique." Jérémy Laniel, Librairie du Carcajou. Rosemère, Canada

"Les choses sont amenées avec une immense finesse. Il y a une forme de violence sourde, de la maltraitance et puis en face ce duo joyeux et libre formé par Ludivine et Silke. Le lecteur a beaucoup d’espace pour y mettre ses interprétations, jusqu’à la dernière phrase. C’est vraiment un grand livre." Laura Sanchez, Librairie du Boulevard. Genève

Michel Layaz était l’invité d’ Emmanuel Khérad dans « La librairie francophone ». A réécouter en entier ici 

Télérama

"L’écrivain décoche des phrases bien affûtées à cœur de cible et à fleur de peau. Comment a-t-il pu mettre tant d’intelligence dans ce récit d’un tour de garde d’une petite année, tant d’attention aux infimes mouvements de nerfs, de rêves, de pensées ? (…) [Silke]est une citerne d’eau limpide, un puits de lucidité que rien ne peut troubler, malgré les situations gênantes qui se multiplient dans la demeure faussement enchantée. Chacune donne lieu à un chapitre enlevé, où sont distillés les échecs tous azimuts d’êtres lisses en pleine fissuration. Comme dans Théorème, de Pasolini, Silke transforme la famille qui l’abrite, mais sans avoir recours à la moindre tentative de séduction. Elle est l’œil omniscient et le rire intérieur, soupape qui donne une grande légèreté à ce roman d’apprentissage à tous les étages."

Un article de Marine Landrot à lire en entier ici

Marie Claire Edition Suisse

"Telles deux elfes jouant à être parfois sérieuses, la jeune fille et la fillette composent un « couple » aérien, fantasque, malicieux, qui fait contrepoids à celui des parents. Devinant les fissures qui attaquent leur monde protégé, elles ont choisi de les ignorer et de vivre."

RTS - la première

"Sous la plume de Michel Layaz, c’est toute la poésie de l’enfance qui éclate."

Michel Layaz était l’invité de Linn Lévy dans l’émission Vertigo. A réécouter ici

RTS - la première

Michel Layaz était l’invité de Lydia Gabor dans l’émission Entre nous soit dit. A réécouter ici

En attendant Nadeau

"En lisant [Sans Silke], on passe par plusieurs états sensoriels, plusieurs souvenirs nous rattrapent, le texte possède une capacité certaine à faire halluciner lieux et personnages. (…) [C'est] avant tout un roman d’atmosphère, où les dynamiques entre les personnages se dessinent moins par les paroles que par la façon dont un nez reçoit une goutte de pluie ou par la position d’un pied sur une branche d’arbre."

Un article d’Éric Loret à lire en entier ici  

ArcInfo

"Michel Layaz nous invite avec Sans Silke à une très belle balade au pays de la complicité et de la magie enfantine. (…) Ludivine et Silke iront dormir à la belle étoile ou embrasser les arbres, complices d’enfance dans un même élan. L’aventure ne durera que neuf mois, cette brève période dont la narratrice se souvient dans une écriture claire comme de l’eau." Patrik Chabbey

GHI

"Avec ce nouveau roman, Michel Layaz attrape avec précision les gestes d’une enfant qui s’arcboute de joie après un coup réussi au billard. Un moment simple, symbole d’une vie heureuse. Silke se souvient du temps passé à s’occuper chaque après-midi de la petite Ludivine. Embrasser les arbres ou apprendre à voler suffisait à les rendre heureuses dans leur monde onirique." Fabio Bonavita

Le Temps

"Le lecteur a l’impression un instant d’être introduit chez Solal et Ariane, le couple imaginé par Albert Cohen dans Belle du Seigneur. Comme eux, les personnages de Sans Silke vivent protégés du dehors trivial, cloitrés dans leur passion mortifère. (…) L’atmosphère glaçante de la maison marque durablement. Le charme opère. (…)

L’écriture de Michel Layaz (…) prend la clé des champs, ou plutôt de la forêt. Elle tourne le dos au cadre mortifère de la perfection, à La Favorite, à l’atelier de l’art pour l’art, pour rejoindre la vie. Son guide, c’est Ludivine. L’auteur sait capturer à merveille son héroïne, les mouvements de son corps et de son esprit, son onirisme salvateur."

Un article de Julien Burri à lire en entier ici

L'Humanité

"Attentif aux détails, aux couleurs, Michel Layaz oppose la froideur carcérale du dedans et la liberté du dehors, la ménagerie de peluches muettes et le babil des oiseaux chamarrés que sait reconnaître Silke. Conte de la cruauté ordinaire, Sans Silke est aussi un beau texte sur l'art et la création littéraire, le besoin de mettre des mots sur un épisode initiatique et les ultimes métamorphoses de l'adolescence, longtemps après que le château de la méchante reine a été réduit en cendres."

Un article de Sophie Joubert à lire en entier ici

Onlalu

"C’est une histoire d’enfance, une histoire qui se joue à deux contre un, puis à deux contre deux. (…) Dans ce roman bijou sur l’enfance, sensible et poétique, l’écriture de Michel Layaz est tantôt mélancolique, tantôt malicieuse, élégante de simplicité. Tout en délicatesse, il invente un monde voisin du conte, qui surgit au bout d’un chemin et disparaît comme dans un rêve."

Une chronique d'Aline Sirba à lire en entier ici

La Gruyère

"Michel Layaz confronte avec finesse ce monde froidement bourgeois et la relation emplie de rêve et de plaisirs simples que tissent Silke et Ludivine. (…) C’est toute l’enfance et sa créativité que dépeint l’écrivain vaudois, prix suisse de littérature 2017 pour Louis Soutter, probablement. Évitant aussi bien l’infantilisation que les lourdeurs nostalgiques, il trouve la délicatesse et la justesse de ton idéale pour retracer ces quelques mois dans le vert paradis de l’enfance."

Un article d’Eric Bulliard à lire en entier ici

Libération

"Ce qui pourrait être un simple roman sur les charmes de l’enfance, un apprivoisement réciproque, se révèle vite complètement autre. La femme est une avocate à succès, et grimace en constatant l’inadéquation de sa fille face à son idéal de perfection. Le père, couvé par la mère, est un peintre obsédé par son art, et aigri par le manque de reconnaissance. Le lieu, pourtant magnifique, évoque la claustration : une maison de maître isolée, baptisée «la Favorite», adossée à un bois. L’atmosphère surannée de cruauté insidieuse s’accroît peu à peu sous l’œil de Silke : les parents sont repliés sur leur amour conjugal monstrueux, excluent leur fille unique. (…) La beauté du livre est dans le croisement des points de vue de Silke et de Ludivine, pétries de candeur et de lucidité."

Un article de Frédérique Fanchette à lire en entier ici

24 heures

"Sans Silke, fable d’une enfance qui s’abandonne sous la pression des adultes, en appelle à la magie et au burlesque, s’enracine aussi dans le terroir du réel. Ou la complicité fugace entre une gosse un peu sorcière et une préceptrice qui ne l’est pas moins."

Une interview de Michel Layaz par Cécile Lecoultre à lire en entier ici

Le Courrier

"Sans Silke déroule de courts chapitres où alternent violence larvée et éclats poétiques, folle joie de vivre et tension inquiétante. (…) Michel Layaz a construit une œuvre romanesque libre et joyeuse, portée par une langue attentive à la musique des mots (…) et dont la poésie se révèle dans toute sa subversive irrévérence. (…) Le décalage de ses personnages, leur subtile déviance, se veulent actes de résistance, ils disent une révolte « qui n’est jamais violente mais passe par le fait de s’inventer des mondes. »"

Un article d’Anne Pitteloud à lire en entier ici

Quatre Sans Quatre (blog)

"J’ai eu tant de plaisir à lire ce roman que j’ai dû prendre mon souffle avant de lire la fin tant j’avais peur du dénouement violent que je pressentais. La narration joue à tendre et relâcher le fil, les moments de gaieté et de pure joie alternent avec les scènes étranges ou dures où la rage et les blessures sont le plus souvent muettes, rentrées, l’explosion remise à plus tard, peut-être." 

Un article de Flore Delain à lire en entier ici

France Inter

"Ce livre m’a fait l’effet d’un conte gothique. Une écriture simple, limpide et en filigrane, de l’étrange, du sombre, du non-dit."

Sans Silke, le coup de cœur de Laura Sanchez, librairie du Boulevard (Genève), dans La librairie francophone. Une émission à réécouter ici

Addict Culture

"Sans fioritures stylistiques ni sentences sinueuses, Michel Layaz nous conte à travers Sans Silke la rencontre de deux âmes errantes qui, d’un seul écho, donnent soudain de la voix pour repousser l’affreuse échéance de la réalité. Le romancier des larmes retenues subjugue de nouveau par son économie de mots, rendant grâce aux silences évidents qui parcourent ce texte bref et frémissant, sur un faux air d’En attendant Bojangles." 

Un article de Typhaine à lire en entier ici

Radio Coteaux

"L’histoire est douloureuse mais Ludivine et Silke vont connaître de purs moments de bonheur et de poésie : embrasser les arbres, dormir à la belle étoile… Il faut lire ce très beau roman sur l’enfance, l’amour fusionnel, le sentiment d’exclusion que peut ressentir une enfant." (49’), Régine Le Meur

Réécouter l’émission "Derrière les mots" en entier ici

Le Figaro

"Au fil de ce beau conte cruel et sensuel, cruauté des parents enfermés dans un idéal de perfection, sensualité de la petite fille palpitante de vie, on comprend que le véritable artiste n'est pas celui qui le prétend. Dans la tour d'ivoire de son ego et de son esthétisme arrogant, le père, figure du dandy, peint des tableaux sans vie. Ludivine, elle, a la poésie dans les veines, elle s'enivre de vent et du frou-frou des étoiles. Elle fait son miel de bouts de ficelle, transforme en or la boue des jours qui passent. Rendra-t-elle vie à ses parents, qui, comme la Beauté de pierre du poème de Baudelaire, haïssent « le mouvement qui déplace les lignes » et jamais ne pleurent et jamais ne rient ?" Astrid de Larminat

ArcInfo

"Michel Layaz a une écriture gris acier pour montrer l’absence d’amour dont a souffert Ludivine depuis la naissance, et des mots d’une sensualité douce et aérienne pour les jours heureux des deux rescapées de ce bateau-galère. Un roman aussi attendrissant que bouleversant." Dominique Bressoud

AVIVO

"Michel Layaz restitue parfaitement l’attitude ambiguë du trio familial, on ressent un malaise, mais on ne peut le nommer. Son style délicat, faussement léger atteint ici la perfection. Ce récit poétique à souhait envoûte les lecteur – rice –s , sous le charme des frondaisons ( maudites ? ) de la Favorite."  Annette Zimmermann

France 3

"C’est cruel mais sous une forme de tension sourde. C’est glacé par les pas mesurés de la mère qui contrôle toute la maisonnée et le silence imposé par le père.

Et paradoxalement, l’animation, la créativité de l’enfant se déploie au contact de Silke qui, avec son prénom soyeux, duveteux, vient apporter quelque chose d’une douceur, d’un émerveillement, à la petite Ludivine." Constance Lanxade

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RTS - Espace 2

"Un livre à lire en douceur, tranquillement et presque avec un peu de lenteur.

Au fil d’images fortes, Michel Layaz décortique le (dys)fonctionnement familial. Un roman qui prend des allures de conte : une maison en lisière de la forêt, un auteur qui sème de petits cailloux et des mots qui ne révèlent pas toujours le mystère." Anik Schuin 

Ecouter l’émission Versus-lire en entier ici

Coopération magazine

"Une fable sur l’enfance, dans une langue délicatement poétique." TT

RTS - la première

"Le livre est très construit, avec des moments jouissifs mais toujours une forme d’inquiétude latente jamais vraiment exprimée. C’est comme une suite de tableaux avec chacun son motif mais toujours un mystère." Geneviève Bridel

Réécouter Le trio en entier ici

La Liberté

"Un singulier triangle familial que l’écrivain fribourgeois Michel Layaz dispose en lisière de forêt, dans une ferme solitaire. Entre le père, artiste peintre reclus, et la mère, avocate qu’on imagine brillante, il y a cette fille, presque de trop. Et c’est en brefs chapitres, enfilés comme autant de perles fragiles sur un fil qui les relie, que Silke pénètre peu à peu dans l’univers réenchanté par Ludivine, constellé des impérieuses excentricités de l’enfance. « Je continue de m’étonner qu’il faille parfois autant de pages pour exposer des idées simples », lance Ludivine. De sa prose limpide et raffinée, Michel Layaz, Prix suisse de littérature pour son précédent roman, n’a besoin pour sa part que de peu de mots pour exposer, sans les épuiser, les subtils mystères d’une amitié naissante." Thierry Raboud

Le Quotidien (Luxembourg)

"De cette implacable écriture chirurgicale, Michel Layaz déroule l’histoire en courts chapitres, comme des variations autour de deux thèmes principaux : l’exclusion et la naissance et le développement d’une amitié. Sans Silke est le roman magnifique des failles familiales, des failles que l’on découvre à travers le regard privilégié de Silke, la jeune étudiante…" Serge Bressan

La Côte

"Dans ce roman de la famille et de l’émancipation, ce sont les petits mouvements qui font les grands changements, et le paradis et l’enfer se logent dans la confection d’un gâteau." Laurence de Coulon

France Culture

"L’auteur nous parle de sa passion pour l'art, de ses souvenirs d'enfance en Suisse, des photographies de Francesca Woodman... Autant de choses qui viennent le surprendre et nourrissent son écriture. Il nous livre un roman qui célèbre l’innocence enfantine et explore les failles familiales d’un trio ou l’égoïsme et le fantastique se lient."

Michel Layaz, invité de Romain de Becdelievre dans « Par les temps qui courent ». A réécouter ici

Payot Lausanne

"L'amitié entre Silke et Ludivine, pleine d'inventions et de créativité, dans l'ombre d'un couple parental…"

L'Embellie

"Un très beau roman qui souligne les failles familiales, à la fois empli d’amertume et de solitude et de joie et petits plaisirs."

Carcajou

"La phrase avance comme un funambule. Très maîtrisé et très onirique, c’est magnifique." Jérémy

La Mazerine

"Une réussite totale. Un texte doux-a mer, à la fois très tendre et très cruel." Nathalie

Decitre Grenoble

"Quelle force contenue dans cette écriture épurée, presque ouatée qui vous enveloppe de son mystère et de sa poésie..." Mathieu

Basta!

« Des personnages très incarnés, une écriture magnifique, un texte incisif qui reste après la lecture. » Marie-Pierre

Le Boulevard

"Ce livre m’a fait l’effet d’un conte gothique. Une écriture simple et limpide et en filigrane, de l’étrange, du sombre, du non-dit." Laura

La Baignoire d'Archimède

«un texte à l'écriture belle de simplicité, dépouillée de tout artifice, élaguée jusqu'à l'épure. (...) Une tension sourde parcourt ce beau roman familial jusqu'au dénouement et c'est avec un pincement au coeur que l'on quitte Silke et sa petite protégée...»

Autres rivages

« Un roman qui prend des allures de conte: une maison en lisière de la forêt, un auteur qui sème de petits cailloux et des mots qui ne révèlent pas toujours le mystère. Une écriture belle et poétique. Coup de cœur du libraire!!! » 

Sandales d'Empédocle

"Quiconque a lu Michel Layaz, depuis le génial Deux sœurs en ce qui me concerne, attend le nouveau roman de Michel Layaz, sa poésie, sa liberté, son impertinence parce que chacun de ses nouveaux romans emplit ses lecteurs d’une forme de joie en nous faisant renouer avec les forces vives de l’enfance tout en remettant en question les formes inertes des carcans familiaux ou sociaux. Questionnements parfois cruels mais aussi revigorants. On retrouve ainsi dans Sans Silke, les forces de l’imaginaire de l’enfance au regard d’un monde adulte qui ne devrait jamais oublier que l’enfance est une question sérieuse…" Jean-François

 

L'Arbre sans fin

"Un livre magnifique sur l'amitié naissante entre une jeune fille, Silke, et la petite fille dont elle s'occupe, Ludivine. On savoure l'écriture !"

Payot Cornavin

"Beaucoup de douceur pour conter une famille bien particulière." Christine

Louis Soutter, probablement (2021, Zoé poche)

Louis Soutter, probablement

Aujourd’hui mondialement reconnus, les dessins et les peintures de Louis Soutter (1871-1942) n’ont été remarqués de son vivant que par un cercle restreint de connaisseurs. Parmi eux, Le Corbusier et Jean Giono ont été subjugués par le trait libre de l’artiste, vrai sismographe de l’âme. Formé à la peinture académique, violoniste talentueux, marié à une riche Américaine, puis directeur de l’École des beaux-arts de Colorado Springs, Soutter mène pourtant, dès 1902, une vie d’errance jusqu’à son internement forcé à l’âge de 52 ans dans un asile pour vieillards du Jura suisse. C’est là qu’il parvient à donner forme à l’une des œuvres les plus inclassables de l’histoire de l’art.

Il fallait l'écriture souple et subtile de Michel Layaz pour faire ressentir l’étrangeté de cet homme et nous entraîner le long d’une vie marquée par la solitude, ponctuée aussi par quelques éclats de lumière et transportée surtout par la puissance de la création.

Préface de Michel Thévoz

Louis Soutter, probablement a reçu le Prix suisse de littérature, le prix Bibliomedia et le prix Régis de Courten.

Les Vies de Chevrolet

« Che-vro-let ! Che-vro-let ! » : début XXe siècle, l’Amérique est ébahie devant les prouesses de Louis Chevrolet. Né en Suisse en 1878, le jeune homme a grandi en Bourgogne où il est devenu mécanicien sur vélo avant de rejoindre, près de Paris, de florissants ateliers automobiles. En 1900, il quitte la France pour le continent américain. Très vite, au volant des bolides du moment, Fiat ou Buick, il s’impose comme l’un des meilleurs pilotes de course. En parallèle, il dessine, conçoit et construit des moteurs. Ce n’est pas tout, avec Billy Durant, le fondateur de la General Motors, Louis crée la marque Chevrolet. Billy Durant la lui rachète pour une bouchée de pain et obtient le droit d’utiliser le nom de Chevrolet en exclusivité. Des millions de Chevrolet seront vendues sans que Louis ne touche un sou. Peu lui importe. L’essentiel est ailleurs.

Pied au plancher, Michel Layaz raconte la vie romanesque de ce personnage flamboyant qui mêle loyauté et coups de colère, bonté et amour de la vitesse. À l’heure des voitures électriques, voici les débuts de l’histoire de l’automobile, avec ses ratés, ses dangers et ses conquêtes.

Louis Soutter, probablement

Aujourd’hui mondialement reconnus, les dessins et les peintures de Louis Soutter (1871- 1942) n’ont été remarqués de son vivant que par un cercle restreint de connaisseurs. Parmi eux, Le Corbusier et Jean Giono ont été subjugués par le trait libre de l’artiste, vrai sismographe de l’âme. Formé à la peinture académique, violoniste talentueux, marié à une riche Américaine, puis directeur de l’Ecole des beaux-arts de Colorado Springs, Soutter mène pourtant, dès 1902, une vie d’errance jusqu’à son internement forcé à l’âge de 52 ans dans un asile pour vieillards du Jura suisse. C’est là qu’il parvient à donner forme à l'une des œuvres les plus inclassables de l’histoire de l’art.

Il fallait une langue souple et subtile pour faire ressentir l’étrangeté de cet homme et nous entraîner le long d’une vie marquée par la solitude, ponctuée aussi par quelques éclats de lumière et transportée surtout par la puissance de la création.

Louis Soutter, probablement, a été récompensé du Prix suisse de littérature 2017.

Le Tapis de course

 

« Pauvre type ! » Prononcée avec calme par un adolescent dans une file de supermarché, cette interjection bouleverse son destinataire, le héros de ce livre. Sans le savoir, l’adolescent vient de fissurer la vie intérieure d’un homme qui se protège par une routine sans faille, sûr qu’il est qu’aucun événement extraordinaire ne doit venir briser la logique implacable de l’existence qu’il s’est construite.

Pour éviter que son monde ne vacille, l’homme se résout à s’enregistrer sur son téléphone portable. Il raconte son quotidien : le travail, la bibliothèque, les collègues, le tapis de course, les quelques amis, la famille, la multitude de livres lus pour trouver quelques rares phrases à ajouter à son petit panthéon privé. Rien n’y fait. Le «Pauvre type» le hante.

 

Michel Layaz vit et travaille à Lausanne. Avec Le Tapis de course, il poursuit une écriture qui révèle, sans en avoir l’air, les traits de notre société contemporaine.

Deux soeurs

Les deux sœurs. Des agitatrices dont la grâce sauvage se pare de magie ? Des justicières rebelles ? Des adolescentes souveraines entre enfance et âge adulte ? Les deux sœurs ont le droit de vivre seules dans leur maison, c’est le juge qui a tranché. Leur père est reclus dans un hôpital psychiatrique, leur mère vit à New York, c’est ainsi, les deux sœurs l’acceptent, elles aiment père et mère comme ça. Elles vivent sur un rythme rapide, léger, malicieux, parfois endiablé, dans une forme d’allégresse musicale à deux temps. Près d’elles, il y a un grand arbre, des coquilles d’escargot, des fils de fer qu’elles ont délicatement suspendus dans la chambre vide de leur père, il y a aussi un amoureux qu’elles autorisent à venir jouer avec elles et une assistante sociale qui oublie joyeusement sa fonction à leur contact. 

Cher Boniface

Marie-Rose, généreuse, idéaliste et orgueilleuse, aimerait  que Boniface écrive. Boniface préfère rester « inoccupé et anonyme, et de loin ». Houspillé par sa belle, Boniface peine à cultiver son indolence désabusée et se voit devenir le héros don quichottesque d’aventures finalement très joyeuses. D’érudit paresseux, il apprend sous nos yeux à devenir gourmand de la vie. Et même passionné. Boniface a l’amour de la différence, Marie-Rose est une enthousiaste critique. Alors tout le monde est égratigné : les riches et les pas riches, les célèbres et les pas célèbres, la pensée unique, les snobs, les travailleurs, les adolescents, les écrivains, les journalistes, les inspirés et les sportifs.

Brillante et acerbe, l’histoire de Boniface Bé et de Marie-Rose Fassa est une diatribe impitoyable mais aussi délirante et farcesque contre la société d’aujourd’hui. Les éblouissantes énumérations opèrent chaque fois un subtil pincement chez le lecteur parce que l’ironie est mordante et qu’une joie vraie s’impose.

 

Michel Layaz signe ici son huitième roman. 

Il est bon que personne ne nous voie

 

Le narrateur, un garçon de quinze ans, travaille après l’école dans une boucherie. Il y rencontre Walter, un maître en sagesse. Dans le quartier populaire où il vit, le jeune homme est l’ami de Raton, maître de rien, et il se lie d’amour avec Charlotte qui va l’initier à d’étranges rituels et l’aider à grandir.

A la fin du livre, on comprend que ce texte troublant sur l’adolescence est dicté par le garçon devenu très âgé. Tandis que la mort approche, le vieillard vit un dernier amour pour Lucie qu’il surnomme Lucie-Lucifer. Cette infirmière sans égal a découvert un procédé pour que ses pensionnaires préférés puissent choisir en toute quiétude l’instant de leur disparition. 

Le Nom des pères (2004, Minizoé)

Le Nom des pères
La Joyeuse Complainte de l'Idiot

La Joyeuse Complainte de l’idiot est le récit d’un internat peu ordinaire où vivent des adolescents encore moins ordinaires. En effet, La Demeure accueille de jeunes garçons dont l’intelligence décalée n’a pu s’accommoder du monde environnant. Racontée par l’un de ses membres, cette communauté tire force et originalité de son impérieuse présidente-directrice générale, Madame Vivianne.

«Il ne faut pas croire que les gens qui vivent à La Demeure sont des demeurés, ou des prisonniers, ou des délinquants, ou des fous, ou des brigands, ou de la mauvaise graine, ils sont seulement un peu de tout cela, et il serait vain de les réduire à quelques tours de passe-formules.

Il y a en nous des splendeurs qu’il faut peut-être aller chercher, des splendeurs enfouies sous des couches de désarroi, de tourments, de méchancetés, de désespoir, d’obstination, d’errances, de mauvaises routes, de mauvais choix, autant de dérives qui ne sauraient effacer la bonne pâte qui existe derrière tout cela et qui ne demande qu’à être pétrie.»

 

Michel Layaz vit à Lausanne et à Paris. Aujourd’hui, il est considéré en Suisse comme un des romanciers les plus importants de sa génération. Après le succès des Larmes de ma mère, ce nouveau roman est une preuve de la singularité et de la clarté de sa voix.

Les Larmes de ma mère

Pourquoi cette mère, avec le cadet de ses fils, marque-t-elle autant de différences ? Et pourquoi des larmes le jour de l’accouchement ? Ce troisième fils, elle le vante et elle le persécute, elle le distingue et elle le tourmente. Devenu adulte, le dernier fils reconstitue son enfance grâce aux objets qu’il voit ou découvre dans l’appartement parental. Et si les objets se mettaient à parler ? Et si les objets détenaient la clé de l’énigme ? Grâce à une écriture précise, tendue, ce livre où se succèdent des épisodes cocasses et dramatiques, révèle l’intime en évitant l’écueil du sentimentalisme. Les mots sont à leur place sans jamais forcer et le lecteur voit son imagination croître au fil de ces récits d’enfance qui ne manqueront pas de résonner dans sa propre histoire.

extrait

La mère m’a menée à l’étage. En haut de l’escalier, on arrivait dans un espace ouvert sans usage clairement défini, un lieu de transit où l’on pouvait marquer une pause en prenant place sur l’un des deux canapés qui se faisaient face, l’un orange, et l’autre jaune. De lourds rideaux dorés encadraient chacune des trois fenêtres et pendaient jusqu’au sol. La vue sur le jardin et le verger ne manquait pas de charme. La mère a senti mon goût pour cet endroit et m’a donné son autorisation pour y venir. Je l’ai remerciée. De là, nous avons pris le couloir de gauche. Devant la chambre de Ludivine, la mère est restée en retrait, sur le seuil de la porte. Elle m’a introduite en deux mots avant de repartir.

– Ma chérie, voici Silke.

Au milieu de la chambre, Ludivine se tenait assise sur une chaise haute, le dos raide, en silence et les mains posées sur les cuisses, petite fille sérieuse que rien ne distrayait. J’ai marché vers la fenêtre. Sans savoir pourquoi, je lui ai parlé des oiseaux que j’avais vus dehors. J’ai évoqué le vert des têtes et le vermillon des queues, le jaune des ventres et le bleu des plumes. Je lui ai dit que j’aimais les martinets. Dans le ciel, ils peuvent planer plusieurs mois ; à l’aube et au crépuscule monter jusqu’à trois mille mètres, se nourrir et dormir en plein vol.

Ludivine n’a pas réagi.

Dans la bibliothèque, derrière elle, deux rayons débordaient de peluches : ours, vaches, cochons, moutons, canards, chats, d’autres encore. L’une de ces peluches était à part. Déchiquetée – un singe aurait-on dit –, il lui manquait une jambe, un bout d’oreille, et des touffes de poils avaient été arrachées. J’ai pris une chaise et je me suis placée près de Ludivine. Sa robe jaune, légère et parsemée d’étoiles blanches, laissait voir ses jambes, ses bras et ses épaules. Bien que fins, ses membres donnaient une impression de solidité. J’ai tout de suite remarqué la couleur de ses iris : bleus avec une goutte de gris.

– Nos yeux sont pareils.

Ludivine n’a pas cherché à vérifier. Posé parterre, j’ai distingué un livre sur la faune et la flore africaine. J’ai demandé quels étaient les animaux dont elle avait le plus peur, ceux qu’elle trouvait amusants, ou tristes, ceux qu’elle adorait et ceux qui l’inquiétaient. Dans le visage un peu rond de Ludivine, rien ne remuait. J’ai posé d’autres questions. A tire-larigot. Sur tout et sur rien. Une malle de questions que j’ai vidée à la hâte.

Ludivine restait impénétrable.

Si la situation commençait à me contrarier, je ne percevais chez elle aucun malaise. J’avais peur d’être sans pouvoir. Et soudain, au moment où je m’y attendais le moins, j’ai entendu la voix de Ludivine, comme celle d’une dormeuse à peine réveillée.

– Pourquoi tu es ici ?

A son tour, elle m’a regardée. Prise au dépourvu, je lui ai dit ce qu’elle savait déjà : On resterait ensemble, on ferait ses leçons, on jouerait toutes les deux et on apprendrait à se connaître. Comme c’était insuffisant, je me suis approchée de Ludivine. Je lui ai précisé que sa question était difficile, que jamais on ne m’avait posé une question aussi difficile, parce qu’«ici» c’était sa chambre, mais aussi sa maison, et aussi le pays où nous vivions, et encore cette planète où il y avait tous les autres, et qu’il fallait avoir vécu beaucoup d’années pour commencer à peut-être savoir pourquoi on était «ici». Ludivine s’est levée et m’a tirée par les doigts.

– Pour demain, j’ai du français et des calculs.

Je l’ai laissée remplir ses fiches, pointant ici et là une étourderie ou une autre. Avant le repas du soir, Ludivine a souhaité qu’on sorte dans la forêt et qu’on aille embrasser les arbres. A peine les avait-elle prononcées, qu’elle semblait regretter ses paroles. Pour dissoudre les craintes, je lui ai dit que son idée me plaisait. Dehors, elle a désigné un chêne, un orme et un frêne : ses trois arbres préférés. Elle les a enlacés l’un après l’autre, la joue plaquée contre le tronc, gardant la tête levée. Parce que j’en avais envie, je l’ai imitée. Je lui ai parlé de l’écorce qui est comme une chair, des branches et des feuilles comme une chevelure ébouriffée. Ludivine a dit qu’il ne fallait pas confondre les hommes et les arbres. Elle aimerait seulement que les traces de sa joue et de ses mains se gravent dans l’écorce. C’est possible !… Il faut se montrer patiente. Et alors les arbres, dans cent ans, ou dans deux cents ans, se souviendront de nous. Quand Ludivine a tourné la tête, j’ai vu de la hantise au fond de ses yeux.

– Les gens dans l’avion, ils sont morts, tous.

Sa voix avait vibré, demeurait en suspens. Ludivine a elle aussi entendu parler de l’avion qui s’est écrasé près d’Halifax. Que dire ? Quelles paroles lui souffler ? Je me suis demandé si j’avais les capacités pour mener à bien ce travail de préceptrice. Je doutais que le mot de préceptrice fût le bon, mais je n’en trouvais pas d’autre.

Ludivine s’est enfuie en courant et sans crier gare. Elle bondissait comme un lapin et écartait ses bras qui tournoyaient dans les airs. Je l’ai rattrapée avec peine. Courbées en deux, nous avons repris notre respiration. Un peu de sang coulait de son poignet. Avec quelques feuilles, on a tamponné l’éraflure et on s’est assises sur une souche. A cet instant – et je n’ai pas oublié ma surprise –, Ludivine s’est collée contre moi, puis très vite s’est écartée. Elle a baissé les paupières. Je voyais son corps se détendre, j’entendais son souffle et les vibrations dans les feuillages, je respirais les parfums de la forêt et ceux de sa peau. Dans cet espace de tranquillité, d’une voix claire qui défie les dieux, Ludivine a dit :

– Si un jour je perds beaucoup de sang et qu’à l’hôpital on me donne le sang des oiseaux, alors je pourrai voler.