Littérature française
Parution Août 2026
ISBN 978-2-88907-648-2
192 pages
Disponible

Littérature française
Parution Août 2026
ISBN 978-2-88907-649-9
Disponible

Anne-Sophie Subilia

Glissando

Littérature française
Parution Août 2026
ISBN 978-2-88907-648-2
192 pages

Littérature française
Parution Août 2026
ISBN 978-2-88907-649-9

Résumé

Béa vient d’accoucher de son deuxième enfant. Elle trouve du réconfort dans les centres commerciaux, se rase le crâne, s’inquiète à propos de tout, punit trop vite son aîné de quatre ans. Le ménage l’obnubile jusqu’à nettoyer en cachette. Sa pensée se disperse. Les consignes qu’elle se donne à elle-même n’en finissent pas, répondre à cette invitation, repriser les coudes du pull en laine, payer les factures. Ça ne s’arrête jamais, même quand, enfin seule, elle accumule ses longueurs de bassin à la piscine municipale.

Les brèches sont rares. Mais il suffit que la montagne de linge se mette à respirer comme une baleine, qu’un nuage noir la captive ou qu’elle trouve la bonne phrase pour le roman qu’elle traduit, alors, la voici ramenée à elle-même.

En alternant les points de vue, Anne-Sophie Subilia subjugue. Du couple fragilisé par la maternité à l’émerveillement devant l’enfance, cette mise sous tension poétique de la vie ordinaire est haletante.

Autrice

Anne-Sophie Subilia

Née en 1982 d’un père suisse et d’une mère belge, Anne-Sophie Subilia vit à Lausanne après avoir habité à Berlin, Strasbourg et Montréal. Romancière et poète, elle est notamment l’autrice de L’épouse (Zoé, 2022, Prix suisse de littérature 2023, sélections Prix Femina et Médicis), Neiges intérieures (Zoé, 2020) et abrase (Empreintes, 2021). Ses romans se caractérisent par une langue précise et poétique, un regard d’une acuité exceptionnelle sur l’intériorité de ses personnages.

Agenda

Sam. 19.9.2026 , 10h00

au Forum de l’Hôtel de Ville de Lausanne

En savoir +

Jeu. 24.9.2026 , 19h30

à la librairie de l’Angle rouge, Douarnenez

En savoir +

Ven. 2.10.2026

au festival Lettere dalla Svizzera alla Valposchiavo

En savoir +

Jeu. 8.10.2026

à la librairie les Feuilles bleues, Paris

En savoir +

Ven. 9.10.2026

au Garage, Paris

Lun. 23.11.2026 , 20h00

à la bibliothèque d’Epalinges

En savoir +

Distinctions

 Glissando  d’Anne-Sophie Subilia, sélectionné pour le Prix Médicis 2026

En savoir plus

Dans les médias

« Nombreux sont les récits personnels, les essais qui ont fleuri ces dernières années, dans l’élan de la nouvelle vague féministe, sur la maternité. Anne-Sophie Subilia transmue, elle, l’expérience en matière romanesque incandescente. Et, glissando, élargit la mise sous tension poétique du réel.
(…)
Dans une prose millimétrée au frisson près, la simple apparition d’un nuage d’orage prend des proportions phénoménales: «Énorme, anthracite, captivant. Il enfle et noircit au-dessus des toits. Progression lente, mais incontestable.» La précision est tout aussi météorologique pour décrire l’effet de la lecture sur Béa et de la musique sur Martijn. A lire ces passages, parmi les plus beaux, on sent littéralement combien les mots et les notes écartent les nuages, éclairent, réenclenchent le dialogue avec soi et le monde. L’art apparaît comme une voie d’accès physique, concrète à cet «état de poésie» que recherche Béa dans sa traduction. Une capacité d’écoute et de célébration du fait de vivre, à hauteur du quotidien. Glissando, du début à la fin. »

Un article de Lisbeth Koutchoumoff à lire ici

« Le roman ploie sous le poids de la domesticité, un sujet si rarement traité en littérature, et pourtant fondamental dans la vie de tout·e un·e chacun·e, qu’il soit assumé (la plupart du temps par des femmes) ou délégué (la plupart du temps par des hommes).

(…)

L’environnement raffiné de la protagoniste, nourri par les livres et les partitions, est progressivement englouti par la trivialité de ses nouvelles responsabilités. Ce qu’Anne-Sophie Subilia nous raconte, au fond, c’est un effacement programmé par la société, un sacrifice indispensable à l’ordre (profondément injuste) des choses. Un piège, en somme, comme en témoigne l’un des derniers fragments («Rien n’ira jamais de soi. Pour s’extraire. Pour obtenir ses nappes de temps à soi»), dont il est impossible de sortir indemne. » Camille Cloarec

« Alors que vient de naître son deuxième enfant, Béa croule sous les tâches diverses et variées, passant de l’une à l’autre, sans jamais s’arrêter. Elle glisse de sa vie familiale à son travail de traductrice, alternant des phases d’épuisement et de ravissement. Une charge mentale ordinaire, ouvrant la voie à des envolées poétiques saisissantes, l’occasion de se retrouver. » Julie Vasa

« (…) C’est là une image du bonheur, l’harmonie, le confort, l’intelligence, la sensibilité. Mais quelque chose ne tourne pas rond. Béa s’enfonce. Elle est prise, à l’égard de son bébé, d’une « peur d’une malédiction, d’un rapt, peur de tout. Les pensées s’engouffrent en elles comme des pieuvres dans un goulot ».

(…)

Elle doit lâcher prise, elle le sent, elle le sait, on (Martijn, sa sœur, des amies) le lui dit. Les « bons conseils » la font passer pour une « mauvaise » mère. Elle fait le vide autour d’elle.

Son couple se met à battre de l’aile, et Martijn à foirer un solo, c’est dire si le chaos s’insinue partout, sournois et irréductible.

(…)

Anne-Sophie Subilia raconte ici par fragments, délicate et troublante, implacable et poétique, un glissement terrible. » Jacques Lindecker

« En musique, le glissando consiste à passer d’une note à une autre de manière continue, en faisant entendre tous les sons intermédiaires. C’est aussi le titre du dernier livre d’Anne-Sophie Subilia, dont l’écriture sensible se fait sismographe de ce mouvement et capte les plus fines oscillations d’une femme en dérive, à la fois morcelée et débordante d’amour.

(…)

Anne-Sophie Subilia distille l’aliénation progressive [de Béa] par petites touches au fil d’un récit fragmentaire, découpé en brèves parties numérotées qui sont le miroir d’une existence hachée, rythmée de tâches sans cesse interrompues, où «la pensée même est en lambeaux». Avec un sens exacerbé du détail, elle dévoile ainsi les fragilités de sa protagoniste en ouvrant de brèves fenêtres sur ses gestes, de courts dialogues, des moments factuels et banals parfois traversés d’un je fugace. » Anne Pitteloud

« Un roman très fort sur la maternité, ses difficultés. Sur le poids qu’on porte quand on est une jeune mère. Un livre rythmé avec des paragraphes courts, une langue précise où l’on entend tout ce que les mères n’osent pas dire à haute voix. »

Anne-Sophie Subilia était l’invitée de Blandine Levite dans le 12h30, à écouter ici (20’50’’)

« Anne-Sophie Subilia, exploratrice des géographies intérieures, enferme cette fois son personnage dans une réclusion universelle : l’ordinaire, harassant jusqu’à l’épuisement, d’une mère de famille.

(…)

Étouffement que la romancière lausannoise, toujours aussi poète, restitue en mosaïque de fragments tranchants comme du verre, du haïku aux quelques paragraphes, où se reflète, entre les flashs d’émerveillement, la violente nostalgie devant ce qui doit s’effacer pour laisser grandir.

(…)

Un saisissant portrait de famille décomposée. » Thierry Raboud

« Le récit d’une vie ordinaire racontée dans une langue extraordinaire. »

Anne-Sophie Subilia, invitée de Julie Evard sur le plateau du 12h45, à regarder ici

« Après la naissance de Gabrielle, Béa s’efforce de tenir ensemble ses deux enfants, son couple, son travail de traductrice et la maladie de son père, sur l’île de Norderney. Anne-Sophie Subilia fait de cette vie saturée un texte de sensations, de ruptures et de gestes recommencés, aussi précis qu’inconfortable. Glissando, ou quand chaque geste réclame son souffle. »

Lire l’avant-critique de Lucy L. ici

Coups de cœur

« La maternité : ses épiphanies et ses désespérances ; ses ajustements et sa charge mentale ; le besoin de contrôle parfois, pour ne pas se perdre. C’est par des instantanés qu’Anne-Sophie Subilia dit toutes les émotions de la déflagration que peut-être la parentalité, parfois jusqu’au point de rupture. J’ai adoré l’écriture d’une grande finesse et d’une infinie justesse, resserrée. Un très beau livre. » Julie Raulet

« Quel exercice délicat ! Raconter le quotidien d’une femme éreintée, obnubilée par la propreté, la tenue de son foyer et le bien-être de ses enfants en bas-âge. Seules échappatoires: la piscine et les séjours à la mer. L’histoire d’une fée du logis bousculée et qui tente de s’en sortir tant bien que mal. Un texte essoufflé, déroutant. » Maud

« Peu d’auteurs ont abordé le quotidien d’une mère de famille dépassée avec une telle audace stylistique et une telle dramaturgie ! Le suspens croît avec la série d’injonctions que s’impose la narratrice, comme autant d’obsessions qui font tanguer son couple… et la mécanique mortifère est en place ! Totalement maîtrisé ! » Huguette Prido

« Glissando est un roman très beau par son ton, sa justesse pour évoquer la réalité d’une jeune maman de deux enfants, d’un couple fragilisé momentanément mais dont l’amour qu’il porte à leurs enfants jamais n’est remis en cause. Le titre lui-même nous laisse le choix de l’interprétation… » Valérie Portois

« En courtes séquences faites d’observations, de sensations, Anne-Sophie Subilia nous partage le quotidien d’une femme en état de saturation. Toujours sur le fil, soulignant parfois le paradoxe de certaines situations, elle signe un roman percutant, d’une rare acuité. » Christophe Gilquin

« Encore un très beau roman de Anne-Sophie Subilia, qui pénètre l’univers domestique d’une famille qui ne tient plus à grand-chose. La maternité et la naissance du second enfant de la famille vont provoquer des déséquilibres dans le quotidien pourtant bien rythmé. Par d’infimes petits détails, les choses glissent, tanguent mais ne sombrent jamais totalement. A l’image de la narratrice qui passe des heures à la piscine municipale ou qui nettoie compulsivement son intérieur. L’écriture est pointue, incisive mais l’impression de flottement et de bizarre est constante tout le long du livre. » Amélie Forestier

« À nouveau, avec Glissando, de Anne-Sophie Subilia, je plonge dans le corps de cette jeune maman. L’écriture est tenue, particulière, dynamique, intime. Ça parle encore des femmes mais avec toujours beaucoup de douceur. Je crois que c’est ça qui me plaît chez « Zoé » c’est cette manière d’aborder des sujets conséquents mais sans colère… oui, c’est « douceur » le mot qui me vient. C’est précieux cet angle de vue. »

« Ce récit nous narre avec douceur, humour et poésie les fragments de vie d’une mère qui vient d’avoir son deuxième enfant. Entre tendresse et tension, on se laisse porter par les méandres de ce quotidien dont la normalité apparente est sublimée par la prose toute en nuances de l’autrice. »

« Quand l’arrivée d’un deuxième enfant fait basculer l’équilibre interne de sa mère. Quand tout s’intensifie et s’accélère, et dégringole. Mais aussi quand, parfois, la poésie de l’instant illumine tout le reste et suspend le temps. »

« Écrit avec beaucoup de sensibilité et de poésie, « Glissando » est une succession de fragments d’un quotidien qui ne peut prendre aucune autre forme. Anne-Sophie Subilia nous entraine dans une tentative réussie de restituer la tessiture éthérée des premiers instants d’une recomposition familiale. Une réelle réussite et un très beau roman. »

« Dans une forme morcelée, elliptique, fractionnée, elle nous entraîne dans le quotidien d’une mère qui ne cesse de courir après le temps. Un portrait d’une famille contemporaine, touchante dans ses difficultés et ses réussites. Ce livre me parle tellement, c’est mon quotidien qui y est décrit. » Aurélie

Extrait

« Elle rajuste son soutien-gorge, sa chemise, et quitte la chambre du bébé. Parvenue dans le séjour, elle jette un œil à sa montre, déjà dix-huit heures. Elle s’agenouille pour rassembler les jouets qui ont volé dans toute la pièce, en trouve sous le radiateur et, de fil en aiguille, se contorsionne pour regarder sous les meubles, une joue sur le parquet. Affairée, rapide, elle compresse les peluches dans le panier qui leur est dévolu, les hochets et jouets de dentition dans la corbeille. Elle secoue le tapis d’éveil, le plie en quatre et le dissimule dans un tiroir. En quelques minutes c’est rangé, le salon devient un lieu d’adultes.

Par la fenêtre, le nuage d’orage lui apparaît. Énorme, anthracite, captivant. Il enfle et noircit au-dessus des toits. Progression lente, mais incontestable. La femme semble assujettie à cette météo qu’elle n’attendait pas. Le nuage éclate en gerbe drue et arrose l’avenue en contrebas. La pluie crible la résine du balcon ainsi que toutes les vitres, s’infiltrant par les impostes. L’appartement est plongé dans l’obscurité. La femme appuie sur l’interrupteur du couloir et s’empresse de tâtonner dans le placard, à l’emplacement des serpillières, elle court d’une pièce à l’autre, ferme les fenêtres et essuie les sols à grands gestes. Elle se dirige vers leur armoire à habits, saisit des serviettes éponges et en fait des rouleaux qu’elle dispose devant chaque appui de fenêtre. Les gouttes chargées d’on-ne-sait-quoi sont cerclées d’un minuscule anneau brunâtre. »

De la même autrice

Le Jour des silures
Le Jour des silures

Dans un futur proche, la montée des eaux a eu lieu. Jeune présidente d’une ville pratiquement engloutie, Colombe croit à la décrue. Alors que la population se serre dans les derniers étages des immeubles et mène une vie nouvelle, communautaire, aquatique, Boris et Salömon, un duo de scaphandriers, plongent dans…

L’Épouse
L’Épouse

Janvier 1974, Gaza. L’Anglaise Piper emménage avec son mari, délégué humanitaire. Leurs semaines sont rythmées par les vendredis soir au Beach Club, les bains de mer, les rencontres fortuites avec la petite Naïma. Piper doit se familiariser avec les regards posés sur elle, les présences militaires, avec la moiteur et…

Neiges intérieures
Neiges intérieures

Artémis : seize mètres d’aluminium, taillé pour les mers de glace. Quatre architectes paysagistes embarquent sur ce voilier pour étudier le territoire du cercle polaire arctique. En plein cœur d’une nature extrême, soumis à une promiscuité qui fait de ce voyage un huis clos, ils vont être confrontés…

Carnets ferroviaires. Nouvelles transeuropéennes
Carnets ferroviaires. Nouvelles transeuropéennes

Que ce soit de Lausanne à Paris, de Vienne à Genève ou de Glasgow à Londres, chacun des treize auteurs de ce recueil situe son histoire à bord d’un train qui parcourt l’Europe. À l’occasion d’un long trajet en chemin de fer, l’une se souvient de son voyage dix ans…

Parti voir les bêtes
Parti voir les bêtes

Il arpente campagne, forêts et bitume ; il hume, écoute, observe. Réinstallé dans le village de son enfance, il fréquente une poignée de paysans, s’occupe de Cyril, son filleul, s’éprend de Claire, bricole des meubles.
Il parle peu, parle mal. La modernité et l’urbanisation de sa contrée le rongent.…