parution janvier 2021
ISBN 978-2-88927-833-6
nb de pages 352
format du livre 105 x 165 mm

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Max Lobe

Confidences (poche)

résumé

De retour au pays, Max Lobe est parti dans la forêt bassa rencontrer la vieille Mâ Maliga pour qu’elle lui raconte ce qu’elle sait du mouvement de l’indépendance au Cameroun et de son leader Ruben Um Nyobè. Confidences est le récit de cette femme volubile et espiègle, qui a vécu dans sa chair la résistance contre la puissance coloniale. En racontant, elle n’oublie pas de boire, et de faire boire son interlocuteur. C’est donc avec un mélange de légère ivresse et de profonde gravité que le lecteur découvre l’histoire de l’indépendance du Cameroun et de sa guerre cachée.

Préface d'Alain Mabanckou

biographie

Né à Douala en 1986, Max Lobe grandit dans une famille de sept enfants. Il arrive en Suisse à l’âge de 18 ans, deux ans après l’obtention de son Bac. À Lugano, il suit des études de Communication et journalisme. Passionné d’histoire et de politique, il suit un Master en Politique et Administration publique à l’Institut des Hautes Etudes en Administration Publique de Lausanne. Il est établi aujourd’hui à Genève. Ses textes, tous publiés aux éditions Zoé, comprennent notamment 39 Rue de Berne (2013), Confidences (2016, Prix Amadou Kourouma 2017), ou encore La Promesse de sa Phall'excellence (2021).

S'inspirant de la littérature traditionnelle africaine ainsi que des réalités de l'immigration en Suisse, Max Lobe traite des thématiques comme l'homophobie, la religion, la violence et de la situation des personnes sans-papiers.

Le français dans le monde

"Avec un peu de boisson et un grand talent de conteuse, la grand-mère du narrateur raconte à son petit-fils « sa » résistance à la colonisation. Une plongée individuelle et collective dans la guerre d’indépendance du Cameroun."

Le Port de tête

"Je viens de terminer cette pépite et je suis sans mots. L'impression de découvrir un nouvel auteur, une autre écriture, un autre récit de l'histoire, une autre réalité. Dans Confidences, Max Lobe reviens au Cameroun, à la rencontre de la vieille Mâ Maliga. De cette femme en pleine forêt, il apprendra l'histoire du mouvement de l'indépendance du Cameroun et de l'emblématique Ruben Um Nyobé, figure de cette révolution. Entre alcool de Palme, de rires et de larmes, toute la mémoire de Mâ Maliga refait surface. C'est magnifique. C'est bouleversant." Leo

Loin de Douala

Jean et Simon sauront-ils retrouver Roger ? Ce dernier a fui une mère colérique pour courir après son rêve, devenir une star du football. Quitter Douala, passer par le Nigeria pour gagner l’Europe : dans le jargon, on appelle ça boza. Loin de Douala nous entraine au cœur des péripéties initiatiques des deux jeunes garçons vers le nord du Cameroun, région à la nature somptueuse, quoique sinistrée par le groupe Boko Haram. Entre gravité, urgence et légèreté, Max Lobe excelle à restituer les atmosphères qui règnent dans la rue, les trains, les commissariats de police ou les bars mal famés.

La Promesse de sa Phall'Excellence (2021, domaine français)

La Promesse de sa Phall'Excellence

AcaDa-Writa est le raconteur d’histoires de la république de Crevetterie. Pilier de bar, il trompe l’attente du peuple crevettard avec sa panoplie de fables. Dans sa tête, le fou occupe beaucoup de place. Et se manifeste sans crier gare, s’emparant de la bouchanus de son hôte pour réclamer l’avènement du Grand Jour que tout le monde attend, celui où Sa Phall’Excellence et Sa Clith’Altesse apparaîtront devant le peuple pour lui accorder sa part de richesse. Mais seuls les percepteurs de l’impôt royal toquent aux portes des habitants pour leur soutirer leur bien le plus intime et précieux.

Dans une langue pleine de fulgurances, Max Lobe façonne l’univers tyrannique et carnavalesque de La Promesse de sa Phall’Excellence.

Loin de Douala (2018, domaine français)

Loin de Douala

Le petit Jean, un pied encore dans l’enfance un autre dans l’adolescence, et le grand Simon sauront-ils retrouver Roger ? Ce dernier a fui une mère injuste et colérique pour courir après un rêve, devenir une star du football. Partir de Douala, suivre la filière clandestine afin de sortir du pays, passer par le Nigeria pour finir en Europe : cela s’appelle faire « boza ».

Les péripéties de Jean et Simon aux trousses de Roger ont tout du voyage initiatique : ils découvrent le nord du Cameroun, une région à la nature somptueuse mais sinistrée par Boko Haram et la pauvreté, goûtent aux fêtes, mais Jean se confronte aussi à l’éloignement d’avec la mère, à l’apprentissage du manque et d’une identité sexuelle différente.

Max Lobe, avec sa gouaille et son humour, excelle à donner la parole à ses personnages, à restituer les atmosphères qui règnent dans la rue, les trains, les commissariats de police, les marchés ou les bars mal famés.

39 rue de Berne (poche)

Habitant avec sa mère Mbila la rue de Berne, Dipita jette un regard vif et joyeux sur ce quartier chaud de Genève. C’est là qu’à 16 ans, Mbila, arrivée du Cameroun, a été brutalement projetée dans la prostitution. Depuis, elle se débrouille et raconte sa vie à Dipita, qui aime l’écouter ; il aime aussi son oncle resté au pays, même si c’est lui qui a jeté sa mère dans les filets des « Philantropes-Bienfaiteurs ». Mais c’est l’univers exclusivement féminin des prostituées du quartier qu’il aime par-dessus tout, leurs commérages, leur générosité et leur tolérance.

Dans une langue très colorée et vivante, le narrateur décrit avec finesse aussi bien la réalité des Africains sans papiers que les paradoxes et les souffrances d’un tout jeune homme noir et homosexuel.

Découvrir le roman en vidéo ici

 

Confidences (2016, domaine français)

Confidences

Max Lobe est retourné chez lui. Il est allé dans la forêt camerounaise rencontrer Ma Maliga pour qu’elle lui raconte ce qu’elle sait du mouvement de l’indépendance au Cameroun et de son leader Ruben Um Nyobè. Le roman est le récit de Ma Maliga, femme vive et espiègle malgré son âge bien avancé, volubile, généreuse, digressive, dotée d’un bon sens stupéfiant. En racontant, elle n’oublie pas de boire, et de faire boire son interlocuteur. C’est donc avec un mélange de légère ivresse, en tout cas une grande allégresse, et de profonde gravité, que le lecteur découvre l’histoire de l’indépendance du Cameroun et sa guerre cachée. 

 
 

La Trinité bantoue (2014, domaine français)

La Trinité bantoue

Mwána vit dans un pays au cœur de l’Europe, avec ses cousins blancs qu’il connaît bien. Certains parmi eux sont décidés à chasser les moutons noirs de leur territoire. La traque est lancée, les esprits s’échauffent. C’est dans ce contexte que Mwána cherche un emploi. Et rien n’est gagné.

Le jour où il décide de dépenser ses derniers centimes pour entendre la voix de sa mère restée là-bas, au Bantouland, sa vie se fige dans une parenthèse douloureuse. Mwána ne la reconnaît plus. Ah Nzambé ! Il traverse des moments cailloux dont il sait malgré tout savourer le sel. Grâce à son esprit vif et profondément joyeux, grâce à Ruedi le rouquin, à Madame Bauer la passionaria, ou encore grâce à Kosambela, sa sœur très catholique.

 

Avec La Trinité bantoue, Max Lobe précise et approfondit cette écriture inventive, chatoyante et visuelle initiée dans 39, rue de Berne qui l’a révélé comme un auteur prometteur.

39 rue de Berne (2013, domaine français)

39 rue de Berne

A 16 ans, la mère de Dipita atterrit du Cameroun en Europe, où elle est brutalement plongée dans le monde de la prostitution. Depuis, elle se débrouille. Sa naïveté, sa générosité et sa beauté lui permettent de survivre, malgré un «camion de haine dans son ventre ».

Elle raconte sa vie à Dipita, qui aime autant l’écouter que lui couper la parole pour continuer l’histoire lui-même. Dipita aime aussi son oncle et sa manière de vitupérer à longueur de journée les huiles de son pays, même si c’est lui qui a jeté sa mère dans les filets des « Philantropes-Bienfaiteurs ». Dipita aime encore celles qu’il appelle « ses mères » ; elles participent à son éducation, aux commérages et aux réunions de l’AFP (association des filles des Pâquis) et elles accepteront de manière déconcertante que leur petit Dipita devienne comme ça.

Dans une langue haute en couleurs et inventive, le narrateur décrit avec finesse aussi bien la réalité des Africains sans papier que les paradoxes et les souffrances d’un tout jeune homme noir et homosexuel.

Ouvrage disponible en poche : http://editionszoe.ch/livre/39-rue-de-berne-1

 

 

Confidences (poche): extrait

I

 

Voilà, ça y est. Je suis dans l’avion qui m’amène à Douala.

Retour au pays.

Mon cœur bat si fort.

La joie, mais aussi la peur de rentrer à la maison.

Douala, j’y ai vu le jour et passé les dix-huit premières années de ma vie.

J’y ai grandi sans presque jamais me rendre dans une autre ville du pays. À l’exception de Yaoundé, la capitale.

Doualaien, qu’est-ce qui fait de moi un Camerounais ?

Cela me rappelle des amis genevois qui, malgré l’excellent réseau ferroviaire suisse, n’ont jamais traversé la Sarine à Fribourg pour se rendre en Suisse dite alémanique.

Qu’est-ce qui fait d’eux des Suisses ?

Pourquoi se décider seulement maintenant à retourner au pays ?

Kamerun : une guerre cachée aux origines de la Françafrique (1948-1971).

J’ai assisté à une présentation de ce livre à Genève, en présence de deux de ses co-auteurs : Thomas Deltombe et Jacob Tatsitsa.

Ils abordent la guerre d’indépendance du Cameroun dans les années 50.

La découverte de mon ignorance m’exaspère.

Je lis abondamment sur le sujet. Je creuse et des nappes de questions apparaissent : je décide de faire le pas du retour au pays.

Encore une petite hésitation.

Il me vient alors un si beau passage de L’Énigme du Retour de Danny Laferrière :

« On naît quelque part, si ça se trouve, on va faire un tour dans le monde, voir du pays, comme on dit,

Y rester des années parfois, mais, à la fin, on revient au point de départ. »

Mais, à la fin, on revient au point de départ.

Il était temps de retourner vers cette terre mal connue.

Surtout vers cette histoire récente, si peu abordée, voire gommée.

Sciemment.

 

 

II

Mon fils, que personne ne te raconte des histoires : que tu viennes de Douala ou de Yaoundé, il te faut seulement passer par Boumnyébel pour arriver dans mon village-ci où nous sommes là maintenant, à Song Mpeck. C’est obligé oh ! Ou ça ou rien ! Sauf si tu décides par toi-même de contourner par le ciel. Mais là, hum, je ne sais pas, moi, comment ça se trame, hein. De ma vie à moi, je n’ai jamais mis mes pieds dans un avion. Je n’en ai même pas encore vu un, comme ça, de mes propres yeux-ci ; sauf peut-être quand ça vole ici en haut, au-dessus de nos forêts, en nous cassant les oreilles avec son bruit. Tu m’entends ? Vous autres qui vivez de l’autre côté là-bas chez les Blancs, vous êtes les seuls à savoir où vous trouvez votre part de courage pour monter en dedans de ces appareils-là oh !

La route que tu as prise pour venir ici, celle-là qui relie Douala et Yaoundé a été construite il y a des années et des années maintenant par notre Papa président. Nyambè Lui seul sait quelles bénédictions Il lui versera pour cela. Mais tu sais quoi, mon fils ? Certaines mauvaises langues se sont très vite déroulées mille et deux mille fois pour dire que c’est seulement par chance que la route-là passe aussi par ici, à Boumnyébel. Je ne sais pas, moi, hein, pourquoi les gens aiment trop taper leur bouche-là sur des problèmes qui ne les regardent pas et qui les dépassent même en taille. Tu comprends ce que je te dis là ? Les bouches ont raconté partout ici dans la région que notre Papa président ne nous avait même pas dans ses plans ni en dedans de sa tête à lui lorsqu’il a demandé à ses gens de goudronner l’axe lourd Douala-Yaoundé. Mais voilà, ce qu’elles oublient, ces longues bouches-là, c’est que chance ou pas chance, nous aussi nous avons maintenant une bonne route pour arriver à notre village. Est-ce que ce n’est pas une bonne chose ?

Ah mon fils, qu’on ne te mente pas, avoir une route bitumée dans ce pays-ci, c’est une très bonne chose. C’est une chance. À mon époque à moi ? Oh que c’était différent ! Très différent même …

Ékiééé ! Je suis déjà là en train de discuter avec toi alors que je ne vous ai même pas encore souhaité la bienvenue, ni à toi ni à mon fils Makon qui t’accompagne ici. J’espère que vous avez fait un bon voyage, parce qu’en ces temps de fin d’année-ci, en décembre comme là-là maintenant, les gens meurent beaucoup sur nos routes. Un-deux, c’est un accident. Un-deux, ce sont des morts partout ! Je te jure. Wuyè !

 

Ah Makon ! Est-ce que tu peux aller dans ma cuisine, là-bas derrière la maison, pour me chercher une dame-jeanne de matango. C’est du très bon vin de palme. C’est un de mes fils du village qui me l’a rapporté hier en rentrant de son champ. Non. Attends. Tel que je te connais, toi Makon, tu risques de ne nous rapporter que la moitié de la bouteille ou même la bouteille vide. Est-ce qu’on peut demander au chat de contrôler du poisson ? Reste donc ici avec notre invité, j’irai moi-même chercher ce matango-là.