Domaine allemand
Parution Jan 2026
ISBN 978-2-88907-547-8
240 pages
Disponible

Traduction de l'allemand par Camille Luscher

Lukas Bärfuss

Les miettes

Domaine allemand
Parution Jan 2026
ISBN 978-2-88907-547-8
240 pages

Traduction de l'allemand par Camille Luscher

Résumé

Fille d’immigrés italiens et petite-fille d’un partisan de Mussolini, Adelina naît à Zurich dans les années 50. Elle a dix-huit ans lorsque, à la mort de son père, elle hérite de ses dettes. Forcée d’interrompre son apprentissage pour entrer à l’usine, elle rencontre Toto, un saisonnier italien dont elle tombe amoureuse. Mais peu après la naissance de leur fille, Toto disparaît. En ce début des années 70, dans une Suisse que l’essor économique rend impitoyable, Adelina n’a pas le choix : elle va devoir faire confiance à des hommes qui ne veulent pas tous son bien.

En racontant tambour battant la vie quotidienne de son héroïne – cette mère célibataire, précaire et épuisée, mais qui ne se résigne pas –, Lukas Bärfuss brosse une redoutable fresque de la société libérale et signe un grand roman sur l’injustice et la dépossession.

Auteur

Lukas Bärfuss

Né en 1971, Lukas Bärfuss vit à Zurich. Aujourd’hui, il est l’un des auteurs germanophones les plus connus. Politique, combatif, dans la tradition des grands intellectuels allemands, il se bat pour un monde où les valeurs de l’esprit l’emporteraient sur celles de l’économie. Avant de  vivre de sa plume, il a été ferrailleur et jardinier, puis a repris une librairie. Bärfuss se confronte aux questions de société, en particulier celles qui concernent les plus faibles. Ses textes, Lukas Bärfuss les imprègne d’une force rythmique qui vient de son expérience de dramaturge. Il en ressort un puissant effet de réalisme.

« Lukas Bärfuss s’inscrit résolument dans la lignée des Max Frisch, Friedrich Dürrenmatt ou Adolf Muschg, celle des écrivains citoyens ». Catherine Bellini, L’Hebdo

Dans les médias

« L’écrivain suisse signe une fresque romanesque consacrée au parcours d’une jeune femme, Adelina, née à Zurich, contrainte de travailler dès ses 18ans et très vite mère célibataire. Combative, elle refuse de se résigner malgré les difficultés, les coups durs, les injustices et la dépossession dans la Suisse des années 70. » Julie Vasa

« Personne ne sait où a commencé le malheur d’Adelina, mais peut-être faut-il remonter bien avant sa naissance. » La première phrase des Miettes, nouveau roman de l’auteur suisse allemand Lukas Barfuss met le doigt sur le point névralgique de ce récit : le déterminisme social. On est loin pourtant d’un texte didactique. D’une splendide fluidité, ce récit (très bien traduit par Camille Luscher) entraîne au contraire le lecteur dans un courant au réalisme maîtrisé et au style précis. Tout y est limpide et, en même temps, d’une implacable violence.

(…)

Ce roman captivant aux allures de chronique, dont les dernières pages sont bouleversantes, est annoncé comme la première partie d’une trilogie. On guette la suite avec impatience. » Pierre Deshusses

« L’écrivain et dramaturge suisse dévale la pente d’une vie à plein régime. Ici tout caracole, les phrases comme les déconvenues. Au pas de charge, la pauvre Adelina va de désillusions en humiliations, de mésaventures en désenchantements. (…) L’auteur refuse toute lueur et montre l’engrenage produit par une société féroce – capitaliste, industrielle, égoïste – broyant les plus petits sur son passage. (…) Et on souffre avec elle de cette démonstration aussi cruelle que parfaitement consciente. » Julia Vergely

« Le livre se clôt sur une tension morale impossible à résumer sans trahir la dernière page ; disons seulement qu’elle met en collision maternité, dette et nécessité, laissant le lecteur face à la brutalité silencieuse d’un monde où l’innocence a, elle aussi, un prix. Il fallait cette écriture sèche, dénuée de tout gras sentimental, pour rendre aux “miettes” de la société leur terrifiante densité humaine. »

Une chronique de Philippe Martinez à lire ici

«Les six années qui suivirent furent les plus heureuses de leur vie.» Lukas Bärfuss ne s’appesantit pas sur le bonheur. Le voilà expédié en douze mots. Les heures sombres vont mieux aux Miettes, nouveau roman de l’auteur alémanique qui déploie la lutte d’une femme, Adelina, pour garder la tête hors de l’eau. » Frédérique Fanchette

« On le compare souvent à Friedrich Dürrenmatt ou à Max Frisch, ces écrivains qui osent regarder là où ça fait mal, là où la Suisse préférerait détourner le regard. Avec Les miettes, Lukas Bärfuss nous plonge dans les recoins sombres de notre prospérité, qui met en lumière la pauvreté cachée, celle qu’on peine à assumer. »

Lukas Bärfuss, invité de Pietro Bugnon dans La Matinale, à écouter ici

« Au gré de notations simples et directes (le livre se lit presque d’une traite), l’écrivain observe une descente aux enfers de la pauvreté par cette pionnière des segundos qui se bat pour conserver sa dignité. (…) Après une trame helvétique à la Zola, l’Italie ressurgit et, avec elle, des péripéties qui permettent de changer l’axe de cette déchéance annoncée.
À la morosité zurichoise succèdent des aléas italiens plus hauts en couleur. Plus directement politiques, plus rocambolesques aussi. Mais même hors des sentiers battus, il est difficile de gagner plus que… des miettes. «À présent, te voilà débarrassée de tout espoir.» Boris Senff

« Bärfuss, qui a connu la pauvreté – il fut SDF, ferrailleur… – raconte dans ce texte écrit à l’os le combat perdu, faute de posséder le moindre atout si ce n’est son corps, d’Adelina pour sa dignité et pour sa fille Emma, dans une Suisse sans chaleur, sans compassion «ce joli, ce riche, ce merveilleux pays». «II n’arrivait aucun malheur, le malheur était la vie», assène ce récit noir mais profondément émouvant de la chute d’une femme. » François Montpezat

« Sans défense malgré son bon sens, sans haine et sans brutalité, analphabète comme il en existe tant qui soigneusement se cachent, Adelina est une Cosette des temps modernes, une enfant soumise qui va se rebiffer, et devenue adulte, une femme trompée qui va conquérir une sorte de dignité, à sa façon, radicale, et totalement inattendue pour le lecteur.
(…)
Avec Les Miettes, dont la traduction de Camille Luscher épouse la musicalité de la narration, Lukas Bärfuss donne toute leur puissance aux mots justice et liberté. II suit avec tendresse les désarrois et les audaces de de sa petite Mère Courage. Celle qui décide de faire front. Enfin. » Martine Laval

« On avait déjà aimé Les névroses sexuelles de nos parents ou encore ses multiples mises en scènes théâtrales. Aujourd’hui, l’écrivain suisse Lukas Bärfuss offre un nouveau récit aride rapportant à quel point le sexisme de la société est capable d’aliéner les femmes. (…) Un passionnant destin féminin, servi par l’écriture abrupte de Bärfuss. »

« Les 6 meilleurs romans étrangers de la rentrée littéraire d’hiver », un article de Sophie Rosemont à lire ici

« Adelina est dans les mains d’une machine, elle est un objet qui se débat sur un tapis roulant. « Tout le monde aimerait un destin singulier, même affreux, sans espoir. Tout le monde préfère être une exception. […] Toi aussi, tu crois que c’est ton histoire qui t’a conduite dans cette pièce, les décisions que tu as prises. Mais tu n’as pas d’histoire à toi », annonce le romancier Lukas Bärfuss. Sa démonstration est implacable. » Colombe Schneck

« La traduction de Camille Luscher restitue avec finesse et sobriété la progressive désagrégation d’Adelina, ses contradictions et ses échecs. Le dernier tiers du livre décrit une forme d’effacement du personnage, que le lecteur sent s’éloigner à regret. Les miettes est un titre qui suggère autant l’effritement d’un être que les rares bonheurs d’une vie précaire. Peut-être faut-il aussi le comprendre comme les particules d’un espoir en des lendemains meilleurs. » Geneviève Bridel

« Les Miettes, le nouveau roman de Lukas Bärfuss traduit par Camille Luscher, avance ainsi, par les yeux d’Adelina, au rythme de sa foulée, de son énergie pour ne pas couler, de la Suisse où elle est née à l’Italie, le pays de ses parents, où la lutte armée attire comme le chant des sirènes.
(…)
Lukas Bärfuss est l’une des voix les plus fortes de la littérature de langue allemande, traduit dans une vingtaine de langues, une figure aussi de l’intellectuel lanceur d’alerte qui prend position comme on entre dans l’arène.
(…)
En suivant Adelina, agent révélateur de ce que la Suisse prospère ne veut pas voir, Lukas Bärfuss met au jour les mécaniques de l’exclusion, dont les rouages sont d’autant plus huilés quand ils s’abattent sur les femmes. »

Un entretien mené par Lisbeth Koutchoumoff à lire ici

« Distingué en 2019 par le prix Georg-Büchner, auteur de pièces de théâtre jouées un peu partout dans le monde, cet écrivain suisse bâtit splendidement son œuvre. (…) Lukas Bärfuss va vite. Il mène ses mots à la baguette et chasse de ses phrases superflu et lamento, ce qui est une définition possible du talent et la promesse d’heures de lecture suspendues. » Anne Crignon

« En racontant le quotidien de cette jeune mère célibataire, rejetée par une société conservatrice et libérale, Lukas Bärfuss dresse un portrait bouleversant. »

« Bärfuss construit un récit où chaque détail prend valeur de symptôme : le loyer impayé, le cure-dent du propriétaire « mâchonné » laissé sur la table, ou les petits billets d’Emma ramassés au parc. Cet art du signe minuscule — de la « miette » — donne au roman son relief moral, presque tactile.
(…)
La prose de Bärfuss, dans la traduction élégante de Camille Luscher, se distingue par une sobriété vibrante. Le vocabulaire technique surgit parfois, comme pour rappeler la mécanique implacable qui broie les individus. Mais la phrase reste souple, mobile, attentive au moindre geste. Rien n’est emphatique : la violence est donnée frontalement, sans effets.
(…)
Bärfuss ne prétend pas offrir de rédemption. Il propose mieux : une immersion totale dans une existence fragile, rendue avec honnêteté et finesse. Les Miettes est un roman qui serre la gorge, mais dont la justesse et la densité émotionnelle laissent longtemps une trace. »

Un article de Nicolas Gary à lire ici

« Dans Les miettes, qu’il a lui-même adapté au théâtre, comme dans ses pièces, Lukas Bärfuss nous aspire dans le vortex de la précarité d’une vie d’immigrés dans la Zurich des années 1970. D’une plume véloce et acérée – nous rappelant La femme gauchère de Peter Handke – se déroule, implacable, ce récit d’impossible émancipation. Ainsi Lukas Bärfuss met-il en branle les mâchoires d’un destin qui mastiquent cruellement les espoirs de ses protagonistes en se jouant de leur illusion de libre arbitre. » Sean Rose

Coups de cœur

« Nous sommes dans les années 70, mais le système qui régit encore nos vies y dévoile jour après jour son visage hideux, écrasant sans relâche l’infortunée Adelina, jusqu’à ce qu’elle décide de ressaisir son destin et tente une sécession d’avec cette société impitoyable. Seule, avec une fillette issue d’une union évanouie – le père ayant disparu sans laisser de traces –, Adeline se risque à un saut dans l’inconnu. Parviendra-t-elle à s’en extraire ? C’est là que réside le suspense de ce roman social d’une acuité remarquable. L’héroïne devra puiser en elle la force de traverser ces épreuves, survivre et arracher sa fille à la reproduction d’une condition sociale inéluctable. Quiconque apprécie la veine « brechtienne » en littérature, cette observation à la fois âpre et précise des vies ouvrières, se doit de s’immerger dans ce roman aussi magnifique que brutal. Bärfuss rend un visage et une voix à ceux que l’on ne regarde pas – rareté précieuse dans le paysage littéraire contemporain. À lire absolument si vous aimez les récits engagés et les personnages qui se battent pour se sauver des rouages d’une société sans pitié. »

« Notre monde est cruel, et Adelina l’apprendra au fil de sa vie tissée de mésaventures. L’écriture en panique de ce roman nous entraîne dans une chevauchée douloureuse où le destin de la protagoniste nous rappelle notre propre destin, tenu en fragile équilibre devant l’évolution des faits. Nous, Adelina : simples chiffres négligeables dans un tableau froid et inhumain. Aucune issue n’est-elle plus possible ? Aucun impossible n’est-il plus envisageable ? »

« Portrait de la pauvreté, portrait d’une femme combattante broyée par la société libérale et qui peinera toujours à profiter des quelques miettes de bonheur éparpillées sur son chemin. Il vous sera impossible d’oublier la forte et fragile Adelina ! »

« À la manière des plus grands textes de la littérature ouvrière, Lukas Bärfuss raconte la destinée d’une jeune femme dont un héritage de dettes la jette dans le monde impitoyable du libéralisme économique des années 1970. De rencontres heureuses en désillusions, ce roman est une véritable réussite tant pour la qualité de sa trame narrative que pour ses personnages d’un grand réalisme ! »

« Jeune mère célibataire, Adelina mène une existence précaire, et pourrait n’avoir plus que son corps pour dernière monnaie d’échange. Bien que prise à la gorge par des dettes, elle s’engage pourtant dans une course effrénée pour ne pas couler. Un récit réaliste, et non misérabiliste, sur l’oppression économique et politique. Un texte puissant porté par une écriture épurée ! »

« Les Miettes raconte la vie d’Adelina à hauteur d’épuisement, de dettes et de décisions contraintes, mais aussi de ténacité. Lukas Bärfuss ne cherche jamais à attendrir : il observe, il montre, et laisse apparaître, à travers une trajectoire individuelle, la violence sourde d’un système qui ne protège pas les plus fragiles. On referme le livre avec le sentiment d’avoir accompagné une femme dans ce que la vie a de plus âpre et de plus injuste. Un roman fort, qui m’a captivée et me marquera durablement. » Caroline

« Adelina entre directement au Panthéon des héroïnes inoubliables ! Ce véritable conte tragique au milieu des années 1970 en Suisse décrypte sa bataille quotidienne pour une existence digne et heureuse. Foncez ! » Simon

« Raconter les victimes du déterminisme social, de l’injustice et de la dépossession

Une déchirante trajectoire de femme, comme souvent dans les livres du grand auteur suisse allemand Lukas Bãrfuss qui n’a de cesse de raconter les victimes du déterminisme social.

Avec une langue rythmée d’une très grande force, Lukas Bãrfuss nous entraine dans le tourbillon des pas chancelants d’Adelina mère célibataire au quotidien précaire. Tout est toujours sur le point de vaciller et tout tient aussi grâce à la langue qui rend l’énergie du désespoir d’une jeune mère pour ne pas sombrer quand la vie ne l’épargne pas et qu’elle est acculée.

Parler des plus fragiles, ou plutôt, donner voix aux plus fragiles dans les livres, n’est pas chose facile. Beaucoup d’auteurices tombent dans le misérabilisme, la bienveillance mielleuse, le roman ennuyeux ou le surplomb. Lukas Bãrfuss y parvient avec une extrême justesse et un vrai talent romanesque, peut-être que ce sens du rythme vient de son travail de dramaturge, et cette justesse de son expérience personnelle de l’extrême pauvreté lorsqu’il était enfant, puis adolescent à la rue. »

Extrait

« Elle ne manquait plus d’argent, Emil se montrait généreux, carrément prodigue, il n’y avait rien à déplorer, sauf le manque d’amour. »

Du même auteur

Cent jours, cent nuits
Cent jours, cent nuits

1994. En mission pour le développement au Rwanda , David Hohl voit son idéalisme s’émousser au fil des mois sur le terrain. Commence alors le génocide des Tutsis par les Hutus. Durant les cent jours et cent nuits que dure le massacre, David se tapit dans sa maison de Kigali.…

Le carton de mon père
Le carton de mon père

Quand son père meurt, Lukas Bärfuss refuse l’héritage, constitué essentiellement de dettes. Il ne garde qu’un carton, rempli d’une triste paperasse. Vingt-cinq ans plus tard, lors d’un grand rangement, il l’ouvre et passe en revue ce qu’il contient. Défile alors toute son enfance précaire.
À la lumière de l’Ancien…

Hagard
Hagard

Hagard raconte une perte de contrôle subite et totale. Philip, promoteur immobilier, la quarantaine, se met à suivre une femme inconnue qui porte des ballerines bleu prune. En trente-six heures, il sacrifie à sa poursuite ses rendez-vous, ses voyages, son assistante, sa voiture et son enfant. Philip emporte…

Koala
Koala

Voici le récit d’un destin, celui d’un homme qui a choisi de se suicider. Et d’une enquête, celle du narrateur qui cherche à savoir pour quelles raisons son frère, sur lequel il sait si peu de choses, a décidé d’arrêter de vivre. Il se retrouve confronté à un important silence,…