parution août 2018
ISBN 978-2-88927-579-3
nb de pages 144
format du livre 140x210 mm

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Elisa Shua Dusapin

Les Billes du Pachinko

résumé

Claire va avoir trente ans et passe l’été chez ses grands-parents à Tokyo. Elle veut convaincre son grand-père de quitter le Pachinko qu’il gère pour l’emmener avec sa grand-mère revoir leur Corée natale, où ils ne sont pas retournés depuis la guerre. Le temps de les décider à faire ce voyage, Claire s’occupe de Mieko, une petite Japonaise à qui elle apprend le français. Elisa Shua Dusapin propose un roman de filiation, dans lequel elle excelle à décrire l’ambivalence propre aux relations familiales. Elle dépeint l’intériorité de ses personnages grâce une écriture dépouillée et plonge le lecteur dans une atmosphère empreinte d’une violence feutrée où l’Extrême-Orient joue son rôle.

biographie

Née d’un père français et d’une mère sud-coréenne, Elisa Shua Dusapin grandit entre Paris, Séoul et Porrentruy. Aux éditions Zoé, elle a publié Hiver à Sokcho (2016), Les Billes du Pachinko (2018) et Vladivostok Circus (2020). Son œuvre est traduite ou en passe de l’être dans une douzaine de langues. Hiver à Sokcho, lauréat d’un National Book Award 2021, est en cours d’adaptation cinématographique par le réalisateur Koya Kamura.

Elisa Shua Dusapin, lauréate d'un prix suisse de littérature 2019 pour "Les Billes du Pachinko"

« Comment parler aux siens quand on n’en partage plus totalement la langue? L’exil est-il plus dur quand on songe au pays? Comment passer sans dommage d’un monde à l’autre? Entre Asie et Occident, Elisa Shua Dusapin propose ses réponses subtiles. » 
Eléonore Sulser au nom du jury fédéral de littérature
 
 
Remise des Prix suisses de littérature: jeudi 14 février 2019 à 18h
à la Bibliothèque nationale à Berne.
 
Présentation des primés, biographies et photos de nominés, programme des tournées de lecture:
 
2 minutes avec l'auteur:

Elisa Shua Dusapin lauréate du Prix Ève 2019 (Académie romande) pour "Les Billes du Pachinko"

Elisa Shua Dusapin, lauréate du Prix Alpes-Jura 2019 pour "Les Billes du Pachinko"

Le français dans le monde

"La trame de ce roman [est faite] de murmures et de sensations, d’intentions et de réserves, de bribes de confidences livrées dans la brume des souvenirs et le tumulte du quotidien tokyoïte." B.M.

Revue Choisir

"Comment se relier à ses racines, alors même que ceux qui pourraient transmettre la mémoire familiale préfèrent se taire ?  Avec son écriture dépouillée et délicate, Elisa Shua Dusapin nous fait vivre, presque physiquement, cette déchirure. (…) La succession sans fin des phrases très courtes qui composent ce roman, tout en sobriété extrême-orientale, permet à chacun de remplir les trous, d’habiter le texte. Des haïkus en prose…" Lucienne Bittar  

Viceversa Littérature (Revue)

"Dans ce deuxième roman, Elisa Shua Dusapin, avec le style épuré qui caractérisait déjà Hiver à Sokcho (2016), aborde de nombreuses thématiques, qu’elle enserre dans une trame romanesque pleine de finesse. Le jeu y occupe une place importante, mais aussi les relations entre générations, les problèmes de communication, le déracinement, les sentiments d’impuissance et de solitude." C.G.

Tribune de Genève

"Fascinée par les failles humaines, elle façonne un monde poétique."

Un portait d’Elisa Shua Dusapin par Sébastien Jubin à lire ici

France 3

"A la rencontre de japonités différentes"

Les billes du pachinko d’Elisa Shua Dasapin présenté dans « Un livre un jour ». A revoir ici 

Le Temps

"Après Hiver à Sokcho, c’est l’été à Tokyo dans Les billes du pachinko, second roman d’Elisa Shua Dusapin. Rien de pittoresque pourtant dans ce récit qui creuse entre l’Occident et l’Extrême-Orient, qui scrute les failles, dessine l’exil, dit, par touches subtiles, le fossé des générations et des langues." E. SR

Paris Match édition suisse

"Épreuve souvent redoutée que celle du deuxième roman, relevée avec brio par Elisa Shua Dusapin ! Et le challenge était d’envergure au regard de la reconnaissance dont avait bénéficié « Hiver à Sokcho »(Zoé, 2016). C’est à un été à Tokyo que la jeune auteure nous convie cette fois, dans un style extrêmement épuré, aux mots évocateurs. (…)

Elisa Shua Dusapin livre habilement plusieurs réflexions très intéressantes sur l’exil politique, la filiation, l’identité et l’on s’émerveille de la richesse des thèmes abordés en si peu de pages ! Si l’on peut se construire sans nécessairement parler la même langue, il apparaît en revanche impossible d’y parvenir sans connaître ses origines. Avec « Les billes du pachinko », elle signe un livre dense, dans la droite ligne du précédent, centré sur les rapports qu’entretiennent les hommes lorsqu’ils sont de culture ou de générations différentes." Julie Vasa

Le Monde

"Avec Les Billes du Pachinko, son deuxième roman, l’auteure franco-coréenne poursuit son exploration, commencée dans Hiver à Sokcho (Zoé, 2016), de la thématique des racines et du départ, de la famille qu’on laisse et de celle que l’on emporte avec soi. Se déploie ici, avec encore plus de justesse et de précision, une écriture de la sensation, du goût, des parfums et, donc, en définitive, du souvenir, qui dessine par petites touches des personnages sensibles, travaillés par des identités contradictoires." Violaine Morin

Lecteurs.com

"L’écriture pleine de sensibilité et de délicatesse d’Elisa Shua Dupin nous charme, le sujet nous touche : la quête de sens de l’héroïne, ses hésitations, sa relation avec ses grands-parents, mais surtout la vie de ces personnes âgées, exilées avec tout ce que cela implique par rapport à leurs attaches et leur pays d’origine. Elisa Shua Dupin décrit d’une très belle façon l’ambiguïté des sentiments des personnes ayant quitté leur pays d’origine. Une belle découverte !" Lilia Tak-Tak

"Je suis entrée dans ce livre comme dans un film d’Ozu mais revisité par Chaplin. J’ai été happée par la minutie des descriptions tant des lieux que de la gestuelle quotidienne. Le lecteur se retrouve englouti dans la cocasserie de certaines situations, pour ne pas dire loufoquerie. La lecture de ce livre se fait tout en flottement, nous revisitons une culture tellement différente de la nôtre, c’est un dépaysement total." Chantal Lafon

Livres & Bonheurs

"Une écriture si fine, presque silencieuse sans jamais être avare, loin du bruit du pachinko. Une écriture quasi chirurgicale et brillante qui mêle et démêle culture et passé.

Les silences hantent, les racines se cherchent et les incompréhensions se font abyssales. Une quête d’identité, une quête des autres magistralement mise en mots par une jeune écrivaine qui n’a pas fini de nous éblouir !"

RTS- La Première

"Savez-vous d’où vous venez, qui vous êtes et où vous allez ?

C’est peu dire que ce roman est une recherche d’identité à de multiples niveaux. La narratrice du roman nous entraine à sa suite dans ses doutes les plus intimes, comme si nous tentions de rester debout sur des billes de métal, comme celles que l’on voit dans les pachinkos au japon. Mais comment ne pas chuter irrémédiablement en patinant sur ce sol instable ?"

Elisa Shua Dusapin était l’invitée de Mélanie Croubalian dans l’émission « Entre nous soit dit ». A réécouter ici

Gauchebdo

"(...) L’écriture invite à un délicat flipper de sensations laissées en suspens, comme une bille lancée en l’air. L’enlisement des vies y est dépeint par un style à la fois organique, elliptique, gracieux et dissonant. (…)

Les livres de l’écrivaine suisso-franco-coréenne sont comme ces musiques hypnotiques qui vous accompagnent dans la vie, ses heurts, joies et chagrins. Et leurs personnages, insondables, qui chuchotent et esquissent des danses muettes, laissant une trace indélébile dans l’imaginaire du lecteur. (…)

Si Barthes et une citation de L’Empire des signes servent d’épigraphe au roman, c’est plutôt son essai, La Chambre claire que l’on retient : « Ne rien dire, fermer les yeux, laisser le détail remonter seul à la conscience affective », pour évoquer la force d’une écriture de la suggestion. En témoignent le monde de sous-conversations du roman, ces bribes de dialogues en apparence décousus et comme chapardées au réel le plus invisible.

En évoquant l’intériorité de ses personnages, Elisa Shua Dusapin parle de « la violence de thèmes », comme canevas d’une histoire quasi tchekhovienne, brassant les non-dits et silences articulés à des attitudes corporelles. (…)

Voici un récit qui suspend, un instant, un fragment de la réalité, dans le doute, dans l’entre-deux, le demi-jour. (...)"

Lire l'article de Bertrand Tappolet en entier ici 

RTS - la première

"Elisa Shua Dusapin raconte les êtres en décalage, pas complétement à leur place, poussés par des forces qui les dépassent. Peut-être le souvenir de quelque chose qui n’existe plus. Sa phrase est simple, épurée peut-être pour équilibrer la complexité des situations et des émotions. C’est un très très très beau roman."

Elisa Shua Dusapin était l'invitée de Christine Gonzalez dans l'émission Vertigo. A réécouter ici 

Coop magazine

"Dans ce second roman, la plume délicate d’Elisa Shua Dusapin dépeint la frustration des relations qu’on aimerait différentes, et explore la notion d’identité. Un thème cher à la jeune auteure franco-coréenne, qui a grandi entre Paris, Séoul et Porrentruy." TT

Les Notes Bibliographiques

"L'intrigue, très simple, sert de prétexte à l'exploration des sentiments de personnages pudiques, insaisissables, qu'il faut deviner, entre non-dits et demi-mots. L'affection des uns pour les autres ne peut s'exprimer que masquée. Sans doute parce qu'on est plongé dans un monde où se côtoient trois cultures, coréenne, nipponne et européenne. L'auteur explore, d'anecdote en anecdote, les relations familiales ou identitaires, avec les malentendus, souvent drôles, que suscite le passage maladroit d'une langue à l'autre. Le Japon évoqué ici dépayse tant il échappe aux clichés touristiques. Rien d'exotique dans ce roman mais une immersion respectueuse et poétique dans un ailleurs radical et dans l'étrangeté de chaque être."  A.-M.D. et C.B.

Télérama

"Est-ce un hommage ? La dame qui embauche l'héroïne pour donner des leçons de français à sa fillette, au dernier étage de l'immeuble 4488, dans un quartier de Tokyo en plein travaux, s'appelle Mme Ogawa. Or, on pense souvent aux histoires de Yoko Ogawa, en lisant ce second roman ciselé d'Elisa Shua Dusapin - dont le premier, Hiver à Sokcho, nous avait déjà aimantés. Qu'ont en commun la grande auteure japonaise et cette jeune écrivaine franco-coréenne établie en Suisse ? Même sens de l'irruption de l'étrangeté dans les situations les plus banales, même art de la loufoquerie inquiétante au bord du dérapage, même attention à la clairvoyance de l'enfance face aux adultes en régression.

Claire la Genevoise est donc de passage au Japon, chez ses grands-parents coréens établis à Tokyo, et doit enseigner à une friponne nipponne la langue que la petite fille pourrait pourtant apprendre de sa propre mère, professeur de français. Le livre creuse dans cet amoncellement d'identités chancelantes, comme dans un tas de sable fin, meuble et crissant. Les racines de chaque personnage sont sorties de terre, fragiles, perdues, au bord du dessèchement, et s'abreuvent à des mirages. Un peu comme les joueurs de pachinko, dont il est question dans le titre, ce jeu en salle qui consiste à regarder tomber des billes métalliques à travers une vitrine verticale, dans un fracas aussi assourdissant qu'hypnotisant. La crise d'identité rend chacun flottant et ahuri, doté d'un sens de l'improvisation qui mène le livre aux frontières du surnaturel. Des excursions nauséeuses dans des parcs d'attractions ridicules, des voyages sans destination sur des lignes de métro circulaire, des piétinements par temps de pluie sous des uniformes publicitaires asphyxiants : régie par l'absurde, chaque existence sifflote sa petite comptine intérieure, au cœur d'un roman insolite et puissant."  Marine Landrot

La Gazette de la Région

"Après « Hiver à Sokcho » sorti en 2016, Elisa Shua Dusapin vient de publier son deuxième roman, «Les Billes du Pachinko». À travers un style dépouillé, la jeune écrivaine jurassienne évoque la complexité des relations humaines et familiales entre les cultures coréenne, nippone et européenne."

Une interview d’Elisa Shua Dusapin par Aurélie Monnier à lire ici

La Rousse Bouquine

"On retrouve tout le charme et l’aspect à la fois coloré, bruyant et pourtant feutré de l’Asie dans ce roman où les personnages peinent à communiquer. 

Les billes du Pachinko d’Elisa Shua Dusapin est un doux roman contemplatif au cœur de l’agitation de Tokyo. Un roman plein de mélancolie sur la quête des origines. Un second roman dans la lignée du premier ! "

Lire l’article de La Rousse Bouquine en entier ici

Le Phare

" On retrouve dans Les Billes du Pachinko, le même détachement sobre et mélancolique [que dans Hiver à Sokcho]. Doublement dépaysée, l’auteure porte sur le Japon un regard familier et distant à la fois, qui en fait ressortir l’étrangeté à nos yeux d’Occidentaux : nourriture, logement, loisirs, rapports humains. Quant à la Corée, elle reste jusqu’à la dernière page un horizon fantasmé. Qui franchira la frontière? "  Isabelle Rüf

RCF Limousin

" Hiver à Sokcho est une merveille mais là, c’est encore mieux. L’auteure est capable d’esquisser un décor juste avec des détails. Elle sollicite tous nos sens et laisse une grande part à l’imaginaire. C’est un roman court mais très dense (…) fascinant."  Laurence Hilaire

Une émission à réécouter en entier ici

Vigousse

"[Dans Les billes du pachinko] toute communication est compliquée, les non-dits nombreux, les malentendus permanents. Une violence diffuse pénètre tous les échanges. Elisa Shua Dusapin décrit ce malaise de l’identité multiple avec des phrases courtes, des mots précis. Un style dépouillé, mais pas aride, où l’émotion, pudique, se lit entre les lignes."  S.Ba.

Encres Vagabondes

"(…) La description des repas et de la nourriture (beignets, brochettes, nouilles, crabes, huîtres) avec les odeurs et saveurs qui y sont liées, prend place avec régularité dans ce récit où tous les sens se trouvent sollicités comme clés de compréhension des différentes cultures. (…)

Ce deuxième roman sur le multiculturalisme et l’exil est traité, à travers des personnages bien campés, avec finesse et retenue. C’est aussi une belle opportunité de découvrir le Japon de façon sensible et sous un angle inhabituel dont il serait dommage de se priver." 

Lire l'article de Dominique Baillon-Lalande en entier ici 

RTS - Espace 2

"La jeune Franco-sud-coréenne nous avait séduit avec son premier roman "Hiver à Sokcho". Elle confirme son talent et en particulier sa capacité à créer des atmosphères très particulières, entre les cultures et entre les protagonistes.

Le récit se déroule à Tokyo. Claire rend visite à ses grands-parents et s’est fixé une mission : les emmener en Corée du Sud, pays d’origine de la famille. L’occasion de revenir sur un pan de la grande Histoire, d’examiner son impact sur les individus et d’analyser avec sensibilité les rapports familiaux et les enjeux parfois violents de la filiation."

Elisa Shua Dusapin était l’invitée d’Anik Schuin dans « Versus-Lire ». A réécouter ici

Le matricule des anges

"« Le pachinko est un jeu collectif et solitaire » écrivait Roland Barthes dans L'Empire des signes. Rien ne saurait mieux servir d'exergue à ce court roman de la Franco-Coréenne Elisa Shua Dusapin, où la question de l'autre est en effet cruciale. L'autre et, surtout, le moyen de lui parler. (…) Les conversations achoppent dans une légère inadéquation qui donne au récit une tonalité diffuse, un peu flottante qui, paradoxalement, débouche malgré tout sur une forme de clarté. Entre une grand-mère qui perd légèrement la boule et une gamine qui dort dans une ancienne piscine d'hôtel, la jeune auteure n'en rajoute jamais dans l'incongru. Loin des poncifs et de Murakami, son Japon nous apparaît au contraire singulièrement terne, presque absent, à vrai dire, ou d'un exotisme à l'envers, à la façon de ce parc à thème un peu fatigué où Claire et Mieko s'en vont visiter une reconstitution du village de Heidi." Yann Fastier

RTS - la première

Les billes du Pachinko pose la question de l’identité culturelle. (…) On ressent un décalage permanant entre [les personnages], ils ne sont jamais synchrones. C’est l’une des forces de l’auteur, de faire ressentir ces silences, ces non-dits, ces sentiments réprimés, ces relations complexes. (…)

Il y a un malaise existentiel qui est renforcé dans le livre par l’altération physique des aliments, des peaux, des gens mais aussi des bâtiments, des rues. (…)

C’est un univers étrange, parfois répugnant mais extrêmement cohérent et cette cohérence est due à l’écriture. C’est vraiment l’identité et la patrie d’Elisa Shua Dusapin."   Geneviève Bridel   

Réécouter « 6h-9h, les chroniqueuses » en entier ici 

Aimer Lire (Payot Libraire)

"Dans ce nouveau roman, on retrouve les thèmes chers à l’auteure : la filiation, la langue et les origines – le tout servi par une écriture remarquable. Claire passe l’été au Japon chez ses grands-parents coréens. Elle s’occupe d’une jeune fille afin de lui apprendre le français tout en essayant de convaincre ses grands-parents d’entreprendre un voyage en Corée à la recherche de leurs racines… Splendide! "   Aurélie Sonnay, Payot Lausanne

RTS - Espace 2

"Un roman d’une ambiguïté extrêmement riche. (…) Des liens très forts et des personnages incroyables. Elisa Shua Dusapin crée un lieu qui n’existe pas mais qui est fait de plusieurs lieux, d’une multitude de cultures."

Julien Burri parle des Billes du Pachinko dans "Culture au point". Une émission à réécouter ici  

La Gruyère

"Après Hiver à Sokcho, Elisa Shua Dusapin publie Les billes du Pachinko. Sobre et bouleversant. (…) 

Ses livres, à la recherche des basculements infimes de la vie, dégagent une certaine froideur, et finissent par toucher lorsque les barrières tombent."

Une interview d’Elisa Shua Dusapin par Laurence de Coulon à lire ici

Zone Critique

"Le roman, on le sent, est une immense réflexion sur les liens, comme l’était Hiver à Sokcho, mais d’une manière beaucoup plus violente. Les Billes du Pachinko révèlent à nouveau la poésie de l’écriture d’Élisa Shua-Dusapin dont la sensibilité et la sincérité font naître une écriture pleine de tendresse et, ici, de sublime noir. En espérant que le second devienne deuxième…"

Lire l'article de Théo Bellanger en entier ici

Le Temps

"(...) Dans un Tokyo anonyme, plastifié et affairé, [Elisa Shua Dusapin] délie au creux d'une plume minimaliste les fils emmêlés de ses origines, raconte l’exil de cette diaspora coréenne au Japon après la guerre, qu’elle a connue au travers de la blessure toujours vive dans la voix écorchée de ses grands-parents coréens. (…)

Elle se réapproprie le monde et [le fait] profiter de l’élégance du regard singulier et en pleine éclosion qu’elle promène sur lui."

Lire l’article de Valérie Fromont en entier ici

Le Journal du Jura

"Dans ce roman épuré où chaque mot est soupesé, les relations entre les protagonistes sont décalées. «Ce sentiment est provoqué par le malaise insufflé par l’inadéquation entre la langue parlée et le lieu », souffle l’auteure. (…) Les personnages peinent à se rejoindre complétement, dans la parole et dans les gestes.

Evoquant son processus d’écriture, Elisa Shua Dusapin avoue ne pas compter son temps. « Je passe des milliers d’heures sur mes textes. Ce roman, je l’ai écrit 20 fois ! (…) » La jeune femme est habitée par la hantise d’en dire trop et de tomber dans le bavardage gratuit. (…) « Aller à l’essentiel m’oblige à la rigueur et me permet d’assumer l’entier de ce que je publie. » (…)

L’idée d’un troisième livre a déjà fait son nid au fond d’elle. Le sujet ? trop tôt pour en dévoiler les contours. Mais comme ses précédents écrits, il l’accompagnera durant de longs mois avant d’éclore et de nous bousculer par sa densité."  Marjorie Spart  

Le Temps

"Elisa Shua Dusapin (…) écrit dans le creuset des vies qui se déplacent, au gré des frontières qui se dressent, ces vies qui s’installent, tant bien que mal, dans un ailleurs qui ne devient jamais vraiment chez-soi."   Lisbeth Koutchoumoff 

Tribune de Genève

"Il faut connaitre un peu le Japon pour savoir ce qu’est le Pachinko. Ou lire le délicat récit d’Elisa Shua Dusapin « Les Billes du Pachinko ». (…) Le talent de l’auteur (…) lui permet de rendre familiers au lecteur des lieux aussi lointains que peu spectaculaires. Un coin de Tokyo populaire, pendant quelques jours de chaleur moite. Les salles de Pachinko qui s’illuminent. Le modeste logement des grands-parents, sur deux étages, où la jeune fille se sent parfois de trop. Evoqué sans longues descriptions, le décor n’en est pas moins présent à l’esprit du lecteur. On en ressent physiquement les caractéristiques. L’espace, la lumière, la température, la nourriture, les déplacements, tout apparaît avec netteté à travers des phrases courtes et des mots bien choisis. Un art de l’écriture simple et efficace qu’Elisa Shua Dusapin maîtrise parfaitement.

Au chapitre des sentiments, l’auteur sait aussi comment s’y prendre pour nous les faire éprouver, à petites touches. (…) Une attachante histoire très contemporaine de rencontre, d’éloignement et de brassage culturel."  B. CH.   

Le Quotidien Jurassien

"Relations familiales sourdes, ambivalentes et empreintes d’une dureté qui transparait dans l’économie de mots, voilà ce que propose Elisa Shua Dusapin. La jeune auteure excelle à taire ces fissures que l’on devine. C’est un art de suggérer, de ne pas céder à la facilité de trop en dire.

Avec des phrases courtes, elle imprime des images, transmet des ambiances. Son talent réside dans ce qu’elle choisit de ne pas dire, dans ce que ses mots parviennent à suggérer. L’écriture d’Elisa Shua Dusapin tisse une toile entre les êtres et les mondes, avec élégance et retenue. (…)

Les billes du pachinko réussit le pari d’un deuxième roman aussi bon que le premier. Avec encore plus de densité, et toujours autant de cette puissante délicatesse qui caractérise la plume [de l'auteure]."  Julie Kuunders  

En attendant Nadeau

"(...) Comme celle d’Hiver à Sokcho, la trame du deuxième livre d’Elisa Shua Dusapin semble d’une simplicité et d’une clarté totales, revenant aux mêmes thèmes, à une même obsession pour les appartenances hasardeuses, l’incongruité des rapports affectifs. Et pourtant, Les billes du Pachinko relève au contraire plus encore d’une opacité extrême, élevée au rang de principe esthétique. Comme si le monde, sa réalité, les plus petits détails du quotidien, les contacts humains, les relations familiales, ne gagnaient la densité du réel qu’en s’obscurcissant. Tout le récit ne prend ainsi corps que dans la façon très subtile dont les manifestations du monde se déforment, se décalent, se modifient, pour devenir étrangères. (…)

Dusapin est une vraie styliste, qui conçoit la langue comme un déplacement ayant lieu dans le corps. Cette langue est belle, sonore, souvent empreinte d’une élégance aérienne, et soudain elle accroche, heurte. Des impropriétés grammaticales, des choix lexicaux déroutants et dissonants, des rythmes faussement harmonieux, ponctuent le récit comme les signes que quelque chose se joue au-delà du récit même. (…)

[L'auteur] transforme tout en une matière étrangère. Et c’est là la remarquable réussite de son livre : ne pas dire ou affirmer, mais faire procéder d’une forme, de son potentiel, à partir de son étrangeté même, une réflexion plus profonde que si elle se posait d’évidence.

Le livre accepte ses propres contradictions et leur trouve une forme poétique. Elisa Shua Dusapin exprime directement la position impossible qui consiste à exister de manière plurielle, contradictoire, étrangère. Et lire la succession des expériences de Claire, en explorant avec elle ce sentiment d’une existence impossible, insupportable, en éprouvant les mêmes errements existentiels, n’est possible qu’en faisant l’expérience d’une langue, d’un réel transfiguré. Les choix esthétiques de l’écrivain, cette manière d’altérer le réel dans la langue, le refus radical d’une littérature qui s’explique elle-même, tranchent radicalement avec ceux qui prévalent aujourd’hui et provoquent le sentiment étrange d’une lecture profondément nécessaire."

Lire l’article de Hugo Pradelle en entier ici

Magazine LIRE

"Elisa Shua Dusapin poursuit son exploration des origines, dans une belle langue Dépouillée. Par petites touches, elle fait se croiser les cultures, les langues et les générations, montrant subtilement ce qui les distingue et les réunit."  B.L.

Swissinfo

"Vingt-six ans et déjà deux ouvrages à son actif. L’auteure jurassienne, de mère sud-coréenne, observe avec finesse les multiples cultures qui la façonnent, et qui rapprochent ou séparent Occident et Extrême-Orient."

Un portrait d’Elisa Shua Dusapin par Ghania Adamo à découvrir ici

Livres Hebdo

"On trouve beaucoup de choses nichées dans ce court roman (identité composite, filiation, relations intergénérationnelles), mais la jeune romancière aborde tous ces sujets à fleur de sensation, les formule sans démonstration dans une sobre et sensible langue de l’intériorité." Véronique Rossignol

Traversées

"Elisa Shua Dusapin nous ouvre les portes d'un univers singulier, fait de touches délicates, nous guide dans une réalité légèrement décalée, donnant aux lieux, aux personnages et aux choses même étrangeté et profondeur."

Rive gauche

L'étrangeté dans les situations les plus banales et une loufoquerie au bord du dérapage... un roman absurde, insolite et puissant !!

Basta!

"Le moment de grâce se fait attendre, mais c’est à vous arracher des larmes de soulagement, tant les relations entre les personnages sont tendues. Un beau roman sur la filiation et l’indéfectible tendresse, malgré les obstacles." MR

Cordeliers

"Comment s'entendre avec ceux que l'on aime quand on ne parle plus leur langue?

Voici une errance japonaise totalement dépaysante portée par une écriture de toute beauté."

François

Librairie polonaise

« Douceur et sensibilité sont au rendez-vous dans ce second roman qui explore avec une grande finesse le déracinement, la transmission manquée entre les générations, la communication douloureuse et empêchée… » Manon

Le livre et la tortue

"Le talent et la sensibilité de cette jeune auteure brille encore une fois dans ce nouveau roman. Elisa Shua Dusapin nous offre une vraie réflexion sur l'identité, l'affection et les racines. Sa plume fine, délicate et sans détour vous emportera dans les ruelles d'un quartier populaire japonais."

Coup de cœur de François et Valentine

Mollat

"Parvenir en quelques dizaines de pages à nous plonger dans une ambiance, à incarner des personnages et à placer le lecteur au plus près de leurs émotions, voilà le tour de force d'Elisa Shua Dusapin."

Emilie

https://blogs.mollat.com/articles-blog-litterature-sc-humaines/les-billes-du-pachinko-elisa-shua-dusapin

Point de côté

"Elisa Shua Dusapin excelle à décrire l'ambivalence propre aux relations familiales..."

L'Astragale

Un livre très élégant

Elisa Shua Dusapin, tout en douceur, en poésie, en subtilité, interroge le fantasme de l'identité

Celle dont on hérite malgré nous
Celle que l’on construit tous les jours devant son miroir
Celle qui, géographiquement, nous définit
Et enfin et surtout le langage, vers lequel toutes ces identités convergent, et par lequel elles s’expriment
UN LIVRE TRÈS ÉLÉGANT

Payot Lausanne

"Dans ce nouveau roman, on retrouve les thèmes chers à l'auteure : la filiation, la langue et les origines – le tout servi par une écriture remarquable.

Claire passe l'été au Japon chez ses grands-parents coréens. Elle s'occupe d'une jeune fille afin de lui apprendre le français tout en essayant de convaincre ses grands-parents d'entreprendre un voyage en Corée à la recherche de leurs racines... Splendide !"

Aurélie

Sauramps

"Un second roman qui confirme le talent de son auteure. Une magnifique histoire de filiation, de culture, d’exil, de rencontres.
D’une sensibilité à couper le souffle." Pauline

L'Ouvre-boîte

"Un très beau texte sur la filiation, les difficultés de trouver sa place lorsque l’on est partagé entre différentes cultures ! Avec son deuxième roman, Elisa Shua Dusapin confirme son talent d’écrivaine"

Librairie Ruc

"Un vrai plaisir de lecture!"

Le 5e art

"Un joli roman sur les relations intergénérationnelles, la quête d'identité et la filiation."

 

Nordest

"C'est sûr, maintenant il faudra compter sur elle"

"Après son très beau premier roman (Hiver à Sokcho, qui vient de sortir en poche), Elisa Shua Dusapin nous revient avec ce court texte, juste et sensible, sur l'exil, sur la filiation."

Le Marque Page

Que c'est beau !!!

"Il faudrait que je puisse le dire avec tout le raffinement qu' Elisa Shua Dusapin met dans son texte.
Au Japon, Claire, fruit d'un multiculturalisme qui enrichit, trouble et interroge sur les liens familiaux, tente de convaincre ses grands parents de retourner dans leur pays natal, la Corée. De petits détails elle tisse l'histoire des relations complexes d'une famille et interroge sur la filiation. Engagée comme répétitrice auprès d'une petite fille, nous plongeons avec elle dans ce troublant mélange de violence et de tendresse de la culture familiale nippone. Dans un style sobre et dépouillé, doux et dur à la fois ce texte est d'une pure beauté!"

Actes Sud

Une très belle confirmation.

"Après Hiver à Sokcho, voici donc venu le second roman d'Elisa Shua Dusapin. J'avais beaucoup aimé son premier ouvrage, et le second s'inscrit dans la continuité.
Avec une narration épurée et un style d'une sensibilité certaine, nous sommes cette fois plongés au Japon, où Claire, jeune femme d'une trentaine d'années, est venue de Suisse pour rendre visite à ses grands parents.
Avec un projet mémoriel, celui de les emmener sur leur terre natale, la Corée, d'où ils ont été forcés à l'exil il y a presque 50 ans à cause de la guerre civile et où ils ne sont jamais retournés.

La dualité entre Europe et Asie est un des thèmes majeurs abordés ici, un vide générationnel et culturel s'est creusé entre Claire et ses grands-parents. Elle la Suissesse. Eux les Coréens du Japon. Pas question pour eux de parler Japonais. Son Coréen à elle n'est pas fantastique. La communication s'effectue tant bien que mal, en Coréen, en Anglais.

Pourtant l'amour et l'affection sont toujours là, même si il est difficile pour chacun de l'exprimer. Alors pour rompre cette monotonie en attendant de boucler la planification du voyage en Corée que les grands-parents repoussent sempiternellement, Claire s'occupe d'une petite fille, Mieko, à qui elle doit apprendre le français.
L'occasion pour Elisa Shua Dusapin de décrire la très affectueuse relation qui se lie entre Claire et Mieko. Un univers enfantin, d'une pureté et d'une sincérité magnifique, qui apporte une vraie douceur au récit.

Montrant une nouvelle fois la simplicité et l'honnêteté avec laquelle Elisa Shua Dusapin dépeint l'intériorisation des sentiments de ses personnages, sans trop en dévoiler, juste assez pour que le lecteur se sente pleinement concerné. L'ambivalence entre les langues parlées, les cultures vécues, sont une vraie épreuve dans la quête d'identité de Claire."

Jean
 

Privat

"Le nouveau roman d'Elisa Shua Dusapin sort à la rentrée littéraire ! Nous l'attendions avec impatience et il est bien à la hauteur de nos espérances !"

Clareton des sources

Gros coup de ❤ pour la Rentré Littéraire!!!!

"Après Hiver à Sokcho, Elisa Shua Dusapin nous entraîne dans l'univers tokyoïte avec Les Billes de Pachinko. Un roman subtil, dépaysant, familial, à l'ambiance feutrée... Un très beau texte au style délicat."

Chloë

Cultura Chambray-lès-Tours

"Après un premier opus que j'avais adoré, encore une fois je suis émerveillé par la prose de l'auteure qui avec une économie de moyen nous dit beaucoup de choses dans ce roman court mais juste, subtil. Il est question du poids de la langue, l'héritage, le voyage. Superbe." David

Acropole

"Un tout petit livre qu'on met des heures à lire c'est souvent signe, pour moi, de grande qualité littéraire.

Je me suis laissé flotter aux côtés de la narratrice durant ces quelques semaines de vacances passées au Japon entre ses grand-parents venus de Corée 50 ans auparavant et une petite fille mélancolique qui la touche étrangement.

Petites scènes du quotidien loin du sien, temps suspendu avant d'accompagner ses grand-parents sur leur terre natale, plongée toute en douceur dans une culture qui constitue une partie d'elle-même.

Un très beau texte de la rentrée littéraire à paraître le 23 août."

Aurélie

Turc

Éditeur: Can Sanat Yayinlari
Année: 2022

Géorgien

Éditeur: Academic Press of Georgia
Année: 2022

Allemand

Éditeur: Aufbau Verlag
Année: 2022

Norvégien

Éditeur: Cappelen Damm
Année: 2021

Néerlandais

Éditeur: Uitgeverij Unieboek Het Spectrum
Année: 2021

Hongrois

Éditeur: Magvetö Kiadò
Année: 2021

Portugais

Éditeur: Editora Ayine
Année: 2021

Anglais

Éditeur: Daunt Books
Année: 2021

Arménien

Éditeur: Guitank
Année: 2020

Italien

Éditeur: Ibis, FinisTerrae e Xenia edizioni
Année: 2020

Coréen

Éditeur: Book Recipe
Année: 2018

Viceversa littérature 15 – Histoires de famille

Qu’elle soit biologique ou par affinités, nucléaire ou élargie, la famille suscite d’immenses attentes. Mais la famille idéale, celle dont on voudrait faire partie, existe-t-elle ? Transmission d’un nom, d’une langue, de valeurs morales, héritage d’objets ou de maisons, déceptions, mensonges, secrets et luttes de pouvoir, la famille est en tout cas une mine pour faire des histoires. En inventer, en raconter. Le patrimoine familial se compose aussi de mots. Les écrivains en ont une conscience aigüe, ce qui leur permet d’interroger leur vécu, de débusquer du nouveau, tout en nous y associant intimement, nous laissant entendre l’écho de notre propre expérience.

Fabio Andina • Michelle Bailat-Jones • Yvonne Böhler • Zora del Buono Gianna Olinda Cadonau • Ludmila Crippa • Elisa Shua Dusapin Yael Inokai • Barbara Klicka • Naim Kryeziu • Line Marquis • Thierry Raboud • Noëlle Revaz • Maria Rosaria Valentini • Ivna Žic

Vladivostok Circus

A Vladivostok, dans l’enceinte désertée d’un cirque entre deux saisons, un trio s’entraîne à la barre russe. Nino pourrait être le fils d’Anton, à eux deux, ils font voler Anna. Ils se préparent au concours international d’Oulan-Oude, visent quatre triples sauts périlleux sans descendre de la barre. Si Anna ne fait pas confiance aux porteurs, elle tombe au risque de ne plus jamais se relever. Dans l’odeur tenace d’animaux pourtant absents, la lumière se fait toujours plus pâle, et les distances s’amenuisent à mesure que le récit accélère. 

Dans ce troisième roman, Elisa Shua Dusapin convoque son art du silence, de la tension et de la douceur avec des images qui nous rendent le monde plus perceptible sans pour autant en trahir le secret.

Hiver à Sokcho

À Sokcho, petite ville portuaire proche de la Corée du Nord, une jeune Franco-coréenne qui n’est jamais allée en Europe rencontre un auteur de bande dessinée venu chercher l’inspiration depuis sa Normandie natale. C’est l’hiver, le froid ralentit tout, les poissons peuvent être venimeux, les corps douloureux, les malentendus suspendus, et l’encre coule sur le papier, implacable : un lien fragile se noue entre ces deux êtres aux cultures si différentes. Ce roman délicat comme la neige sur l’écume transporte le lecteur dans un univers d’une richesse et d’une originalité rares, à l’atmosphère puissante.

LAURÉAT DU NATIONAL BOOK AWARD 2021 (littérature traduite)

"Un roman sobre et viscéral qui explore les failles identitaires – culturelles, intimes et nationales. L'élégante traduction d'Aneesa Abbas Higgins sublime la langue d'Elisa Shua Dusapin." Le jury

"J'ai voulu écrire un livre comme un pont entre les cultures et les langues qui m'habitent. Recevoir un prix pour la traduction internationale de Hiver à Sokcho est un immense honneur." Elisa Shua Dusapin

Les Billes du Pachinko: extrait

Je sors du train, m’engouffre dans le boyau de la gare de Shinagawa. Ecailles sur les parois, des écrans numériques vantent un dentifrice avec une femme aux crocs scintillants. Flux des gens pressés. A l’extérieur, des ouvriers démontent les restes d’un chantier. Une plateforme surplombe un parc de cerisiers, parcellé d’enclos où fument les salarymen, le geste saccadé. Ils écrasent les mégots sur des pierres qui me rappellent le sel qu’on donne aux chevaux.

Je suis les instructions de madame Ogawa. Emprunter la passerelle menant au complexe résidentiel, immeuble 4488, signaler mon arrivée dans l’interphone, l’ascenseur me fera monter jusqu’au dernier étage.

La porte s’ouvre sur l’intérieur de l’appartement.

Malgré la chaleur, madame Ogawa porte une veste de tailleur, un pantalon éponge et des chaussures. Elle est plus âgée que je ne pensais. Sa maigreur doit la vieillir. Elle a envoyé sa fille, Mieko, faire une course à la supérette. En l’attendant, elle souhaite me faire visiter les lieux.

Un long couloir relie une série de pièces dans une parfaite symétrie. Nous commençons par la salle de bain. Plastique couleur chair, minuscule. J’y tiens à peine debout. En face, la chambre à coucher, tout aussi étriquée. Armoire encastrée, moquette brune. Il y a deux couvertures sur le lit, l’une bien repassée, l’autre froissée, avec des jupes et des t-shirts en vrac. Flotte un relent de tabac froid.

– C’était un hôtel autrefois, l’étage fumeur, s’excuse madame Ogawa. Nous avons pu emménager lorsqu’il a fait faillite. Mon mari est ingénieur de trains à grande vitesse. Il a travaillé à l’agrandissement de la gare de Shinagawa pour l’arrivée du Shinkansen. Le quartier se développe. Cet immeuble va redevenir un hôtel, les travaux sont prévus d’ici la fin du mois mais pour l’instant, nous sommes les seuls à vivre ici.

Elle m’observe depuis l’embrasure, la main sur la poignée. Je fais un petit tour sur moi-même, embarrassée par cette intimité qu’elle m’offre à voir sous une ampoule sans abat-jour. Il n’y a pas de fenêtres.

A l’extrémité du couloir, un salon cuisine, ouvert, à l’américaine. La gazinière occupe presque tout l’espace, avec la bibliothèque. Derrière la baie vitrée, une couche de pollution floute la mégalopole à nos pieds. Madame Ogawa me reconduit dans l’entrée.

– La chambre de Mieko est en bas, dit-elle en dégageant une porte à moitié cachée par un porte-manteau, qui s’ouvre sur un escalier de béton. Prenez garde, il faut descendre pour allumer la lumière.

Sa voix a été légèrement amplifiée, comme dans une grotte. Je la suis à tâtons jusqu’à sentir un sol caoutchouteux. Il fait plus humide encore. Des néons grésillent, puis révèlent une estrade parcourue d’une rambarde de verre. En contrebas, une fosse. Le sol en pente douce se termine par une bouche d’écoulement, et dans un angle, un lit pour une personne.

Madame Ogawa pose les mains sur la rambarde.

– La piscine. Elle n’était pas fonctionnelle, même du temps de l’hôtel. Des moisissures. Depuis que nous l’avons vidée c’est très sain. Mieko dort ici, provisoirement.

Je me penche pour mieux voir. Autour du lit, un bureau, une commode, un tapis de yoga et un cerceau, multipliés par un miroir sur deux parois. La rampe d’escaliers a été prolongée par des cubes en plastique. Me vient l’image du Tetris, ce jeu d’arcade dans lequel des formes géométriques tombent et qu’il s’agit d’agencer sans laisser d’espace.

– Vous aimez le yoga ? demande madame Ogawa.

Je dis que je ne peux pas savoir, je n’en ai jamais fait. Elle hoche lentement la tête.

Quand nous remontons, une fillette nous attend dans la cuisine. Coupe au carré, short et t-shirt jaunes. Elle transpire, sa frange reste collée au front quand elle se penche pour me saluer.

– J’ai pris au saumon, dit-elle à sa mère en montrant une barquette de lasagnes industrielles.

Il n’est que dix heures du matin, mais Mieko dresse la table pendant que sa mère ouvre des huitres, réchauffe les lasagnes au micro-ondes, les ressort, vapeur, nous sert Mieko et moi de grosses parts, et pour elle une petite.

Elle a retiré sa veste. Un t-shirt moule ses côtes et deux mamelons comme des pics. Une veine saille de l’épaule au poignet. Tout est sec, chez elle, je pense. Sauf les lamelles de lasagnes qui glissent de ses baguettes et qu’elle rattrape en farfouillant dans la béchamel rose. De temps en temps, je sens sous mes dents un morceau plus dur qui doit être le saumon. Mieko a déjà terminé. Renversée contre le dossier de sa chaise, elle ouvre et ferme la bouche dans un mouvement de poisson.

Madame Ogawa s’essuie les lèvres, replie sa serviette :

– Si vous pouviez aussi la sortir de temps en temps…

– Bien sûr.

– Je pensais… Pour commencer, vous pourriez aller jouer ?

– D’accord.

En réalité, je ne suis pas sûre d’avoir compris le terme de « jouer » en japonais. Comme en coréen, il s’applique autant à une sortie entre salariés qu’à un jeu d’enfant. J’ai presque trente ans, je n’ai pas l’habitude des enfants, je n’ai aucune idée de ce qui peut les distraire à cet âge, et commence à regretter d’avoir répondu à l’annonce. Je l’avais trouvée depuis Genève, sur le site de la faculté des Lettres de l’Université Sophia, Tokyo. « Cherche répétitrice de langue maternelle française pour enfant de dix ans pendant les vacances d’été, à Tokyo. » J’allais justement y passer le mois d’août auprès de mes grands-parents, en vue du voyage en Corée que nous avions prévu d’effectuer début septembre, et je craignais de rester oisive à la maison. Madame Ogawa, elle-même professeur de français, serait prise par la préparation de la rentrée, ne voulait pas que sa fille reste trop seule. Il avait été convenu que je rencontrerais Mieko quelques fois le temps de mon séjour.

Madame Ogawa racle son assiette en observant la mienne.

– Vous n’aimez pas. Prenez des huitres.

– Si, si, je dis en enfournant une large platée.

Mais elle débarrasse les lasagnes et Mieko dépose une huitre devant moi. Le mollusque se rétracte, petit tas de viscosité. Je l’aspire en retenant ma respiration.

Satisfaite, madame Ogawa veut savoir où je loge. Pas loin d’ici, à dix stations au Nord sur la ligne Yamanote, chez mes grands-parents. Je m’arrête, gênée. Parler d’eux en japonais me donne le sentiment qu’ils me sont étrangers. Pour compenser, je m’étends, je dis qu’ils sont coréens, qu’ils tiennent un établissement de pachinko dans leur quartier, Nippori.

– Un petit pachinko, je précise. Ils le gèrent depuis plus de cinquante ans, depuis leur immigration.

Mieko se rapproche de la table, le tic de sa bouche interrompu. Madame Ogawa hoche la tête avec l’air perturbé qu’elle a eu lorsque je lui ai dit ne pas faire de yoga. Cette fois, je peux mieux comprendre son retrait. Au Japon, le pachinko, sorte de flipper vertical, s’apparente aux machines à sous des casinos. Même si tout le monde y joue, ils restent mal considérées. Les établissements de pachinko, ou simplement pachinkos, ont leur propre système bancaire, la réputation de financer obscurément les principaux partis politiques, monopolisent l’espace publicitaire dans les médias, alimentant toute une économie parallèle. Cela vaut surtout pour les grandes chaînes telles que Diamond ou Merrytale. Pas pour l’établissement de mon grand-père.