parution mars 2024
ISBN 978-2-88907-323-8
nb de pages 128
format du livre 140x210 mm

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Colombe Boncenne

De mes nouvelles

résumé

Comment une écrivaine construit-elle ses histoires, comment s’entremêlent-elles à sa réalité? Chaque texte de ce recueil interroge le lien entre la narratrice et son imaginaire. Qu’elle raconte un souvenir, une scène quotidienne ou élabore un récit, nous la suivons dans son flux de conscience, où s’interpénètrent son ordinaire, ses rêves et la littérature. Cet enchâssement, à la manière d’une matriochka, aussi doux que troublant, propose une réflexion intime et subtile sur nos vies et l’expérience de l’écriture.

biographie

Colombe Boncenne vit à Paris. Elle est notamment conseillère littéraire pour la Maison de la poésie à Paris et Les Correspondances de Manosque. Dans ses deux premiers livres, Comme neige (Buchet Chastel, 2016, prix Fénéon et lauréat du Festival du premier roman à Chambéry), et Vue mer (Zoé, 2020), la mélancolie se traduisait par une ironie tantôt légère, tantôt féroce. Avec La Mesure des larmes (La passe du vent, 2020), l'auteure s'est engagée sur un territoire plus personnel, un sillon qu'elle creuse et poursuite dans Des sirènes.

vendredi 1er mars 2024 19h00

Colombe Boncenne à la librairie De beaux lendemains (Bagnolet)

Avec Rosalie Abirached
De beaux lendemains, 8 All. Rosa Parks, 93170 Bagnolet

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mercredi 6 mars 2024 19h30

Colombe Boncenne à la librairie Libralire (Paris)

Libralire, 16 Rue Saint-Maur, 75011 Paris

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vendredi 8 mars 2024 18h00

Colombe Boncenne au Salon du livre de Genève

"Donnez-moi des nouvelles" avec Guy Chevalley, animé par Anne Pitteloud.
Scène suisse, Palexpo, Route François-Peyrot 30, 1218 Le Grand Saconnex
 

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dimanche 10 mars 2024 13h00

Colombe Boncenne au Salon du livre de Genève

"L'art de questionner nos doutes: Colombe Boncenne et Gälle Josse se rencontrent", animé par Joséphine de Weck.
La scène des Loges, Palexpo, Route-François Peyrot 30, 1218 Le Grand Saconnex
 

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Des sirènes

Lorsque la narratrice apprend que sa mère est malade, elle l’accueille naturellement chez elle. Dans l’épreuve, une vie ordinaire s’installe. Mais ce temps d’intimité est aussi celui d’une révélation : un secret de famille est exhumé, on découvre qu’une même violence a déferlé sur plusieurs générations de femmes. Entre colère et tristesse, la narratrice se débat avec les sentiments qui l’assaillent. Tandis que, comme un écho à cette parole dévoilée, une voix gronde en dehors, un mouvement choral dont les manifestations l’intriguent.

Le mythe des sirènes et ses interprétations est le motif sur lequel se tisse ce roman : il y est question d’îles, de marins, de menaces, de sortilèges et de destins féminins. Un livre de deuil et d’amour aussi dont la mélodie, malgré le fracas de la tempête, résonne comme un murmure délicat et apaisant.

Vue mer (2020)

Vue mer

Aujourd’hui, Stefan doit annoncer à son équipe une nouvelle qui va bouleverser l’avenir de son entreprise. Mais voilà, ce matin, il ne démarre pas.

Vue mer décrit la comédie humaine quotidienne de nos journées de bureau. Comme dans une famille, le rôle de chacun est attribué une fois pour toutes : Françoise la gentille secrétaire, Bart le tire au flanc, Guy le contestataire, Charlotte la bosseuse, Rita la jeune-et-jolie assistante…  Et Stefan le patron, paternel manipulateur, cynique émouvant.

Seul dans sa voiture immobile, le grand absent de la journée s’adresse à ses collaborateurs, façonne leurs agissements et leurs pensées, sans qu’ils ne l’entendent, ni ne le voient.

De mes nouvelles: extrait

Lorsque Déborah revient, elle rejoint mon bout de table et constate mon teint livide – Tu as vu un fantôme? Je lui explique. Elle m’informe qu’elle ne connaît pas cet homme pour de vrai, qu’il est venu accompagner une amie, une amie chère qu’ils ont en commun donc, dans un élan de sympathie suite aux quelques mots qu’il a eu au sujet de la soirée, ils se sont embrassés pour se dire au revoir.
Je n’ai pas de problème à embrasser, elle précise.
- Mais j’ai déjà écrit une nouvelle à ce propos…
- Encore?
Puis riant de plus belle:
- À propos du fait que j’embrasse facilement ?
- Non, à propos d’une femme qui croise par hasard son ancienne psychanalyste. Et ça se passe au musée…
- Mmmh, mmmh.
Elle se moque.
- Tu verras, je te l’enverrai demain matin.
- Tu pourrais tout aussi bien l’écrire cette nuit.
À mon tour de rire, par-delà ma sidération.
- Et tu en as écrit beaucoup, des nouvelles?
- Trois, à peine…
- J’ai hâte de connaître celle dont tu ne m’as pas parlé, puisqu’apparemment tout cela nous concerne.
Le texte dont je n’ai pas parlé…Tendre. La viande, le corps, le couteau.
Je plaisante, un peu grisée par toutes ces incursions de la fiction dans le réel:
- J’ai déjà tout écrit. À moins que tu n’aies tout manigancé?
Elle prend une mine outrée puis notre conversation se mêle à celle des autres.
(…)
À mon retour chez moi, je vais dans mon bureau. J’allume l’ordinateur, la nuit devient bleue. J’ouvre mon tout nouveau dossier, «Nouvelles» et je relis l’histoire de l’ancienne analyste croisée dans un musée, par hasard. Je l’envoie à Déborah. À mon message, je donne pour objet: Plagiat du réel par anticipation.
Dans la réponse qu’elle me fait le lendemain matin, elle convient de ces étranges coïncidences – J’admets, c’est troublant – puis m’apprend qu’elle part le lendemain en résidence de création. Elle me fera signe à son retour. Son ton est froid, brutal.
Nous n’échangeons plus de messages par la suite et j’en suis affectée. Mais que faire de cela? L’écrire?»