Renée Cheminade, trente-cinq ans, est publicitaire à Paris. En vacances sur la côte catalane, elle rencontre une jeune femme dont elle tombe amoureuse. Au retour, sa vie quotidienne – la famille, les collègues, le chat, la grisaille – ne lui semble plus qu’une parenthèse dans sa relation avec Montserrat. De déclarations passionnées en silences intolérables, les deux femmes se désirent, se mentent, se quittent et se retrouvent – jusqu’au quatrième été.
Le dénouement est dévoilé dès l’ouverture : la dernière lettre de Renée, déchirée par ses proches, n’atteindra pas sa destinataire. Mais tout le roman s’attache à déplier cette page secrète, pour raconter un grand amour dans ses ambiguïtés, sa drôlerie, sa violence et sa sensualité. Publié pour la première fois en 1958, La lettre est « un livre lumineux, où les lesbiennes existent, où leurs corps sont glorieux, leurs âmes amoureuses, où il n’est pas question qu’il en soit autrement » (Pauline Delabroy-Allard).