Un mot peut qualifier « l’ère Paschoud » : la fidélité.
Fidélité, d’abord, aux amitiés, aux affinités électives, car metteurs en scène, comédiens ou décorateurs sont choisis tant pour leur talent que pour leur compagnonnage.
Constance de l’invention scénique, l’exiguïté des locaux du Poche étant contournée par une ingéniosité sans limite.
Attachement à des écritures et à des thèmes contemporains : l’exil, la guerre, l’identité, les êtres ou les couples déchirés. Autant de beaux textes, autant de visions pénétrantes et douloureuses.
Loyauté envers des auteurs de la Suisse romande ou alémanique que Martine Paschoud a amenés sur nos rives insuffisamment ouvertes à d’autres langues.
Fidélité, enfin, à un engagement politique, à une socialité théâtrale. L’art dramatique est au coeur de la cité pour divertir, certes, mais surtout pour convertir (se tourner vers), pour dire sa conviction. Martine Paschoud nous a fait partager sa foi en un théâtre qui témoigne, lieu de protestation, voire d’indignation.
Qu’elle en soit remerciée.