parution octobre 2022
ISBN 978-2-88907-071-8
nb de pages 224
format du livre 140x210 mm

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Benito Pérez Galdós

Trafalgar

Traduit par: André Gabastou

résumé

Trafalgar: aux oreilles des Français, le nom sonne amèrement. C'est aussi le cas pour les Espagnols. Du moins si l'on parle de la bataille de 1805. Car Trafalgar c'est également le premier des Épisodes nationaux (Episodios nacionales), la plus vaste construction romanesque des lettres espagnoles, jamais traduite en français jusqu'à présent.
Gabriel de Araceli vit sous la protection d'un vieil officier de la marine. La raison aurait voulu que son grand âge le préserve de la guerre. C'est l'avis de sa femme qui fulmine contre lui, contre le vieux Marcial à la jambe de bois, et contre Gabriel qui, dans sa jeune innocence, trépigne à l'idée d'assister à sa première bataille navale. Alors, c'est en catimini qu'ils désertent tous le foyer pour se lancer dans la mêlée. La suite on la connaît: face à l'amiral Nelson, la défaite franco-espagnole sera totale. les deux-tiers des navires seront détruits; le camouflet est sévère. Publié pour la première fois en 1873, le roman raconte mieux que n'importe quel livre d'histoire cette bataille historique et tragique. Dans un réalisme teinté d'humour, l'auteur nous immerge dans le feu de l'action et des canons, mettant en scène un patriotisme aussi exalté que meurtrier.

biographie

Benito Pérez Galdós, né en 1843 à Las Palmas de Gran Canaria et mort en 1920 à Madrid est sans doute le plus grand romancier espagnol; aujourd'hui, il est surtout connu en Espagne pour ses Episodios nacionales (46 volumes) et Fortunata y Jacinta (1886-1887). Sensible aux tournures populaires, il utilise abondamment le dialogue. Excellent lecteur de Don Quichotte, il cultive avec maestria l'art de l'ironie.

Trafalgar: extrait

Lors de l'un des premiers jours d'octobre de cette année funeste (1805), mon noble maître me fit venir dans son bureau et, me regardant avec son air sévère habituel (trait uniquement apparent car il était d'un caractère extrêmement doux), me dit:
— Gabriel, es-tu un homme de courage ?
Au départ, je ne sus que répondre parce qu'à vrai dire, pendant mes quatorze années de vie, ne s'était pas encore présentée l'occasion d'étonner le monde par un fait héroïque; mais m'entendre appeler homme m'emplit d'orgeuil et il me parut en même temps irrévérencieux de nier mon courage devant une personne qui en possédait à un tel degré, aussi répondis-je avec une arrogance puérile:
— Oui, maître; je suis un homme de courage.
Alors cet insigne mâle, qui avait versé son sang dans cent combats glorieux sans pour autant dédaigner de traiter en confiance son loyal valet, sourit devant moi en me faisant signe de m'asseoir et il allait porter à ma connaissance quelque importante résolution quand son épouse, ma maîtresse, doña Francisca, entra subitement dans le bureau pour donner davantage d'intérêt à la conférence et se mit à parler sans mesure en ces termes:
— Non, tu n'iras pas...; je t'assure que tu n'iras pas à l'escadre. Il ne manquait plus que ça !...À ton âge, alors que tu t'es retiré du service parce que tu es vieux !...Hélas, Alonsito, tu es arrivé à soixante-dix ans et tu n'es plus en état de participer à des fêtes !