parution janvier 2009
ISBN 978-2-88182-639-9
nb de pages 176
format du livre 140 x 210 mm
prix 28.00 CHF

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Blaise Hofmann

L'Assoiffée

résumé

Ce pourrait être un scénario de road movie, c’est le chemin choisi un beau matin par la narratrice qui décide d’une rupture dans sa vie, d’un départ sans objet ni moyens.

Dès lors un long ruban d’asphalte se déroule devant elle, les campagnes et les bourgs défilent comme un monde d’images tandis que les rencontres sont brèves, parfois rudes parfois douces. L’arrivée à Paris se transforme en un séjour d’une saison où gravitent, dans une ivresse de rencontres, des gueux, des amicaux, des indifférents, des malheureux, un monde où la narratrice pratique la témérité et la compassion. Puis elle largue les amarres de la ville pour se diriger vers l’océan, là où se dissolvent toutes les volontés.

D’une écriture incisive, souvent orale, l’auteur donne vie à une héroïne qui s’échappe de sa vie comme un électron échappe à son orbite pour gagner sa liberté.

biographie

Né à Morges en 1978, Blaise Hofmann est l’auteur d'une dizaine de romans et récits de voyage. Il reçoit en 2008 pour Estive le Prix Nicolas-Bouvier au festival des Étonnants voyageurs de Saint-Malo. Ses derniers ouvrages sont Marquises (2014), Capucine (2015), Monde animal (2016). Chroniqueur dans divers journaux suisses romands, il écrit aussi régulièrement des pièces de théâtre et des livres jeunesse, dont Les Mystères de l’eau (2018) et Jour de Fête (2019). En 2019, il a été l'un des deux librettistes de la Fête des Vignerons.

Deux petites maîtresses zen

Japon, Cambodge, Laos, Birmanie, Thaïlande, Sri Lanka, Inde. En septembre 2019, l’écrivain-voyageur Blaise Hofmann s’en va sept mois en Asie, pour la première fois en famille. Ce sont de nouvelles contraintes, un temps constamment anticipé, des précautions, des routines, des frustrations ; c’est surtout l’émerveillement de voir le monde à quelques centimètres du sol, voyager lentement avec les yeux de deux petites filles qui sont à la maison où qu’elles se trouvent.

C’est l’occasion aussi de retrouver un continent standardisé, peuplé de gens comme lui, des touristes hypermodernes. Voici le récit d’un anti-héros faisant l’éloge de l’ennui, du détour. Blaise Hofmann livre un texte introspectif, aussi critique qu’ébloui, même quand un virus s’impose comme personnage principal de ce qui est peut-être le dernier récit de voyage d’avant la pandémie de Covid-19.

La Fête (2019)

La Fête

Lorsqu’en 2014, Blaise Hofmann est approché pour co-écrire la Fête des Vignerons 2019, il ignore tout de son histoire, de ses mythes, de la ferveur qu’elle exerce sur les gens depuis des siècles.

La curiosité l’emporte, le voilà catapulté dans l’univers de la Confrérie des Vignerons. Il invite le lecteur dans les coulisses de la Fête, raconte la gestation de cet événement unique au monde, patrimoine culturel immatériel de l’Unesco, qui n’a lieu que cinq fois par siècle, rassemble 400000 spectateurs, un millier de choristes, des centaines de musiciens, danseurs, gymnastes et 5000 figurants. 

Pendant quatre ans, Blaise Hofmann sera tour à tour intrigué, amusé, ému, furieux, perdu, passionné, épuisé, émerveillé. On découvre avec lui une communauté pétrie de traditions, des hommes et des femmes amoureux de la nature, de la terre. On suit le cycle des saisons et celui de la vigne. Et on accompagne l’auteur, touché au cœur, qui décide de reprendre une petite vigne familiale.

Fête des Vignerons 2019. Les poèmes

Depuis 1797, le temps d’un été par génération, la place du Marché de Vevey accueille la Fête des Vignerons et son spectacle. Voici le livret de l’édition 2019, écrit pour la première fois de son histoire à quatre mains.

Au fil des poèmes qui le constituent, on retrouve le cycle des saisons et la terre, les hommes et les femmes qui exercent les travaux de la vigne. À la manière d’une treille, ce texte entremêle le régional et l’universel, le traditionnel et le contemporain, le concret et l’onirique. Un éloge des sens, de la lenteur, du vivre ensemble, de la nature, du « repaysement ».

Carnets ferroviaires. Nouvelles transeuropéennes

Que ce soit de Lausanne à Paris, de Vienne à Genève ou de Glasgow à Londres, chacun des treize auteurs de ce recueil situe son histoire à bord d’un train qui parcourt l’Europe. À l’occasion d’un long trajet en chemin de fer, l’une se souvient de son voyage dix ans plus tôt, elle traque la différence entre son être d’hier et d’aujourd’hui. Un autre se remémore la géniale arnaque dont il a été l’auteur, un troisième retrace l’incroyable hold-up ferroviaire du South West Gang dans l’Angleterre de 1963.

Ces nouvelles donnent une vue d’ensemble inédite sur la manière de concevoir l’Europe comme espace physique et symbolique. Les auteurs étant de générations très diverses, le lecteur appréciera les différentes manières d’appréhender notre monde proche et de s’y situer.

Nouvelles de Aude Seigne, Blaise Hofmann, Anne-Sophie Subilia, Gemma Salem, Bruno Pellegrino, Arthur Brügger, Daniel Vuataz, Marie Gaulis, Fanny Wobmann, Catherine Lovey, Julie Guinand, Guy Poitry, Yves Rosset.

Préface de Daniel Maggetti, postface de François Cherix

Capucine (2015)

Capucine

Elle était l’un des modèles parisiens incontournables des années cinquante, puis l’actrice de Federico Fellini, Georges Cukor, Blake Edward, Joseph Mankiewicz. Elle a joué avec John Wayne, Woody Allen, Jane Fonda, Romy Schneider, Claudia Cardinale, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon...

Qui se souvient encore de Capucine ?

Blaise Hofmann part sur ses traces. À Saumur, sous les bombes de la Deuxième Guerre. À Paris, sur les podiums de haute couture et dans les caves à jazz de Saint- Germain-des-Prés. À Los Angeles, dans les fabriques de stars hollywoodiennes. Enfin, à Lausanne, où Capucine passe ses trente dernières années, avant de se donner la mort, le 17 mars 1990.

Ce roman biographique est un conte de fée tragique, cruel et actuel. C’est aussi le récit d’une enquête, un travail de mémoire. 

 

Marquises (2014)

Marquises

 

Aux antipodes de l’Europe, voici les Marquises, une terre mythique, célébrée par Melville, Brel et Gauguin.

L’espace d’un hiver, Blaise Hofmann a parcouru les six îles habitées de l’archipel des Marquises. Et une île déserte.

Tour à tour bousculé, méditatif, ironique, emballé, il rend hommage à l’hospitalité des Marquisiens, à leur renouveau culturel. Il ne ferme toutefois pas les yeux sur les pick-up Toyota et les poulets aux hormones made in USA.

Blaise Hofmann fait le lien entre le passé de l’archipel et le quotidien d’aujourd’hui, il entremêle légendes insulaires, récits de navigateurs, comptes rendus de missionnaires, romans aventureux, correspondances de colons, presse locale, statuts Facebook et Tweeter. La nature y est aussi un personnage à part entière, une présence sensuelle.

C’est un carnet de route plein d’autodérision. Un regard empathique, curieux, critique et généreux sur ces îles du « bout du monde ».

 

 

 

Estive (poche) (2011, Zoé poche)

Estive (poche)

Le temps d’un été, Blaise Hofmann est devenu berger. Son troupeau, mille brebis, « mille machines à vie » imprévisibles, il a dû l’apprivoiser, tout comme le climat, la solitude et la nature. Reportage dans les Alpes et quête identitaire, Estive est surtout un véritable récit de voyage, manifeste sur le dépaysement à une heure de chez soi.

Estive (2007)

Estive

«Que fait un troupeau lorsqu’il est formé ? Il se déforme. Il faut le reformer. Je pense beaucoup à toi, Sisyphe.»

Estive est un récit  où l’auteur romance un été de berger en charge d’un troupeau de moutons. Ce carnet de route dans une vallée alpine fait partager au lecteur, tout au long de rencontres inattendues, d’images poétiques et de réflexions philosophiques, le quotidien difficile des paysans et des bergers. Le livre n’est pas seulement un témoignage mais un «récit d’apprentissage».

Ce texte à l’écriture fragmentée, incisive et ironique, interpelle autant la dysneylandisation des Alpes que l’aspect devenu exotique des métiers ruraux de montagne.

 

Né en 1978, Blaise Hofmann a publié un récit de voyage en 2006, Billet aller simple.

extrait

 

The way you wear your hat. The way you sip your tea…Mmmh… The memory of all that. No, no, they can’t take that away from me… Une main tâtonne dans l’obscurité. Elle heurte une table de nuit. Et merde. Un verre d’eau se fiche par terre. Il doit y en avoir partout. La main presse enfin le bon bouton. Billie Holiday se la ferme. Il est six heures cinquante.

 

Vendredi, dernier jour, jour où je me lève seule. Avec dix minutes d’avance sur le programme, dix minutes clandestines pour la tendresse, tout cela de pris sur l’ennemi. Retenue par la tiédeur des draps, je découvre son épaule et y pose mes lèvres. Le temps s’arrête. Scellé. Sa peau ferme contre ma bouche. Son odeur. On oublie les prénoms, pas les odeurs. Mais se faire violence. Affronter la verticale, s’asseoir au bord du lit, au bord du gouffre, égarer une dernière fois une main buissonnière sur son cou, remonter le long de sa nuque, caresser ses cheveux, improviser un massage paresseux et imperceptible. Sa peau me rend folle. Il soupire. Il ronronne. Bonne journée, fripouille. Ils peuvent puer de la gueule. Ce sont des anges quand ils dorment.

 

Lui travaille dans l’artistique. Enfin, dans la gestion du domaine artistique. S’il n’a pas une minute pour lui durant l’hiver, à partir du printemps, il est plus disponible et plus calme. Plus souriant aussi. Il convertit ses heures supplémentaires en heures de sommeil. Il vit plus lentement. Ce qui en règle générale ne change rien au fait qu’il se dit invariablement claqué, vanné, vidé. Manifestement, il aime être vidé, à bout de souffle. Au bout du gouffre, comme il dit. Ce doit être inscrit quelque part dans sa constitution. La fatigue comme preuve intangible d’un plein rendement, comme attestation d’un rôle social. Je crois fonctionner différemment. Nous ne sommes pas comme eux. La quantité de travail est chez moi constante tout au long de l’année, sans crue ni pénurie. J’avoue toutefois m’autoriser une saison de dormance. J’y prépare la reprise, reconstruis mes tissus, répare ce qui est à réparer. Il me reproche souvent mes vagues à l’âme de début d’année. Mes petites dépressions, comme il dit. Il a lu un article là-dessus et m’encourage à faire quelque chose là-contre. En parler n’y changerait rien. Ne pas chercher à tout comprendre, tout expliquer, tout harmoniser. J’aime laisser parler les cycles. Il y a, entre la saison des pluies et la belle saison, une morte-saison, une étape où s’arrêter avant de reprendre la route. Je ne crois pas qu’un homme puisse comprendre cela.

 

La voisine du dessus a chaussé ses talons. Elle passe et repasse impétueusement d’une pièce à l’autre. Une vraie folle. Un peu de musique ferait du bien, des chansons à texte, mais il a le sommeil léger. Dehors, une nuit d’encre. Sans lune ni étoiles. Et le soleil brille de l’autre côté de la terre. Les ténèbres ne donnent pas envie de se mettre en marche. Pourtant, rituel immuable. Enclencher la machine. Attendre la lumière verte. Me tirer un expresso. Un nuage de lait pour la couleur, mais pas de sucre, je fais attention. Une tranche de pain que je mâchonne au plus près du radiateur. Mes amitiés et mon amour sont aimantés sur le frigidaire. Je ne réponds pas à leurs visages euphoriques. Deux yeux embués voyagent sur les remparts d’une cuisine qu’il serait grand temps de rénover. Il y a des choses plus importantes dans la vie, me répondrait-il. Comme quoi, mon amour?

 

Changement de décor. Trafic automobile comme bande sonore. Les êtres humains sont en marche. Commerce extérieur et activités extra-muros. La vraie vie. La réalité. Il faudra m’y faire. C’est paraît-il de plus en plus courant comme environnement. Les êtres humains font comme si de rien n’était, comme s’ils n’avaient pas fantasmé toute la nuit dans des rêveries illicites et libidinales. Bonjours enjoués, bonjours retournés. Salut, ça va? Pas mal du tout et toi? Il ne répond pas. Bonjour Nicole. Très bien et toi? Ma patronne est une femme remarquable, une femme volontiers citée en exemple lorsque les journaux veulent parler d’égalité. De ces femmes qui passent dans les rues en regardant droit devant elles. Mouvement rectiligne uniformément accéléré. Sûr qu’elle ira loin, c’est une fonceuse. Pas de celles à laisser planer le doute. Pourquoi se secouer au beau milieu de la nuit? À quoi bon se faire belle? Pour qui et dans quel but? Que se passe-t-il dans la tête des gens quand ils ne font rien de leur corps? Nourrissent-ils des projets étincelants pour l’avenir de l’humanité? Ont-ils envie de baiser? Quelle heure est-il? Pourquoi tant de névrosés, de détraqués, de déjantés? Pourquoi en liberté? Que suis-je à leurs yeux? Suis-je dans le vrai, suis-je mieux, suis-je unique, n’ai-je pas oublié d’enfiler un pantalon, combien de jours avant les vacances, combien de jours avant le chaos, quelle heure est-il? Ma patronne est une amie d’enfance. Constamment tiraillée entre les fondements de notre amitié et les impératifs de sa fonction, elle ne sait sur quel pied danser. Moi non plus. On ne devrait jamais tutoyer son chef. La preuve à l’instant. Un peu avant la pause de dix heures, elle rapplique dans mon bureau, bras croisés, mâchoire crispée. Un grand soupir. Elle en vient au fait. Toujours pas reçu ce fichu compte rendu. Tu sais très bien lequel. Il doit être faxé ce soir, dix-huit heures, dernier délai. Faxé à un client important qui fait à lui seul tourner la boîte, tu vois ce que je veux dire? Je lui réponds que tout aurait pu être réglé en moitié moins de temps si le travail avait été planifié consciencieusement.  Elle reste bouche bée. Elle s’empourpre.  Elle se décompose. Faut pas le prendre mal, tu sais, Mary a pleuré toute la nuit, elle doit avoir les dents qui poussent, ç’a évidemment réveillé Tristan… Avant de perdre la face complètement, elle tourne les talons. Je m’en veux. Je suis vache quand je suis fatiguée.

 

À la pause de midi, une seule envie, manger seule, en tête à tête avec mon rôti de veau. Thérèse s’approche. Thérèse est la réceptionniste du deuxième. C’est libre, bien sûr, Thérèse, assieds-toi, tu vas bien? Thérèse ne va pas bien. Non, cela ne me dérange pas. Sans prendre la peine d’ôter sa veste, elle allume une cigarette qu’elle tient bien haut et me fixe intensément. Elle se met en condition. Elle va révéler de grandes choses, dévoiler le secret de la vie. Thérèse a un chagrin d’amour. Encore un. Thérèse est quelqu’un qui aime partager ses chagrins d’amour. C’est la dixième fois qu’elle hésite à rompre. Non, c’est la sixième. Benoît est un salaud fini, un parfait connard. Au bureau, tout le monde est du même avis. Se retrouver à leur table lors du repas de fin d’année est un supplice. Non seulement Benoît n’a rien à dire, mais il le dit avec des yeux dégoulinant de condescendance. Et le redit. Il a de longs poils noirs sur le dos des mains et des ongles rongés jusqu’à la viande. Il ne regarde pas les gens dans les yeux quand il parle et n’écoute personne, sinon lui. C’est un type d’homme qui peut facilement vous gâcher une soirée, et sans mauvaise volonté. C’est un triste bougre désorienté. Un qui voudrait être un autre. Vraiment rompre pour de bon cette fois. Je ne peux pas en rire, car Thérèse pleure. Alors qu’elle se répand en sanglots, je me demande quels sont les fondements de notre amitié. À quoi bon rester en bons termes avec quelqu’un qui m’emmerde une fois sur deux? Depuis combien d’années n’avons-nous plus rien partagé de consistant? De ces souvenirs qui résistent au temps? Comment lui faire comprendre que ses histoires de cœur ne m’intéressent pas? Que ses histoires n’intéressent personne d’autre qu’elle, que c’est comme ça, qu’elle n’a plus vingt ans, qu’elle peut comprendre, qu’elle doit comprendre que ses histoires emmerdent le monde. L’ai-je une seule fois bassinée avec les miennes? Je raisonne comme un homme. Je perds le fil de la conversation. Ce n’est pas grave. C’est un monologue. Elle a le rôle principal. Je suis sa figurante. Il y a dans ce lieu et à cette heure des dizaines de figurantes. Il a fallu que cela tombe sur moi. Peut-être parce que je sais quand il faut lui prendre la main, lui dire que s’ils s’aiment vraiment, ils finiront par trouver une solution. Ensemble, osé-je encore ajouter. Peut-être parce que je suis la plus lâche, la plus hypocrite de toutes les figurantes. Benoît est un manipulateur, un qui a une envie intarissable d’être aimé. Ce sont les pires. On ne peut rien contre ceux-là. Les yeux de Thérèse sont pitoyables. J’ai honte pour elle. Niveau zéro de la dignité. Je n’ai pas vu l’heure passer, excuse-moi. Je me lève, pose une main sur son épaule, lui répète une fois encore que s’ils s’aiment, tout finira par s’arranger, puis m’en vais. Elle me remercie. Je suis une vraie amie. J’ai envie de la secouer, la frapper, l’étrangler. Vite, au travail. Plongée dans mes dossiers, Thérèse n’existe plus. Thérèse est toute floue. Vers quinze heures, je dépose ce fichu compte rendu sur le bureau de Nicole et bredouille quelques excuses. Eh bien, tu as fait drôlement vite! Elle déborde à nouveau d’enthousiasme. Une vraie battante. Les yeux démoniaques et le sourire carnassier. Bonne princesse, elle me laisse partir à seize heures. Merci. Bon week-end. Oui, à lundi.

 

Trois vibrations dans mon sac à main. Une par phrase. Bcp de travail. Rentrerai tard. T’embrasse. Devant les portes automatiques du centre commercial, un accordéoniste recycle un vieux tube de Piaf. Il n’en connaît que le refrain. Ses mains jouent sans lui. Lui cherche à attraper le regard des passants pour les convaincre de son indigence. Il ne trouve que le mien. Nostalgique, mélancolique, non, abruti. J’ai l’air d’une conne avec mon sac de courses. À l’intérieur, les ingrédients d’un festin que j’imaginais aux chandelles. Foutue romantique. Sur le chemin du retour, je me dis que les surprises n’ont jamais été mon fort, qu’il ne faut pas marcher sur les plates-bandes des autres. Chacun son truc. Mon truc à moi, en ce moment, c’est de laisser les courses en vrac sur la table de la cuisine et d’aller boire un chocolat chaud sur la terrasse du Marronnier.